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Full text of "Histoire de l'imprimerie en France au XVe et au XVIe siècle"

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BIBLIOTHEQUE DE L’ENSSlB 







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HISTOIRE 



DE 

L’IMPRIMERIE 

EN FRANCE 

AU XV e ET AU XVI e SIÈCLE 



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HISTOIRE 

DE 

L'IMPRIMERIE 

EN FRANCE 

AU XV e ET AU XVI e SIÈCLE 

PAR A. CLAUDIN 

LAURÉAT DE L’INSTITUT 

TOME DEUXIÈME 




PARIS 

IMPRIMERIE NATIONALE 





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HISTOIRE 

DE 

L'IMPRIMERIE 

EN FRANCE 

❖«Sx* 

XV e SIÈCLE 

CHAPITRE XIX 

L’IMPRIMERIE À PARIS 

ATELIER DE GUILLAUME MAYNIAL 

(1487-145°) 

Le Missel de Salisbury. — Les Statuts synodaux de Chartres. — Le Rituel de l’église de Chartres. 

La nationalité de Maynial. 

Guillaume Maynial est un imprimeur très peu connu. 11 existait un Georges 
Maynial, associé d’Ulrich Gering en 1480, au Soleil d’ Or de la rue Saint- 
Jacques, après le départ des compagnons de ce dernier, Friburger et Crantz. 
Guillaume Maynial était probablement un proche parent, le fils ou le neveu 
de ce Georges Maynial, comme on peut le conjecturer. 

Il a imprimé, le 4 décembre 1487, un Missel à l’usage de l’église de 
Salisbury ( Missale ad iisum S arum ) , pour William Caxton, de Londres. Ce livre, 
qui porte à la fin la marque de Caxton, est cité par un bibliographe anglais '. 
Il a été vu depuis par un autre bibliographe anglais, M. Gordon Duff. 

Weale (W. EL J. . Bibliographe liturgica : p. 178. Le seul exemplaire connu de ce Missel 

Catalogus Mis s alium ritus lat'mi ab aune mcccclxxv est la propriété de Lord Newton, à Lyme Park, 
impressorum; Londini, B. Quaritch, 1886; in-8°, Disiey, comté de Cheshire ^Angleterre . 



il. 



Z 



HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE 



Le 15 mars 1 485) (v. st.), Guillaume Maynial a exécuté l’impression des 
Statuts synodaux de l’Église de Chartres, dont la copie lui avait été remise par 
Maître Jean Rémy, pénitencier de l’évêque [procurante discreto viro magistro Johanne 
Remigii ejnsdem domini episcopi pmitentiario et exarata). 

Ce petit in-quarto se trouve à la bibliothèque de Chartres. II ne porte pas de 
nom d’imprimeur, mais il est composé avec les mêmes caractères que le Rituel 
de l’Église de Chartres [Monnaie eccles'ue Camotensis ) signé de Guillaume Maynial. 

La première page de texte est reproduite ci-dessous en rouge et noir : 



cpiftola. foliüU 

pojtujôeDucere (alutie: 
dùeuotum ÿq?lauDabi 
le fttCctera Inter opéra 
carttatte bone bolütatts 
ecdeftaûicos itmplices. 
ao neceOarto^facerûoti 
bue cognitionem rcqub 
fitaj inDucere: noutt ille 
qutnid)ütgnoîatcûp 0 
culDubto ÿ plurimi eoa 
Ignari fine qutbue. -nec 
faceroatis nome merem 

O tur.qut necobboc funt 
Æiuerfis poc piecla* a toctie fpernéOi faltem bt 
rumetperutfleopuf cômumonbus infoimatit 
culû biiuris feu tnturie bû Doctt poûftnt Cibt cômtilas 
rif ecctefiaütds majrime eu plebeeDocereetaO quefita 
ram aîarum in pac camo* feniï refpôDere. Jgitur ip * 
fen-Otocefi Imtibus feu ba* fe ego penitentiarius prelt 
büurie got)ésremtgü prêt bat? tametii minus iuffù 
biterliceiUn Decret ts mini denter Doctue.0oc tDé opu 
mus îHeueréoi i cbnûo pa « fculu quob mmte paruu? 
tris t Dfli-Domtni âQilonis nominari opto tanÿ ama 
Diltets carnoten epifeopi e* io:i ercerptû miflali: § plu 
gregii iuri s btriuÜB Docto* ribus tamen Doctoç. Door 
ris litteratiiTimù fua bono mentis refertû. neenon t p 
rifica beneficentia penité# aDmintûrationeûicramê* 
tiartusplebem Cuâ parare toç. eccleftaOtcoîû pioutp 
Domino perfectâ et felici re moDos bfuales infert? cou 
migio turta bocationej aD tinetur.üQuo etiâ ipfi? ma 

bi. 




Le portrait et les armes de Milon d’Iliers, évêque de Chartres, se trouvent 
au commencement. Il est dit, à la fin, que ce Manuel ou Rituel, contenant 



ATELIER DE GUILLAUME MAYNIAL 3 

les Sacrements de l’Eglise ( Manuale continens Ecclesie Sacramentel ) et la manière 
de les administrer [et modnm administrandi ea) suivant l’usage du diocèse de 
Chartres ( secimdum usum diocesis Camotensis ), a été produit à Paris, au moyen 
de lettres tracées ( exaratnm Parisius ) par l’art et l’impression [arte et impressione) de 
maître Guillaume Maynial ( magistri Gnilelmi Maynial) , aux frais de maître Jean 
Rémy, pénitencier de ladite église de Chartres ( impensa vero magistri Johannis 
Remy pcnitenciarii Camotensis ejusdem ecclesie), et terminé heureusement ( finit féli- 
citer) l’an du Seigneur mil quatre cent quatre-vingt-dix, et le 2 9 juillet. 

Cabula. 

pie caftigationütfeffe cotte Decompoto. 
ctospec Dnm. CoïoÆmen j&eneDtrttonee. 

Dtco bobts quicqutû ôtâtes pe* 3nftrtlrtt0nes ptO CUtattS: 
tttts treotf e qt amp ietie et fief feu cutâ ataçgerentib 9 - 
pobfs. ntpepafcaliaUdu# fiptûola. fot. 

pa aiieiupa. pottcoîo. Dominica in aûuentu . 

D Ueceepopuli tutqs fo-eoDem. 

Domine benign? eje « De natiuitafe Domtnt. 
auDhet per puiusbirtutem fort. 

Cacramenti pacem tuâ no* Jn etreunaftone Domtnt. 
bie nüctet putgatt aeris Ce fo.pt. 
rena trâfqutlttasibt qui De Jn eptppanta Domtnt'. 
linquéfes berberasipetâ cô foeoDem. 
fttentibus parcas. pet Do* Dominicain feptuagefG 
minum. ma.fobtit. 

3n Die paca Cceuee. paffto. 
fojc. 

£Û>anuale gtinf e ecctïe fa * De affenfione Domint. fo. 

ccamétaetmoDûaDmini* jrft. 

fttanDi ea fcdjbfü ûiocefts 3nDtepentpecotte6. fo. 

Camotff: eeacatu? pattftf jrftii. 

arte et tpiefftôe rngtt guilli Detrinitate. fo.jcbi. 

mapntal.3mpéiaberû ma De facramento altacts. 

giftei topâni 6 remppenitê fo.ppiii. 

ctarti camotn. etufDé ecctïe De beata maria, fo.jtfit. 

finit feltdf. 2Umo ûomini. 20t{Ta pzo Deffunctfs fo. 

^•CCCC-nonagefimo. mi. 

jt^jc.Jutft. jÔeneDtctioaque. fo. 

Irtiiii. 

tabula put? opettB tapît DebaptifmomaGculoîuj. 
féliciter. fo.rtbt. 



Ces trois impressions sont tout ce que nous connaissons de Guillaume 
Maynial. Il est à présumer qu’il a imprimé, pendant cet intervalle de trois 



4 



HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE 



années, d’autres livres qu’il n’a pas signés et que l’on découvrira plus tard. 
En attendant, M. Gordon Duff lui attribue l’impression d’un Légendaire de 
Salisbury, dont on ne connaît encore que quelques feuillets trouvés dans une 
vieille couverture de livre et qui, d’après lui, aurait, de même que le Missel, 
été imprimé pour Caxton Voici l’alphabet du gros caractère de i 3 points de 
Maynial : 

abcDefgbtmwnopqtîfatinjrp* 
îeCDdffCfftqj . â b 9 9 0 9 li é t tt 9 fl 9 tn m? 
jtôgpjpq$q v ti 9 9-Ht9(îû^ x < * 

Nous donnons également ci-dessous l’alphabet du caractère plus petit 
employé dans le Manuale diocesis Carnotensis : 

& 'C b % 

abcoefgi)tlmttopgrzfôfut))cj>$ ctffft:. 
âb 9 p6ee 9 tft 9 rmtn 9 fiôpp / pqqy ytfîvnb 

Ces deux types ont passé ensuite chez Jean Higman. On les retrouve, 
sauf quelques lettres liées ou signes abréviatifs en plus ou en moins, dans les 
Missels imprimés par ce dernier à partir de 1 4^3- 

Nous avons tout lieu de croire que Guillaume Maynial était originaire du 
même pays que Caxton pour lequel il a travaillé à Paris. 

Le prénom de Georges que portait son père ou son oncle, ainsi que le sien, 
Guillaume, nous font supposer qu’il était Anglais, comme William Caxton. 

The printerSj statïoners and hookhindcrs of London in thefifteenth century by E. Gordon Duff; Aberdeen , 
University Press, 1899; in-8°, p. 15. 




CHAPITRE XX 

L’IMPRIMERIE À PARIS 



ATELIER DE GEORGES MITTELHUS 

(l 488 -I 5 OO) 



Le premier livre imprimé par Mittelhus. — Date contestée. — Ses débuts réels en 1488. 
Ses marques typographiques et ses devises. 



Georges Mittelhus, imprimeur à Paris, était originaire de Strasbourg. Le 
livre le plus ancien qui porte son nom, est probablement le Spéculum Christia- 
nonim , daté du 23 janvier i486 (1487 n. st.) : 



33pmiïû rpîanoE 

milita bona confinés* ijbumo 



De feprem viols capitalibus. 

De feptem vtrtutibus bis contrains. 

De ocro tabulis eu quibufdâ otôibus cfuotffÏÏmis 
Demodo feptepatM ad facramétumeucbartfire» 
De effecru facramenti . 

De anricbtifto. 

£]epo(Trio otônfs pfiiee eum quodâ bono notabilt 
Deramis.vij. vidoç capital tfi et eop remedijs* 
De contentu mundi cum aille notabilités. 



Xene infup rigotem in Pifcufïïone iufttde.mtffrfcoî 
diam auté in ciffinitione fentcntic.^ta clemens efto 
i ai#s oclictis fleur % tn tuis.Sic aiios iudica.vr ip 
reiudicaHcupis.Dumetiimindulges.in alieno oe 
licto t ribi mifereHs. Üejctuateconfringit. 5u dis 
ciü quod al# s imponis.ipfe po:tabie.5n qua enim 
menfura menfus fueHs. remertietur cibi et adficief 
IRuilum indices fufpectionis arbinio ante pioba ? 
(te iudica»$n ambtguis oei iudicio referas qô noiti 
tuo quod rïefcfs.Dtutno committe iudicio 
C^e contempru mundi 

8 5 vis e£ derns ntcbil feculi appetas fg requis 
métis babebte.fi a ce mundi curas abieceHs 
Sbfice a ce dequid impedire bonü^pofltû pôt£fto 
moderacus môdo 1 mudus tibi.XDûdi gflam ranq» 
motcuus nô afptcias.can^ mouuus ab effectu vite 
ifiiusrefegaficutfepultus.TBonbabeascurâoe fe 
culo Ǥ> Piffinit 9 ab ot terreno ce purga negocio c5 
tépne vûés que pofi motte babere nô potes 
CIDe elemofina 

a Bos bsbes bsbeto.ad mîa 3 .dcquit> tribuiscü 
affectu trfbue ptebe mîam fine munere TJbtcbe 
elemofinam fine tedfo»ZDaiot fit beniuotéria $ qô 
patur. Cale ern tempus tufi qualis ent intério rua. 
d^uod affecta bono Pifpéfaf.boc accipir oeus.cQui 
aüt cû tedio pat.mercedem perdet. Wô eft mta vbi 
non eft beniuoiéria Tflicbli fadas ptoprer Iaudem. 
IRicbil ptopter rempotalem opinionem /fed ptopt 
Vitam cternam.Sd qui nos perpucat peus.Smem 

C^mpfiont paHfius per 6eo:giü mfttelbus. 
Ip*cccc*l ïtrn 9 menfis ianuarij.Pte.^fii « 



M. Proctor conteste cette date et, d’après la comparaison des caractères 
avec ceux que Mittelhus a employés plus tard, il croit que l’on doit lire 1 \ <p 6 
et qu’il y a omission d’un X dans l’achevé d’imprimer daté m cccc lxxxm. 



6 



HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE 



Nous sommes pleinement de son avis. Les bibliographes citent de Mittelhus 
un autre livre, le Tractants de corpore Christi, daté de 1 4$ 4, m ^is c’est encore 
une erreur. Il faut lire 1 4 5^4 - La date de l’achevé d’imprimer ne laisse subsister 
aucun doute : 

C££jrpltrit Éractatu» coipoite Tpt.$mpfïUm pa/ 
rifiue per j6eo:gium mtttdbuf.Snno falutie.ZP. 
cccc .Ijc* jcjttfij.menfia nouêtaic me octaua. 

2iau0 fummo régi trtcatur vocibus o:te. 
cauod iam non ccfïat mercça condigna |aboil 0 




C’est seulement en 1488 que l’on peut placer, avec quelque certitude, le 
commencement de l’exercice de Mittelhus. Il a imprimé à cette date le poème 
de Dominico Mancini, De quatuor Virtutibus , et, sauf le nom et l’adresse, il a 
copié la formule d’achèvement de l’édition imprimée quatre ans auparavant 
par Jean Higman dans l’atelier du Soleil d’Or, en répétant que le livre était 
exécuté par l’ouvrage, l’industrie et l’art [opéra, indu stria, arteque) de Georges 
Mittelhus, Allemand, dans la royale ville de Pans [in regia urbe Parisioriim ). 

Au commencement de son exercice, Mittelhus s’est servi simultanément 
de deux sortes de caractères. L’un est du romain de 1 1 points ressemblant 
beaucoup à celui du Soufflet Vert (voir t. I er , p. 13 1); en voici le spécimen : 

&BCD8F<3ILNOPGSTV 

abcd c fg hi lm n o pqrsftuvx^ = 

à b^<Pë î PfafirP 6 pqq q> cp P t(*ü u*z GU 



Nous ne connaissons pas de textes entiers imprimés avec ce caractère; c’est 
ce qui fait que des lettres manquent dans l’alphabet reproduit ci-dessus. 



ATELIER DE GEORGES MITTELHUS 



7 



L’autre est un caractère de p points qui offre une grande ressemblance 
avec celui de Martin Flach à Strasbourg. Mittelhus l’employa pour ses textes 
jusqu’en i 4 p 3 environ. Nous en donnons ci-dessous l’alphabet : 

B # £ *n 

o a -r s % u 

aabcbdefgfcij kl m nopqr:f8tuv)cy3 
fceto&tBffflpepoflfft*# â to B b 9 p ê c 9 î 
é 0Î B î i 9 U 9 5 m nôpg£pq 5 #q$qHr$ 2 £ 
a° t? t\ f u u $ r 9 .;////() C 



II se servit du type romain pour quelques titres courants et pour les som- 
maires des chapitres du Consolatorittm theologicum de Jean de Tambaco, qu’il 
imprima en 1493 : 

Prefati'o Fou* 

Incipit pfatio in cofolatoriû the 
ologicü predariffimi virfrmagif tri 
lohânisde Tâbaco: facrarü littcra 
rum doctoris. 

*Clomârcÿmaplm:quecû<B 
fcripta fücad nra3 Coctnna 
q fcripta fût : vtp pfolationé 

fcriptura# fpem Ipabcam 9 . 
qua fc? fpegaudêtes 1 tribu 
lariocob quo:ücüq$ trtftfü 
occaffonêa fptriruali gaudioî bnopttnuâ// 
to minime oeficiam 9 .3dcirco pfiderari» 
mudi pui 9 tribu latiôib 9 ac mftiplicib 9 tur// 
bationû caufis feu occafiôito :cogitaui te. in 
finitie pfolatiôib 9 ptentis fp licite veUjt:// 
plicite in fcripturieîqfdâ rédigé rein 15 q// 
licûqj ope mfcriptJ.2ldbono:ê tripfoUto// 
rie oprimi z ejcimq.acgtïofe ftgiw'e marie 
quâ ipfe paradit 9 fic fecüdau it q> ceû tôt tu s 
pfolationie noBgenuit :atœ brilfimi i olpâ// 
nie euâgeltfteq ppfeuâgeuîâdi pftantiam 
e]rilio religat 9 : piuine vifiôie z allocutiôie 
meruit crebzapfolariôe releuari . Tlecnon 
oîm fctôçiquoe p mftae tribulattôee opo: 
tuit intrare t regnu ce loç.Bc oem'cg ad pfo 
lationéofm ipofm ? pcipueaûtilloç qui pie 



Nous ferons observer que, dans les alphabets de types que nous présentons, 
nous prenons de préférence nos spécimens dans les livres dont le tirage est 
le plus net. Parmi les impressions d’un meme atelier, il arrive parfois que les 
lettres paraissent plus lourdes et plus épaisses que dans d’autres, au point d’en 
modifier quelque peu l’aspect dans des pages imprimées. Cet effet, qui peut 



HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE 



tromper l’œil à première vue, si i on ne prête pas attention a la forme des 
lettres qui reste toujours la même, est du a deux causes. Lune peut etre 
produite par un encrage plus ou moins chargé; I autre provient de 1 usure 
progressive des lettres, dont l’œil s est aplati par suite de tirages trop répétés, 
qui ont fatigué le caractère. Tel est le cas avec le Stimulus divini muons de saint 
Bonaventure, dont nous reproduisons le titre et la fin : 



oîm tamozé cbzifti (t>efu iflâmatru 9 
port eiufde varias impseflïofotcM 
rcctasvltîate emëdat 9 uotrcctwi 
P ejcmuûm facrepaginc pzofelTozcm 
XO agiftaim 3ot>anem quctin cano 
uicumtpenitëtiaruï pifienfem* 

Mittelhus a adopté d’abord la marque suivante, qui se voit sur le titre d’un 
petit traité de grammaire : De quautitate sy liai) arum , sans date : 

eftqu1q5.no qzquîqspedes formai# ptineatîf3 tmequiualëter 
Cotinctetû qttuoz peaæ îteg rosi üuas (ïllabas catbaleticaa 
q equalët pedi.ficut duo oboli equalët Denario.fed no pftftuût 
fozmaliî pedë eu no fint p tinue.fîcut nec Duo oboli fozmalfter 
pftttuût œnartû.£ftaut caÉlpdetica GUabaq poftcertoa petes 
ftc pëæna eft gmullieoç eft pnuroeranda* 

m initie De caufts 

vtputa vocau ante vocale in Diuerfia Dictionifo* vtamo ilium 
vocali poft in Diuerfia Dictiomb?*vt t Uuamo. 3 ticôgrua locu// 
tione quâdo longa filtaba pomf loco bleuis :feu bleuis loco 1$ 
getjnipofitiôc claufula^iepta piûcti'ôc Dictionu- Sût ta lia 
mfta q licet no f alfificët vertu :tamê q 1 Oerogant e legantie me// 
tri cauëda funtXauêdû eftigif ne ponâtut qttuoz fpont» co// 
tinue fpccialit in fcâfionz metri Dmûcta.fcj quâdo pea eu Di// 
ctioneîminaf.vt fî biceref ♦ Tlobia quidê fatur verünec nifi 
potua . Jtc cauendü eft ne in terci’a fede ponaî fpôdeua mît 
per meturâ Dictionu velcogêteneceflïtate.vt infoztunatoçtft 
mëa âjcia femg » Jte Dict l'onë recta a Dictione revente non lô 
geponaa nifi mapmevidena ejepedir e«nec vitra tertiumvel 
quartü verfumfaltû in pftructionefaaa0.q.fi cauerepoteft.jc* 
fequi nô faciëazvt parqueppter biffidlêtranfitu. Syllabam 
qua interdû au rea otfendutur rarogeminea.vt lozicacaftranô 
eu pare ludfa.£>icttoné monofillabâ in fineno ponaa m'fîfue// 
nntDue.vtne timeaa Unguâ cui 9 Detractiolaua eft. Tlec poft 
Du os pedca fepefitmonoftllaba Dictio.vt. Quifequitur me 
noabulatin tenebzis. Sequëamedietaa verfus pët^ametri 
femp Debeta Dictione inciperemec bicatur.*îlon leuiternu// 
meraretur arenamaris.^tcrionë trilîllabâ in fine pentfcame 
trirariflTime ponaa.lpcc talia multa que eau fa bzeuitatia fub 
filcntio traître tecraii cauëda funtvtmetrû elegantFfpatsaf, 

£jtplidut régulé grSmaticales. 3mp;efle 
per£Kozgiûrmttdl?ug* 

Cette première marque est formée d’un cœur surmonté d’une croix trilobée, 
le tout sur fond noir. Au milieu, le monogramme G. M. en lettres de forme 
bizarre amalgamées ensemble, et au bas le nom de Georgius Mittelhus. 



Se quântimte fillabaç 




Stimulus.. 

biuini amoria Deuotiflïrn 9 .» facto 
tobane bonauêtuzc editua cozdiu 



<£rplirit féliciter 

liber qui OiciturStimulua Diuini amozis 
Domini *6onauenture.£ardinaU'a Deuoti. 
tferaplpici façre rhéologie pzofcflôzie qd// 
mtj laudabiliter cozrcctu b .£t panïîua im// 
pzdfua 3mpenlÎ0ig Æeozgq iDittcllpuc 
Bnno Dominice mcamanbnisïDillefimo 
££££ .jeciij OCDenfia 3pzt lie ♦ £ie.wi. 





ATELIER DE GEORGES MITTELHUS 



9 



La même marque figure sur le titre de XExpositio Canonis Al iss œ, d’Odon , 
évêque de Cambrai, opuscule in-quarto daté du 10 décembre 1492. 

Mittelhus s est servi de la même planche, dans laquelle il a creusé un espace 
simulant une banderolle autour et au-dessus de la croix. Dans ce vide, il a 
inséré en gros caractères d’imprimerie cette devise : 

Félix /wnestis indiget. — Salve Sancta pareils. 

La marque première reparaît dans ce second état sur le titre des Pamdoxa 
Cicewnis , in-quarto. Cette édition, nouvellement revue et corrigée avec le plus 
grand soin ( imper sninnui cuni diligentia corncta et emendata j , comme l’annonce 
Mittelhus, se termine par cette autre devise latine : 

Qiii non asuescit virtute diim juyeiiescit 
A vitiis iiescit discedere qnaiulo senesàt. 

Celui qui n’a pas pris l'habitude d’être vertueux pendant qu’il était jeune ne peut 
renoncer aux vices quand il devient vieux. 

tahqpzeditiij fôftfoh* fut omîtes ,5>oti emm pofïïdct 
reset fructuofae et femptternas : foïiqj; qôeltpropii 
umx)iuitia^:contenttratreb 9 fiU8 â>atis efie putanf. 
qô eft nibtïappetûtnU'a r eegent nitbil fibi bcefte fç 
tiûtifttcbïl reqrûtjmpîobi autbommes/etauan.q 9 ^ 
mamincertas et wcafupofitaspofleflïones babent 1 
pl’femper appetûtneq^eoçqrçpadbuc rnuent* efteui 
q$ baberetteflet faits mon modo non copiofifütet bt 
uttee.fed etiaminopes et pauperes ejaftimâdi fût* 
£aus beo 



Œ.CXiceronïô^d Œ.&zutû ibazadota 
parifi* impzefîa jber;£mgmæHttelbuf 5 * 
et rmper fuma eu otligentia couecta et 
emenoata féliciter ejcpUcmt» 



(E&uinon afuefdt virtute oum tuuenefctf* 

4 vitus nefetf bifeedere quando fenefeit* 

Mittelhus a employé ensuite une troisième marque entièrement différente 
des deux précédentes. Elle est formée de ses initiales G. M. enchevêtrées 

h. 2 



p>a*adora (Ticeronte. 







iMi'niMKeiB s.vrioMiÆ. 




O 



HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



en deux très grosses lettres gothiques tourneures, figurées comme des initiales 
d’enlumineurs : 




On trouve ce monogramme pour la première fois à la fin d’une édition 
latine de l’Imitation, petit in-octavo daté du i er mars 1 4^6 ( l 4?7 n * st 0 : 



©eSmftatîôecrifH 

<Bt contemptu munôt tttagtïlrt 
0o battis «Scrfon imMiü piftêfj. 




<©corgiue.$9ittelfms 



tabula. 

nos 7 omma noftra oeo cebemue offem/i p:o 
omnibus otar** ca.tjc» 

f 2 t{ faeracôiooefaciltnSeftreUnquSda ca.x* 
coipua cbilfti -ïfacra fcHpcura majctme tint aie 
ftdch neceffarta. ca.jcû 

fiâj magna olUgentfa fc bcbeat côicarurus cbzifto 
piepararc. ca.jctf* 

<Ol totoco:dcaîaüeuotacl?:tfHvnfonê mfacramc 
tum affectare oebet. ca-j:ttf. 

Î2>c quoîûdam oeuotozum aixJentt Oefid^rio ad coz? 
pua cbzî/H. captif* 

i %l\ gratis oeuotiome lpumültatt 7 fuijpftua abne^ 
gattoneacquiritur. ca.jcv* 

&l\ neceiïitatea noftras cfaifto aperire-i cîua gFas 
poftulare Pfbemua. ca.jcvi. 

©c ardcnri arnoze 7 vefyemmt affecta fufciptendi 
cbzifhim. ca.pzif. 

bomo non fit curiofoa fcmtato: faeraroentbfed 
tmmUta ünitaro: cbiifti fubdendo fenfum fuum fas 
crc fîdei* ca .jcvltf* 



fC£ompIetG cft opufculum/ej:aratü<ç ijàarfftf per 
ioeozgiû ÏDittelbua.îlnno oni mitleflmo quadrin 
gctcfïmo nonagefïmo fejeto. oie vero pzima martij* 



Voici l’alphabet d’un autre caractère de Mittelhus; il s’en est servi dans 
les Paradoxa Ciceronis , dont nous donnons le fac-similé à la page 

abcodefg bümnop qr 1 sftu vjc P3 .:?*/ flffTft 

â b 9 c 9 C^p Ô ê zfê fô 1 1 9 Tm m 9 n n 9 ô p,p p q q°q q g> çp q$ f £ tt 9 û f> 

Les lettres capitales sont en partie les mêmes que celles qui se trouvaient 
dans l’atelier de Pierre Le Dru et Etienne Jehannot, imprimeurs associés. 



ATELIER DE GEORGES MITTELHUS 



Mittelhus n’a rien imprimé en français et n’a pas fait de livres illustrés. 
On trouve cependant, dans quelques-uns de ses livres, des petites gravures 
sur bois qui sont empruntées au matériel d’autres imprimeurs. 




La Descente du Saint-Esprit se trouve dans le Spéculum Christianorum , et la 
petite figure de X Adoration des rois Mages est placée au verso du titre du De 
Imitatione Cristi de mars 1 4p6 (v. st.). La Descente de croix, que l’on voit à la fin 
du Tractatus corporis Christi, avait paru dans La Mer des Hystoires de Le Rouge. La 
Descente du Saint- Esprit, ci-dessous représentée, provient d’Etienne Jehannot. 



Eauacrum €o w 

fcientte ♦üDmmtms facerdo* 

ttbwo fumme vttleac neceffarmm. 




fëio.$î.<Ê>eoîgto S0itk\\)ufy 



ftegtftrum 

Quarts elïufio «>dem 

jgàuintaeffulïo. 

«Scxtaeffulio. 

Septimaeffufïo. fo.c. 

Sabbato contemplatlo ce qulnqj gladijs glouofe 
Virginia. que cû magna mentis oeuottonc oebet ma 
bitari. codcm 

55ecundus gladiue. .fo.c t. 

Kcrtiue gladius. fo.c.ii. 

©.uartus gladius fo.ciiij. 

fâ. uintua gladius. fo.cv. 

tëzatio botta ante miflam fo.cvi. 

©ratio bona poil nultam. fo.cvil» 



tri ^ jRegiflrum 



(J Jittm rogo omnee ttiafcrîam iftamlegê 

tesîvt ob mîam oeU ataç fuaru falutc ab incepto no 
befiftât oonec ad fmS ipfius perueniant ♦ vt oîa iu eo 
côtcnta oiligétilTïmc eotdifuo ipiimâti beuote pfuét 
ÇDiuiditur aût boc o pufculû in vtgîti capitulai ffi 
qlibet capitulo reptunï cxëpla % ptéplatôes ipaî ma 
tcriâpcemétia.q omîa tuenics feb) nüerû folfoium. 



Ç\Sjcpltctf lauamim confdentie Omni 

bus facerdotibus fumme vtile ac nece(Tariu53mp:ef 
fumnouiter qp>ariri 9 impenlïs bonefli virtéeotgij 
m ittdbuf. Snoo falu tis.ZP.ccccc. Die. xjüj. men fis 
©ctobîts. 



Nous donnons ci -après les titres de deux livres sans date. Le traité de 
Nicolas de Lyre, Contra perjidiam Judæorum , porte le nom de Mittelhus au bas 



2 



HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



du titre, et à la fin son monogramme. (Voir p. i o.) Le traité De Phitonicis inulie- 
ribns ne porte pas son nom, mais il est imprimé avec les mêmes caractères : 



IDtTputatfomagu 

ftri .TBicoIap De lyra facre tbeologie 
«pfeflbrie ejctmiï oe ozdine mine? cô 
tra çfidtâ tudeop. m qua oftcdif per 
fcriptiuae facrae abiptstudetsap* 
p:obata9*r recep tas dfirn nrm lefum 
*P5veç Dettavcp boîe 5 fmïïe.-têpufcp 
fue Icarnattomô pteriïfle . arg umétf 
iubeoç t oppofitum factia folutia et 
confumie . 



^ractatusürilisz 

«ecccllaritta b wamtr»aJo0i 
motcilogiîScptjitomciB muliect 
bus. Unacu? quooatn pacuotca 
ctatulo Docttirimi et acutiflKmt in 
facta pagina Docto?is Jotjainiia 
begecCo no cancellatif part Renfla 
©e pjobattone fptcituum. 



Cabula et capitula 

pjefentietcactatuB 



<£>eorgms $j)ttfdf)uff 

Le Liber Cathonis, daté du 20 août 



ÎÔ?imum cap<mium\)ttumejc farfo ittcatUatricu ï 
fooperatiotic ôemonu poftïttt jjuocan gratibmee: 
mut tic acpluttieinlcfioticmtccrc 
SKcunDü capïtulüztotrû incantatricc» poflïtit a&iu 
tozio ô tabou tjomib 9 et infantib 9 nocere:ac mojbos 
et'f bem mfcrre.’eof&ë ftebth'farc 
Certiücapitulum:ptrû bictemuUercs poflïttf fart 
ts tjonunûin alias formas ïmmutare. 



1500, est, avec le Layacrum Conscient ie 



du 20 octobre de la même année, un des derniers livres qui portent son nom : 



CXiberCatbcmia cum glofa finit féliciter fmp^ITu^ et biligcterno; 
uiflîme caitigatua panYïuo:per 6eoigtum mitfelbnf * Snno.'zc.mille 
fimo qwneentcrimoZDenfis 3uguftbï>ie vicefima* 



Les petits caractères dont cet imprimeur s’est servi à la fin de son exercice 
sont des fontes qui étaient en 1495 chez Jehannot et chez Bocard. 

Mittelhus indique sa demeure rue Saint-Jacques, dans fhôtel de Hacque- 
ville, à l’enseigne de la Clef cP Argent \ près du Petit Pont {in cedibits Hacque- 
yille , Clayis Argenteœ intersignio , in yico S. Jacobi prope Paryum Pontein ). 

De 1488 à 1500, Mittelhus a imprimé un grand nombre de petits traités 
de théologie et des livres d’écoliers. M. Proctor, dans son Index to early printed 
boots, énumère vingt-sept éditions à son nom, soit au Musée Britannique ou 
à la Bodiéienne, et il est loin de les avoir indiquées toutes. 

Le propriétaire de la maison était, en 1467, non pas libraire, comme la avancé Lottin. Il était 
sire Jacques de Hacqueviile, marchand drapier, et, en meme temps marguillier de ia paroisse de Saint- 

en 1490, Raoul de Hacqueviile, drapier aussi et Séverin. Renouàrd, Imprimeurs parisiens, p. 1 - 3 . 




CHAPITRE XXI 

L’IMPRIMERIE À PARIS 



ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET 

(l488-I 5OO) 

Les premiers livres de Pigouchet. — Ses livres d'heures illustrés. — Heures à l'usage de Paris. 
— Heures de Rouen. — Heures de Lyon. — Grandes Heures à l’usage de Rome imprimées 
pour Simon Vostre. — Détail des illustrations. — Heures à l’usage d’Amiens. — Nouvelle 
ornementation. — La Danse des Morts représentée dans les cadres de bordure. — Livres de 
littérature française et autres imprimés par Pigouchet. 

Philippe Pigouchet était un ancien ouvrier de Patelier de Caillaut et Mar- 
tineau. 11 est nommé en 1483, avec ses patrons et d’autres collaborateurs, dans 
des pièces de vers en acrostiches qui sont placées à la fin du Miroir d’or de 
r âme pécheresse . (Voir t. I er , p. 2^7.) Cinq ans après, en 1488, Pigouchet s’éta- 
blit à son propre compte, rue de la Harpe, devant l’église Saint-Côme et 
Saint-Damien, dans des locaux qui lui furent loués par le collège de Dain- 
vi Ue (/// locagiis Collegïi yul ganter nu ncupati de Dainyille). 

Quelques bibliographes ont prétendu que Pigouchet aurait commencé à 
imprimer dès i486. A l’appui de cette assertion, on cite de lui des Heures 
à la date du 5 janvier i486. L’année commençant alors à Pâques, ce serait 
tout au plus à 1487 (n. st.) qu’il faudrait remonter, mais l’erreur est plus 
grave. O11 a mal lu les chiffres romains de la fin en prenant pour un V le der- 
nier X, de sorte qu’au lieu de m cccc lxxxvi (1 186) il faut lire m cccc lxxxxi 
(1491), ainsi que nous avons pu nous en assurer sur l’original. Le 8 jan- 
vier 1 4 p 1 (v. st.) nous ramène à l’année 1 492 (n. st.), suivant notre manière 
actuelle de compter les années d’après le calendrier grégorien. 

Pareille inadvertance avait été commise pour d’autres Heures imprimées par 
Pierre Le Rouge pour Vincent Commin, dont la véritable date a été ainsi 
rétablie. (Voir t. I er , p. 457-158.) 



HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE 



Le premier livre que l’on connaisse au nom de Philippe Pigouchet est daté 
du i 6 septembre 1488. Ce sont des Heures a l’usage de Rome qu’il imprima 
pour le compte du libraire Simon Vostre. «Cette édition, nous dit Brunet, 
n’a dans le texte que quelques gravures moyennes et petites, et les bordures 
sont de simples ornements en arabesques souvent répétées b» 

En 1 4 8ç> , Philippe Pigouchet imprima encore d’autres Heures illustrées de 
gravures d’un style très archaïque. 

En meme temps qu’il était imprimeur, Pigouchet était libraire de l’Univer- 
sité de Paris. Il imprima une édition du Manipulas Cumtorum ou Manuel des 
Curés, par Guy de Montrocher, datée du 22 septembre 1489. Sur le titre 
du Manipulas Cumtorum, on voit la marque aux armes de France et de la ville 
de Paris avec un encadrement portant la devise : Ung Dieu, ung Roy, ungne 
Loy, ungne Foy, qui a été employée en même temps par Antoine Caillaut et est 
restée définitivement dans l’atelier de ce dernier. (Voir t. I er , p. 301, 302 
et 304). Ici cette marque porte la date de 1485?. On ne la trouve pas avant 
1492 dans les livres de Caillaut qui ont une date, et, chez ce dernier, elle 
paraît déjà ébréchée dans les filets de l’encadrement. 

La plupart des impressions de Caillaut n’étant pas datées, il se pourrait 
néanmoins que cette marque eût été en sa possession quelque temps aupa- 
ravant, car nous l’avons vue sur des volumes tels que des Heures (voir t. I er , 
p. 313), les Sennones qnattuor Novissimorum et le Traictié des eaux artificielles 



' Malgré toutes nos recherches, nous n’avons 
pu retrouver ce livre. On doit s’en rapporter à l’au- 
torité de Brunet qui le décrit exactement au Ma- 
nuel du libraire (t. V, col. 1575, n° 1 4 ) » d’après 
un exemplaire qu’il a vu autrefois à la Bibliothèque 
nationale et qui a disparu depuis. Le meme biblio- 
graphe en indique un autre exemplaire à la Biblio- 
thèque de Parme, qui, d’après lui, aurait 96 feuillets 
au lieu de 95 dont se composait celui qu’il a tenu 
en mains. Vérification faite, l’exemplaire de Parme 
est d’une autre édition. Le titre porte bien l’indi- 
cation du xvi e jour de septembre, mais la date de 
l’année, après le millésime et les centaines, a été 
grattée de telle façon qu’il est impossible de la pré- 
ciser. De pareilles falsifications ont été opérées sui- 
des exemplaires de diverses éditions d’heures dont 
les almanachs commencent en 1488, afin de faire 
remonter leur impression à cette date. — L’alma- 



nach qu’on voit en tète des anciens livres d’heures 
fut d’abord dressé pour vingt années à partir de 
i488, et reproduit plusieurs années de suite sans 
changements, de sorte qu’on ne peut déterminer 
meme approximativement la date de l’impression 
autrement que par le style des gravures, la nature 
et le nombre des sujets qui en composent les bor- 
dures. - Les Heures du 16 septembre 1 4 B 8 , 
décrites par Brunet, sont de style archaïque et 
dans la toute première manière de Pigouchet. 
Celles de la Bibliothèque de Parme, qui con- 
tiennent des bordures historiées plus finies et 
mieux ouvragées, dénotant de façon certaine la 
seconde manière de Pigouchet, ne sauraient être 
aussi anciennes. Il ne faut donc voir qu’une simple 
coïncidence de jour dans la date du 1 6 septembre 
qu’elles portent sur le titre et qui n’est pas suivie 
de celle de l’année h laquelle appartient l’édition. 




ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET 



1 5 



(voir t. I er , p. 3 3 i), où elle paraissait en première épreuve exactement comme 
dans le Manipulas au nom de Pigouchet. Ce dernier ne s’en est servi, à notre 
connaissance, que cette seule fois, et en a adopté ensuite une autre plus per- 
sonnelle représentée par un homme et une femme sauvages, postés autour 
d’un arbre, qui soutiennent un écusson à ses initiales avec son nom au bas, 
marque qu’il n’a pas changée depuis. (Voir p. 26, 45 et 54.) 



(T)amp»lu8 cutatotum 




CXtfn* 

£a.iti.quot requfrütut ab ietunitt facienDum. cüi. 

j£a,iiii.quot botta faett ieiunium: cm. 

£a.iiii.pimcipale ïjuius quarti ttactafas.Æffc De oiatioe que 
eft terfta pars fofiffafioma. cüî. 

^a.D.Oemenfucapemtentte, ctiti. 

jTa.bt.bfmm bttus poCTit fatiffacete pio alto . ctriü. 

attf cuits fiDri.ct De pzcceptis ûecalogt. 
t jèvtia pars püttripaUs ïjuius libiéin qua agitur De ac 

ttculis fiDei.et l)ie que pertinent aD populi tnfotmatio 
nem Diuioituc in quatuoi capitula. cir. 

jTa.i.OeattlculisfiDei. _ ci*. 

£a. ti.De petitionibus oiationis Dnice. ejeû 

jTa.tn.q6 noué çf inet pottiôes ë DeDecêpceptÇlegis. cjrbiii. 
£a.tüi.eft oeDotibus beatozum, cjrjcitt. 



Celebetttmi btri Domini 0utDonis De monte toctyeriili^ 
ber qui (^antpuluscuratomm mfcribitunbna cum tabula 
eiufDem finit fdiciter.£jcaratufq 5 parifii. perpbtltppum pt 
gouet)et.8nno Domini ^ÜlefimoquaDnngentefimooctuage 
fim onono .bicefimafecunoa Ote fept emtnte. 



Le caractère clu Manipulas Curatorum est entièrement neuf et le tirage 
d'une netteté et d’une beauté remarquables. 

A première vue, ces types ressemblent, à s’y tromper, à ceux du Lotluirius de 
1483, imprimé par Caillaut et Martineau, les anciens patrons de Pigouchet; 
mais, en y regardant de très près, on trouve des différences dans quelques 
lettres capitales qui sont copiées en partie sur les types du même atelier. 
D’autres lettres de forme identique ne se différencient que par des points de 
détail presque imperceptibles; la majuscule M se termine, dans le Manipulas , 
par une queue recourbée en crochet qui n’existe pas dans la fonte de Caillaut. 



6 



HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE 



Voici l’alphabet de ce premier caractère de Pigouchet, que l’on comparera 
avec celui de Caillaut et Martineau (voir fac-similé, t. I er , p. 298): 

a # £ 'B £ if £> ^ 31k £ a? rc d n i> % *d 

abcD£f$t)if:lmnopqr;0Hutup3 ffOTCt 

â b 9 Ô c z ç? u 9 n 9 m m 9 n n 9 ô p p p q q qp q> q$ î i> û . : i f / 

En 1491, nous voyons Pigouchet se servir d’un petit caractère gothique 
dont la ressemblance est parfaite avec celui que Georges Wolff employa pour 
l’impression du Bréviaire de Paris, achevé en mai 149 2 c ^ ans 1 atelier du 
Soleil d’ Or : 

a© ^ ôibj tlïdib ss ^ u a* r z 

abcfcdefgbiklmnopqneftuvjcYî ITftfffl 
1154. 567890 â b 9 c(p d 9 é é e 9 x îi°rh tu 9 n n 9 

ôp#gqqQ>Q>cprrlçfftJt*n?(>ël 9 . i* */C 

C’est avec ces caractères d’environ 8 points que Pigouchet imprima en 1 49 1 
le traité d’Isidore de Séville : De Summo bono. Les folios sont en chiffres arabes : 



Jliber. 

pmiü/an adfuppliriü tranfeâti&uidâ aüt electi in 
fînefuo purganf a Iculbuaquibufdâ peccatia.qui:; 
dam vero In ipo ejrttu fqo bilarcfcüt cj: eternoç co; 
templatôebonojMÊiuâuie enim quifep In bac vita 
fitiuftuaîtn&umejc coipeiftoegrediF ptimcfctt:ne 
bignuefupplicto fiMRulluseft eut bomo abfq? pec 
cato.necquifcg poteftoe bei fecurueelTefndtciorcO 
ettam a beociofie verbisreddêdafit ratio, ^inem 
iulto? optimû vocatio trâquilla pmendattvt eje co 
îteUiganffctÔy bre pfoîtiû angeloç:e;: quo ab boc 
co:po:efine vejratoe buratollunf u^iauoaaütbo 
mineeapolïate angeli ejecipiunt monentea. vteia 
fînt tpito 2 to:ea in penie/q fuerut fuaforea in vitiia 
Et fi pictas^p befu nette fiddibueflereitibeat'.fîdee 
tn,p de lugere vetat.^JUi en» beplomdi funt t mozs 
te:quoemiferoe infcrnnecjc bac vita recepit:non 
quoeceldtieaula jepi letificandoeincludit. Ibiceft 
cni ppiatie mifer atoieafFectue:vt,pvrtoquo<p moz 
tuo facrtfici û oeo offemf ndc cft qt5 feriptû eft.£t 
moîtuo ne fraudes mifericozdiâ. 

5ffdo:i bvOpalenfte epi tractatue oe fum 
mobonorfinitfelicitcr.Jmpflusq^aH^ 
füqibcrq^bilippû pigouebet. 

ZD.cccc.pci. 



Le 20 octobre 1492, Georges Wolff imprima, pour son confrère et pour 
Enguiibert de Marnef, libraire, une édition de Térence. 

En sa qualité de libraire de l’Université, Pigouchet vendait des livres de 
classe aux écoliers. Nous connaissons de lui un petit livret de grammaire : Les 




ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET 



r 7 



Principes en françois, portant sa marque et que l’on peut voir à la Bibliothèque 
nationale. 

Pigouchet s’est ensuite servi de caractères gothiques de bâtarde française 
de deux grosseurs différentes, qui tous deux sont d’une grande beauté et 
d’une régularité parfaites ( character uitulissimns et jiiciiiidissinms 1 ) , et avec ces 
deux corps de caractères, il imprima principalement des livres d’heures pour 
différents éditeurs 

Le i er décembre x 4 9 1 parurent des Heures a P usage de Paris. Cette nou- 
velle publication, d’une exécution remarquable, fut imprimée par Pigouchet 
à frais communs avec Geoffroy de Marnef, dans le format petit in-quarto. 
Le texte des Heures fut imprimé avec le plus gros caractère de bâtarde tout 
fraîchement fondu dont voici l’alphabet : 

a0c8efg0î&fmrijnijopqrieftttflpj>j 
na°pîi^e 9 (îgfîi 9 ^ffim 9 fîô jjppp^qq i 

fffîfl V 9 * 

Toutes les pages, ainsi que le calendrier qui accompagne le texte, sont 
entourées de bordures historiées divisées en petits compartiments renfermant 
d’élégantes compositions. Au commencement de chaque office, on a placé des 
figures plus grandes que dans le courant du volume. La gravure de plusieurs 
de ces grandes figures est tellement fine et les tailles si rapprochées, qu’il ne 
paraît pas possible qu’elles aient pu être gravées sur bois. La plupart de ces 
illustrations, ainsi que quelques bordures, doivent avoir été gravées en relief, 
sur cuivre ou sur quelque autre métal, comme les Heures de Jean Du Pré. 

L’exemplaire des Heures de Paris, de décembre 1491, exposé dans les 
vitrines de la Bibliothèque Mazarine, est imprimé sur vélin et n’a pas été 
colorié, ce qui permet d’en apprécier la gravure. Il est tel qu’il sortit des 
presses, merveilleux de tirage et de netteté. Les caractères du texte paraissent 
tout neufs, et les traits des grandes gravures sont venus dans toute leur pureté. 

Ce sont les qualificatifs que Pigouchet lui- s'ils charactere nitidissimo et jucundissimo. ( La Caille, 
meme leur donne à la fin de quelques-unes de ses Histoire de l’ Imprimerie et de la Librairie, page 66; 
impressions : Impressum autem fuit opus prefatum Pari- ouvrage cité. ) 

11 * 3 







HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE 



Nous donnons comme spécimen une page entière des Heures à l usage de 
Paris, dont le sujet principal représente la Visite de sainte Anne a la Vierge : 




Malheureusement, les traits s’écraseront légèrement et s’épaissiront un peu 
au fur et à mesure des tirages, dans les éditions subséquentes des Heures que 
publiera Pigouchet; il deviendra alors difficile de distinguer les sujets qui ont 
été réellement gravés sur métal d’avec ia gravure sur bois. 

Dans ce premier tirage, particulièrement soigné, on perçoit aisément les 
différences; la délicatesse des tailles apparaît comme dans une médaille ou 
une monnaie frappée à fleur de coin. 

Nous y joignons un fac-similé des bordures de la dernière page, qui 
contient l’achevé d’imprimer ainsi formulé : Ces présentes Heures a l’usage de 
Paris furent achevées le premier jour de décembre mil quatre cent £ quatre vingt ç et un%e 
par Philippes Pigouchet, imprimeur, demeurant en la rue de la Harpe, devant Saint - 



ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET 



'9 



Cosme, en l’ostel du Colli'ege de Dinville. Qiii en vouldra avoir, il en trouvera audit 
lieu et devant Saint -Yves, a l’enseigne du Pellican, en la rue Saint -.laques. 



Süi 



£ee piefettfee Çeutee a tufaqe 8e patte f u 
vent acfjeueee te premier lourde decemdxe mit 
quatre cent? quatre Strtgtj et Sn^e pat p^iftp 
pee piqoucfyet tmpitmeuc demeurant et)ia rue 
8e fa Çacpe 8euartf fatnt cofnte et) toftet 8u cof 
tieqededlnmîte.fàuiet) 5ouf8ia auott if et) 
ftouueta au8tf fieu et dernnt f xint jwee a fen 
fetgtte 8u pefftcat) et) fa tue faine taquee. 




iuejjfperttae 

eftttanfltoîial) 

lRtltuuntt>i 




Le 5 janvier 1492 (n. st.), Pigouchet imprime les Heures de la Vierge selon 
l’usage de Rome, dont nous avons parlé au commencement de ce chapitre, 
pour Simon Vostre, libraire demeurant à Paris, «en la rue Neufve Nostre- 
Dame, devant la grant église ». Il exécute encore d’autres livres d’heures dans 
le courant de la même année. Le 1 1 mars 1492 (1493 n * st -)> ü termine l’im- 
pression d’ Heures à l’usage de Rouen, pour Pierre Régnault, libraire de l’Univer- 
sité de Caen, «demourant audit lieu, à l’enseigne Saint-Pierre en Froide Rue». 

Ci-après nous donnons des spécimens des figures un peu archaïques de la 
première manière de Pigouchet; elles avaient déjà paru dans les éditions pré- 
cédentes de ses Heures. Les traits des figures, qui commencent à s’aplatir, 
ressemblent davantage à la gravure sur bois. 



3 * 



i 



PHILIPPE PIGOUCHET. - HEURES DE ROUEN (1492) 




L’Apparition aux Bergers. Le Massacre des Innocents. 





PHILIPPE PIGOUCHET. 



HEURES DE ROUEN (,4 9 a) 



folia ttBibne. 

Ifl tffo tempoxe 
)£ecum8entt6 9 JL 
nbect bifcipufte ap* 
païutt iffie t'cfu6(T ep ^ 
pxoBxautt mctebuftta 
tett)tffop (rburtctati) 
llP^lcoxbie/quia^ieq^ j 
berâfeuç tefutteptfje 
Inô aebibetât.etbiptt 
ete. Æunteetrçmîlbû 

I Smuetf un) pxebtcate euâçefm omm ctea Pÿ 
tute.i&utctebtbettt etBaptijutuefuerit: m 
fafuueettt. ££htt “Seto nô ctebtbetitcôbè P 
naBttut. Aligna autê eoequt ctebtberint ^ 
Çec fequertf.^li) nomïe meo bemonta ctict 
ent/ftnçute foquen£ noute/fetpentee \ 
f ent/et ft moxttfetû qb 6t6erit;not) ete no* J 
ce6 tt. £)up eçtoe manue tmponèt (t 6ene L 
Ça6e6unt.^tbHequibeit)tefu0pofîq>fo|n 
j cutue efï ete affumpt 9 eft it) cefïï ef f ebet a / 
J) beptrie bei.Jlfft autë ,pfertt pxebicaucttlt| J 
^ 536 tq 5 btîo coopetâte et f etmonè côfttmâ 
3 te fequenttôusftgnie. jge o gtatiae. | f 



glatit lumïa; 
riaîfirmam; 
toccli. 7~ - 



û) ouëte^entm^ü munett6 9 aboxate eft 
Hubtee aût Çetobce tep ft3at 9 eft (t ote Çie 5j 
tofoftma cil tffojBf ççteçâe oëe pitctpef (g 
facetbotd (t fcttôaf pptï:f ctf cttaBa? a6 eîf Ip 
S6t mjï 9 naf cetet. £t tfft btjperflf et. ^It) §£ 
6etÇfe€ mbe.^)tcenî fcnptü c g .ppÇetâ. P 
fBtt u ÔctÇfee texxa tuba nequaq? mtmma 
ee î piîctpt6 q iuba te ent epiet bup qui ft 

teçatpopufü meu tftaef. 3£unc fletobeeljy 
cfâSocatÇmaçie btft$ëfet btbtfctt a6 ete |g 
tpüe fEeffc^ appatuttete.Æ;f mittëe eof î| fe 

I ÔetÇfeë bipit.yte (i inhoçate btftçenë be | 
pueront cil iuenetttÇ tenticiafe mtcÇfôf J 
ete$o tentée aboxë eu. glut cüaubiflef > 
te$ë a6tetüt.i£f ecce fîeffa qua libérât î s 
oxiëte âtecebeôaf eoe55fq5 bûSeniëe fia* ï 
tet fupxa S8t état puet.étbëfee aüt ftef* 
fâ ma$t çautfi fût çaubto ma^no^afbe 
fEt îtrâtee bomü ïueuerüt puepcû mattct 
matre et 9 fct ^ctbètes aboxauerût m*& 
aptie tÇef aune f ute o6fufetuf et munera 
autû/tÇue:(î mtttâ.^f cHfo accepf o î fo* 
me ne tÆttët ab Çetobe: pet aftS *5î3 te^ 
uetft funt tt) tegtoné f u3. H>eo gtde . 1 




tta ftftï ejpcuffoxon). f ) eatue Stt qui tm . 
pfeuit beftbe ttutt) fuutt)ejo tpfte not) con^ J 
ftmbetut cü foquetut mtmtcte fuie ity pox g 
1 ta&toxiapam^icütetat. pe. ^ 
omne6 timent bomtmm) ^ 

qutam6ufant erue^a8o - 
tee manutl tuamnt quta manbucaôte: 8e u 
atueeeetBenetiStettt^oxtuaftcut^t V 
Ufapeîicûcta tieaôunbanen^fcifetiôuebomuente. \ 
1 ogaairafttri fP tfri tut fiait noueffe oftuatu;i>) citcuk c 
^ mcn f e fi c 6enebtcetut Çomo: « 

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Cce pxef ititee Çeutce a iïtfaçe beKou | 
et) futent acÇeucee fe .joi . tout be mate. U 
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pout ÿ>tettetcgnaufe iTt6xatce befunt^| 
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PHILIPPE PIGOUCHET. — HEURES DE LYON (1495) 










PHILIPPE PIGOUCHET. — HEURES DE LYON (,4 9 j) 





PHILIPPE PIGOUCHET. 



HEURES DE LYON (i 4ç 






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benfô (r coxonawj fptneâ itj capite 



ca5if baôif rffi brie be 9 febé bauib pa* il Sucs muli 
trie eiue (i regnafiif û) bomo iaco6 ri) eter* plrcentur fti 
nurî)(T tegni eiue nô errt finie. JBipitaüt P er terrain, 
maria ab angefiL £}uô fief ifîub quonrâ 
‘Sirü nô cognofcox' £t tefpôbée angefue 
bip if ei.^pirifufTcfûe fupuenief î fe 
fue affiflimr O0il6xa0if fiBi.^Jbeoqj (Z 
nafcef ep tcfanctü 1)oca6itur frfiue ber. 

£t ecce eCÿaÔetÇ cogna fa fua @ rpa cote' ^ Vtfjï fo? 
pif fifiû irj fenecfufe fua. p 0rc méfie ef? fe ; OTm 
pfue rffi que lîoca? ficrifie.qj nô erif tpof dâ 
f r6ife aprtb beû omne ‘BerBQ. ^iprf aufè hÿ 
mam.£cce a nerf fa bfinfiaf mic$t febn] jjlL 
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£)cÔti} mat$eü*0Cotia frSibüe. fi 

i -y îarfTofpe.^a yfCj 
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r ef ) ^fe'pfaf iô au ferrer be fa mcfje.j'pe quef ^ 

itwl 9fà ccant 3 toute (efficace bc fa temifkot) J 
INI t ôcepec^^ceboif bu mérité be fa paffiof) <i 
Jpq bôna qirato^emifireane be^xapparbof) 1 

a to? ‘xkare edfee (r tcpéfâe q fee genoufj v 
ffeeffoef) ferre beuôt fa cepfenfafioqbe fa ( 
©«>io5Fmr ^ eno,fc P a ff»ot) beuotemenf birôf feptfoie 
te minctum $ afer n ,°^ ec/ ( ? ; Sue maria auec fce orai* ; 
puerûiftum . fonequt fenfuiuenf. j^fbe puie pfufreure , 
7f^T~p aufree papce y et) ont abioupfegranbe h', \ 
Êm tIïe montanf comme fer>freuue parefcrrpf < 
a ^ uac2re ( î fV m,Tfe aneou enuirorç.pat 
SjgM no(Ier. Bue maria» : 

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f ; infetnnef part icipen) me factae cekftiuti} 
gaubioxurt). pxe/îanfeeobew) bomino no 
ftto iefu rfiiflo qmUiuit ef cegnaf it) fecu 
fa fecufoiuri), Um&)* |>atet no/let ♦ Kue 



jCee pxefenfee Rentes a fufage be iEiot) 
furent aefleueee par ^Çifippe pigouc^et fi 
Bxaire be funiuerfite be pacieYe penuftime 
ioutbe 31 uiffet.mif,cccc,uirpp.et quin 5 e* 
pour touffarne bemôfiap fiBxaire bemou 
tâf et) fa tue be fa 0etpe pxee f atnt £ofme. 



clt lejc oiuta 
mopU t>ata 
vern'ce frna. 



ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET 



2 5 



Le texte des Heures de Rouen et de celles de Lyon, dont on vient de voir 
plusieurs fac-similés, est composé avec une fonte de la petite bâtarde de Jean 
Du Pré, que ce dernier avait inaugurée en 1488. (Voir t. I er , p. 243 .) 

Les Heures de Lyon furent imprimées en 1495, par Pigouchet, pour 
Toussaint de Montjay, un de ses voisins. On y retrouve les illustrations des 
livres précédents et les figures de la légende des Trois Morts et des Trois Vifs } 
placées en regard Tune de Pautre. Elles sont reproduites page 23. 

Les bordures du Calendrier se composent de sujets qui avaient déjà paru 
auparavant, mais il y en a de nouveaux qui sont d’une conception originale. 

D’autres bordures représentent des sujets tirés des histoires de l’Ancien 
et du Nouveau Testament. La figure de la célébration de la Messe, avec le 
haut sur fond noir étoilé, se voit déjà dans les Heures de Paris, de 1 4 9 1 • 
Elle reparaîtra souvent isolée dans d’autres publications de Pigouchet. 

Pigouchet, qui était l’imprimeur attitré de Simon Vostre, changea ensuite 
tout à fait sa manière. Les Heures à l’usage de Rome, du 22 août 1498, 
donnent l’échantillon de son nouveau genre d’illustration. Le dessin est moins 
archaïque et plus correct; les tètes des personnages sont moins grosses, les 
contours moins raides; il y a, dans le burin, de la souplesse et une certaine 
grâce calme et tranquille, qui dénote le faire d’un artiste expérimenté, maître 
de son outil. 

Les grandes planches sont encadrées de colon nettes feuillagées et de vous- 
sures flamboyantes. « Le dessin, d’un naturel précieux dans les airs de fête, dans 
les gestes, dans les vêtements, attrape des expressions charmantes de piété, de 
bonhomie et d’individualité, avec de nombreuses figures adroitement agencées 
dans des fonds richement garnis de végétaux et d’édifices. L’effet y est obtenu 
d’une manière uniforme, mais suffisante, et sans que l’enluminure intervienne, 
au moyen d’un trait net et fort dans les contours, dans les plis, et de hachures 
fines distribuées par places dans les fonds. Dans plusieurs de ces scènes, les 
qualités de l’art les plus élevées sont déjà atteintes; il suffit de citer en exemple 
rassemblée des Apôtres et des Saintes Femmes au milieu de laquelle descend 
le Saint-Esprit; plus de seize figures y sont distribuées par groupes avec toute 
la variété et tout le savoir requis dans un art encore placide et dévotieux « 

Renouvier (Jules . Des gravures sur bris dans les livres de Simon Vostre , libraire d‘ Heures, avec un 
avant-propos par Georges Duplessis; Paris, A. Aubry (Lyon, imprimerie L. Perrin), 1862; petit 
in-8°, p. 9). 

n. • 4 



IMPRIMERIE nationale. 



26 HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN ERANCE 

Voici d’abord le titre de Ces présentes Heures h l usaige de Romme , avec la marque 
de l’imprimeur. Un homme et une femme sauvages, dans un portique tout 
fleuri, tiennent suspendue à un pin la targe ou écusson au double P qui 
forme les initiales de Philippe Pigouchet, dont le nom est inscrit en entiei 
dans une banderolle qui se déroule en dessous. 




CM» 



Les bordures historiées qui entourent ces deux pages ont leur note gaie 
et champêtre dans ce milieu sévère. 

La grande marge est ornée de rinceaux garnis de personnages en cos- 
tumes rustiques. Ce sont des bergers et des bergères qui dansent avec leurs 
houlettes, au son de la musette, ou se jouent au milieu des branchages. 



ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET 



2 7 



Vient ensuite la coupe du Saint-Graal ou calice de la légende, portée sous 
un dais par deux anges; les bordures nous montrent des scènes champêtres; 
des damoiseaux grimpent à l’arbre et une damoiselle reçoit dans son tablier 
les fruits que ceux-ci lui jettent; une autre cueille des fleurs. Dans le bas, les 
jeunes gens s’amusent à un jeu qui est peut-être celui que Rabelais appelle 
Je m'assis. 




Ces petites compositions sont ravissantes dans leur simplicité. 

Dans le Calendrier qui suit, les compartiments du bas représentent les 
occupations de l’année et les signes particuliers aux mois. Les bordures exté- 
rieures sont formées de petits compartiments rapportés, contenant des scènes 
tirées des histoires de la Bible ou de la vie et du martyre des Saints. 

4 - 




28 



HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE 



Janvier- Février. — La bordure extérieure est divisée en cinq compartiments, 
dont les scènes se rapportent aux principales fêtes de ces mois : 

La Circoncision (i er janvier). — L’Épiphanie ( 6 janvier); les trois mages 
viennent offrir leurs présents à l’Enfant Jésus. — Saint Sébastien (20 jan- 
vier) lié à un arbre et percé de flèches. — Saint Antoine ( 1 7 janvier) résis- 
tant aux démons. — Sainte Agnès (21 janvier), vierge et martyre. 



Januatiue (febtes 



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iflttt a jÇitciïctftobtïi 
0 oci.f.ftcpÇam 
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jptnï 6 fiattfbte 
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b ignaeü eptfcopi 
jpi c putïficafio 0t£ ma 1 

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l&iiï g gifànti côfcfT wtflf» 
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plîi 6 bojotf^e13tt#mie^ 

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jrim c poftof» mattytte. 







La bordure inférieure nous montre le mois de Janvier symbolisé par le 
bourgeois à table; le signe du Verseau s’applique à Février. 

Le compartiment d’angle représente Esther, comme pour Mai-Juin. 




ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET 



2 9 



Mars- Avril. — Des cinq compartiments composant la grande marge, le 
premier est rempli par des grotesques sur fond criblé-, le dernier renferme un 
archange sonnant la trompette du Jugement dernier. 

Les trois autres compositions se rattachent à cette partie du Calendrier : 

Le pape saint Grégoire (12 mars) agenouillé devant l’autel. — L’Annon- 
ciation (25 mars). — Saint Marc écrivant son Evangile (25 avril). 







iit b afôtm'eptfcopi 
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g abiicmtmarfptte 

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3i ii b 
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5 marte egppttace. 
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3tt g 0efenetegine* 
a ifiboji mattyiie, 
p3 0 arnceti pape, 
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8 fofljetfe pape* 
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p3ti c Ctyatci euagcfifte, 
*3 i b£fatpape, 

e 

pim f Sifafie: marttrie* 
tfï ô pettimattytis 
a flgrfmunbi. 




Le double compartiment du bas représente le mois de Mars, époque de 
la taille des arbres; le signe du Bélier se rapporte à Avril. 

Dans l’angle, la sibylle phrygienne tient la bannière de la Croix. 



3 ° 



HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE 

Mai-Juin. — Quatre compartiments sur les cinq de la grande marge sont 
réservés aux principales fêtes de ces mois : 

Voici saint Jacques (i cr mai) avec son aumônière. — Saint Jean Porte- 
Latine (6 mai), patron des typographes. — Saint Nicolas, avec les trois enfants 
légendaires. Une fête de saint Nicolas se célébrait le c, mai, date de sa trans- 
lation à Bari. — Saint Pierre et saint Paul (251 juin). 



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pppi t (an<x.ppp. 



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b jlnuefto ctucte Siiï 
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ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET 



3 1 



Juillet- Août. — Les petits tableaux de la marge rappellent tous des saints 
fêtés pendant ces deux mois : 

Sainte Marguerite (20 juillet). — L’Assomption ( 1 5 août). — Sainte Anne 
(26 juillet) apprend à lire à la Vierge enfant. — Saint Laurent ( 10 août) sur 
son gril. — La décollation de saint Jean-Baptiste (29 août); la tête du saint 
est placée par le bourreau sur un plat tjue soutient la danseuse Salomé. 




3îufiue $(*65 tries 
ftPpi.Æuna.pftp. 

g octa.f.io0ts 6ap. ^iiï 
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c ftSf.f.martiw 
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f na$atiitnattptte, pip 
g mattfle^itginis 
a a6bot)etfennc6 îiii 
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Suguftus 05 bies 
jrçppi,j£ima,pfpp. 

c 3 b 55 incufa pefti 
b ftep0anipape 
e inuentio ftep0ani 
f iufïimpiefBptetû 
g s.ma.beniutôus 
a ttâffigutatiobffn 
6 bonati epifcopi. 
c ciciacietfociouirtf. 
b SDigifta. 
e jZautzntïimattytie 
f ttôutcii. 
g cfate^itgiros. 
a ppofiti martptis 
6 ÏDigifia. 
c Hffumptio marie, 
b 

e otfa.fautenfit 
f agapitimartprte. 
g fubouici 
a 6ematbi 
6 pimatimartpris* 
c octa.6eate marie 
b jDigifia 
c 3 &atf 0 ofomei. 
f fubouiri régis 
g feuetinipape. 
a 

6 augu/Hni epifcopi.] 
c 2 ~>ecoffatio ioÇÎS 
b feficis, 
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La bordure inférieure représente, à gauche, pour juillet, un moissonneur 
se désaltérant; à droite, pour août, le signe du Lion. 

La sibylle phrygienne occupe l’angle droit du bas. 



32 HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE 

Septembre-Octobre . — Sur les six compartiments de la marge principale, trois 
tableaux renferment les principaux saints de ces mois : 

Saint Denis [p octobre), tenant sa crosse de la main gauche et portant sa 
tète de la main droite; il est accompagné de deux anges. Saint Luc ( 1 8 oc- 
tobre) écrivant son Évangile. — Saint Michel (ip septembre), foulant aux 
pieds le démon qu’il combat avec une croix en guise d épée. 



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g eufemt'eSitgmio 
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a 

6 fitmmicpifcopt 
c cppiiam mattytie, 
b cofme (i bamtani 
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g jpûmifttlSttgmwrtî | 
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f VDigtfta. 

Stti g % )pmoni6 et tube. 




Les sujets du bas sont : à gauche, les semailles pour le mois de Septembre; 
à droite, le signe de fa Balance pour Octobre. 

L’angle de gauche est occupé par la sibylle Europe, qui tient un glaive. 




ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET 



33 



Novembre-Décenibre. — Les principales fêtes de la fin de Tannée sont repré- 
sentées dans les cinq compartiments de la grande marge : 

La fête des Trépassés (2 novembre) est figurée par la Mort frappant le 
pape de sa flèche; un cardinal est déjà terrassé. — Sainte Catherine (25 no- 
vembre). — Sainte Colombe (21 novembre), décapitée. — La Nativité de 
Jésus (25 décembre). — La lapidation de saint Étienne (2 6 décembre). 



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b £)îrt)fanrfojut^, 
c j£Ômrnio.aîaturt) jpiit 

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b 31ogannie. 
c Jnnocentiuti) 
f ^DJomeatc giefi* 

a £)tfueflripape 




La bordure inférieure nous montre, pour le mois de Novembre, les porcs 
conduits à la glandée. A droite, le Sagittaire. Dans Tangle, la sibylle de 
Delphes tenant d’une main la couronne d’épines. 

h. 5 



mrniMERifi nationale. 




34 



HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE 



La série des grandes figures des Heures imprimées par Pigouchet pour 
Vostre se compose ordinairement de quatorze planches qui ont été énu- 
mérées par J. Renouvier. 

Nous donnons les échantillons de quatre des illustrations qui se trouvent 
dans Tédition des Heures à l’usage de Rome, du 22 août 1 4^8 : / Apparition 
aux bergers , la Faite en Égypte , lésas crucijiê entre les deux larrons et la Descente du 
Saint-Esprit. 




Dans la première de ces planches, les bergers regardent au ciel les deux 
anges qui leur annoncent la venue du Messie. 

Les grandes marges nous montrent les épisodes de divers miracles de la 
vie de Jésus-Christ. 




ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET 



3J 



La seconde planche représente la Sainte Famille fuyant en Égypte. La 
Vierge, tenant sur ses genoux l’Enfant Jésus, est montée sur un âne conduit 
par Joseph. 

Au second plan, derrière un rocher qui dissimule les saints personnages, 
un moissonneur est questionné par les soldats d’Hérode pour savoir si quelque 
nouveau-né n’est point caché dans les blés. 




Les épisodes du Massacre des Innocents et de la Fuite en Égypte sont 
répétés en détail dans la marge extérieure. 

L’artiste, sans tenir compte de l’époque du Massacre des Innocents, repro- 
duit encore la scène du moissonneur que les sicaires interrogent. 



5 - 




3 6 



HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE 



La composition du Christ en croix est bien traitée. Les Saintes Femmes 
sont au premier plan, puis la Vierge les mains jointes; Madeleine agenouillée 
entoure de ses bras le pied de la croix. 

Les deux larrons, attachés par des cordes, ont les membres rompus. La 
foule et les soldats en armes entourent la scène. Au dernier plan, la ville de 
Jérusalem profile ses monuments. 




Les compartiments des grandes marges nous représentent Jésus les mains 
attachées par des cordes : d’abord devant Caïphe, ensuite insulté par ses 
bourreaux, et enfin chez Pilate. 

Dans P angle de droite, on a placé la sibylle de Tibur. 



ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET 



37 



Voici maintenant la Descente du Saint-Esprit représenté sous la forme d’une 
colombe rayonnante de lumière et posant ses langues de feu sur la tête des 
personnages. 

Tous sont assis dans une attitude recueillie. La Vierge occupe le milieu de 
la composition; elle tient sur ses genoux un livre ouvert, les mains jointes 
et la tête légèrement inclinée. 




Quatre des principaux épisodes de la Passion occupent la marge extérieure 
et celle du bas de la page : Jésus comparaissant devant Ponce Pilate, Jésus 
portant l’instrument de son supplice, les préparatifs du Crucifiement et le 
voile de sainte Véronique. 



3 8 



HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE 



Dans une autre édition des mêmes Heures à P usage de Rome, publiée le 
i 6 septembre 1498, on voit, parmi les grandes planches, la Visitation et la 
Présentation au Temple , qui sont, ainsi que d’autres, traitées dans le même style 
que celles dont nous venons de donner des spécimens. 

Voici la scène de la Visitation avec Marie et Élisabeth au premier plan. 
Au loin, un vieillard, sans doute Zacharie, est assis au bord de la route. 




Les bordures de gauche représentent des épisodes de la vie du Christ : la 
Cène ou l’institution du sacrement de l’Eucharistie; Judas recevant le prix 
de la trahison de son Maître; Jésus lavant les pieds de ses disciples, et le 
Sauveur au Jardin des Oliviers. 



ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET 



39 



Quarante jours sétant écoulés depuis la naissance de Jésus, Marie alla au 
Temple pour présenter son fils. Elle donna, pour le sacrifice, deux tourte- 
relles : c’était l’offrande des pauvres. 

L’artiste qui a composé cette scène en a rendu scrupuleusement tous les 
détails. La jeune femme qui porte les tourterelles dans son panier tient un 
cierge de la main droite. Siméon reconnaît le Sauveur attendu : 

O 




Diverses scènes de la vie de Jésus occupent les compartiments des grandes 
bordures : on y remarque la femme adultère, le miracle de la multiplication 
des pains, la résurrection de Lazare et une des scènes de la Passion. Dans 
l’angle du bas, la sibylle phrygienne. 



4o 



HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



Dans une autre scène, l’artiste a traité un sujet plus mondain. Bethsabée 
nue est plongée jusqu’à mi-corps dans la vasque d’une fontaine. Ses servantes 
s’empressent autour d’elle. L’une tient un miroir où se reflètent les charmes 
de la baigneuse; d’autres lui apportent des fruits. Au fond, le roi David 
apparaît à la fenêtre. Là percent d’une façon piquante la recherche du cos- 
tume et la gentillesse des physionomies toutes françaises de cette planche : 




Comme antithèse à la mondaine Bethsabée, couronnée de perles, la grande 
marge nous montre quatre scènes de l’histoire de la chaste Suzanne; la tête 
de la jeune fille est ornée du nimbe des saintes. Les deux compartiments du 
bas la représentent entre les deux vieillards. 




ATELIER DE PHILIPPE P1GOUCHET 



4 1 

C’est ensuite Lazare le lépreux qui, les cliquettes à la main, vient mendier 
son obole dans la maison du mauvais riche, pendant que celui-ci est confor- 
tablement installé à table. 

Au fond, le dressoir de la salle à manger; les domestiques servent les plats 
et versent à boire, sur l’ordre du maître d’hôtel qui se tient à gauche du dres- 
soir et dirige le service. 

Il n’y a, sur la table, que des couteaux; on ne se servait pas encore de 
fourchettes : 




Le riche, courroucé, enjoint à Lazare de sortir et le fait chasser par un 
garde qui, Pépée au côté, précédé de deux chiens, n’ose trop s’approcher du 
lépreux, de crainte de contagion, et le repousse de loin en lui faisant des 
deux mains le geste de s’en aller. 

Seul, un chien s’avance en ami vers Lazare et lui lèche les ulcères de ses 
jambes nues. 

Par la fenêtre ouverte, on aperçoit un pauvre tombé d’épuisement. 

Cette scène est pleine de vie et de mouvement; c’est une page intéressante 
de la vie de famille au moyen âge. 

6 



n. 



HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



42 

La Vie de l'Enfant prodigue se déroule dans deux bordures comprenant huit 
petites scènes très joliment ouvragées et disposées avec goût : 





Les sacrements de TÉglise : le Baptême, la Confirmation, la Pénitence, le 
Mariage, l’Ordination, l’Eucharistie et l’Extrême- Onction, sont figurés par 
de petites compositions dont les sujets ressortent sur leur fond criblé : 




44 



HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE 



Des grotesques sur fond criblé servent de motifs d ornementation dans les 
bordures latérales et dans les compartiments du bas des pages : 





La fantaisie de l’artiste s’est donné pleine carrière. Des personnages fan- 
tastiques accompagnent, dans leur chevauchée, des chimères de toute sorte, 
le tout brochant sur une flore incomparable : telles sont ces bordures d’une 
exquise conception. 





ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET 



45 



Pigouchet imprime ensuite des Heures a l’ usage d’Amiens, Voici le spécimen 
du titre avec la marque de l’imprimeur, l’adresse et l’enseigne du libraire : 





j JLt&pfmtee Çeureeafufatge be Slmiieitout 
au 16$ fane tecjte ont ejïe fatcfee pour £>im5 5o 
fîce* 2Ltôiaitc:bemoutant a pane a fa tue neuue 
jno(frebame*afê(etgne famcé Jc(jat)(euà$eCifte 



a.t 



Ces Heures, qui parurent vers i 500, ont, dans les bordures du Calendrier 
que nous reproduisons en entier, quelques-uns des mêmes sujets que l’on 
voit dans les Heures précédentes; mais les compartiments du haut et du bas 
contiennent des compositions nouvelles pour les occupations et les signes des 
divers mois de l’année. 

La mise en scène est égayée et avivée par des jeux divers, tels que le colin- 
maillard, ta main chaude, le cheval fondu, le jeu de balle à la paume, les 
boules de neige, etc., le défilé d’une noce et autres petits sujets traités avec 
un sentiment artistique plein d’entrain, de naturel et d’esprit, qui en font 
comme autant de petits tableaux de mœurs de l’époque. 

Les caractères des Heures d’Amiens sont les mêmes que ceux employés 
par Pigouchet pour les Heures à l’usage de Paris, de décembre 1491* 



PIGOUCHET. — HEURES A L’USAGE D’AMIENS. — CALENDRIER 




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PIGOUCHET. — HEURES A L’USAGE D’AMIENS. — CALENDRIER 



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PIGOUCHET. — HEURES A L’USAGE D’AMIENS. — CALENDRIER 






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ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET 



49 



Avec les spécimens suivants, on peut se faire une idée de rornementation 
qui a présidé à la confection des livres d’heures imprimés par Pigouchet 
pendant une dizaine d’années. Le style de l’illustration est différent de celui 
des Heures de Du Pré, de Vérard et des autres éditeurs de ces sortes de livres, 
qui ont copié plus ou moins habilement les mêmes figures. Il est un fait 
certain, c’est que les Heures de Pigouchet, exécutées pour Simon Vostre, 
ont fait de tout temps l’admiration des bibliophiles et des connaisseurs. Elles 
portent le cachet artistique de la vieille École française. « Le dessinateur, dit 
J. Renouvier, est entré d’emblée dans le plan de l’iconographie gothique; 
il place aux premières pages les représentations que le sculpteur mettait aux 
marches de l’église, sur les côtés du portail, et il ajoute de son gré des motifs 
plus familiers et plus gais, de petits sujets de mœurs dont la gentillesse nous 
touche d’autant plus que nous en voyons la tradition fidèlement observée 
par les campagnards et par les enfants 1 .» On n’a rien fait de semblable à 
l’étranger; c’est de l’art français par excellence. En tournant ces feuillets, on se 
croirait transporté sous les nefs de nos vieilles cathédrales gothiques. On sent 
vibrer, dans ces images de la vie du Christ, des Sacrements, des Signes de la 
fin du Monde et de la Danse macabre, la foi naïve et robuste de nos pères. 

Outre les bordures dont nous avons présenté des échantillons, la plupart 
des livres d’heures exécutés pour Simon Vostre dans la seconde manière de 
Pigouchet, en contiennent d’autres figurant la Danse macabre des Hommes et 
des Femmes . Le cycle complet de la Danse des Morts se compose de soixante- 
six sujets ; trente scènes sont contenues dans dix bordures pour la Danse des 
Hommes, et trente-six scènes en douze bordures pour la Danse des Femmes. 
Ce sont les mêmes personnages qui figurent dans la Danse macabre de Guy 
Marchant. Le dessinateur dispose adroitement ses couples dans un petit espace. 
Il drape la Mort d’un bout de linge, lui donne pour instruments le pic et la 
pelle, plutôt que la faux qui tiendrait trop de place, et il la fait grimacer 
comme un singe en présence d’un partenaire merveilleusement signalé par 
son costume. C’est un vif dialogue, une mimique piquante qu’ont, avec la 
Mort, le Bourgeois, l’Usurier, le Médecin, l’Enfant, la Reine, la Chambrière, 
la Mignote, la Femme de village, tous entraînés vers la danse finale. 

1 Des gravures sur bois dans les livres de Simon J. Renouvier, excellent juge en la matière, dont 

Vostre (p. 8), ouvrage cité. Nous avons emprunté nous adoptons toutes les théories, qui sont on ne 

plusieurs des idées émises dans ce chapitre, à peut plus justes. 

7 






11. 



PIGOUCHET. — HEURES A L’USAGE D’AMIENS 




Le Baiser de Judas . 



L’Ensevelissement de Jésus. 





PIGOUCHET. — LIVRES D’HEURES. — DANSE MACABRE DES FEMMES 










54 



HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE 



Philippe Pigouchet n’a pas fait que des livres d heures : il a édité des traites 
de théologie, des classiques latins et des livres de littérature française, tels que 
Le Blason des faidccs amours; Les Faintises du Monde ; Le Chasteau d amour ; Les Cent 
Histoires de Troye, de Christine de Pisan; Les Lunettes des Princes > de Meschmot, 
dont nous donnons ci-dessous le fac-similé, et bien d autres ouvrages. 




n ee funettes bce pnncee auec aucunes Bafabee 
et abb jetons nouettemët côpofeee g noBfeJom 
me Jefjat) mefcginof fBfcuiet: et) foi) Gluant 
géant mat/fre bjfaftef be fa &opne beÿtwnce 



GLaemençetapki 
£a pa/ïure SSLuetteï 

ISXuî pxeBfft* f cet factet 
£at te ne feap meiiïeut ttomet 
piînce 

f0ue 55euf$ Urt Je <Sous iuce 

giuopï élue te ccop 

£a Vierge pure 

que bteu ctea pour no 9 famée 

cat te nefeap metffeur ttomet 

finirent îee tanettee bee pitncee J mpztmeee 
abatte parpÇeftppe pigocÇet. $atj mit. ££££* 
quatre ^rngtj (T qutnje.ipout fpmot^ofïre £idiaite 
bemouranf erçfa rue neuuenoftre bame a fenfet'gne 
famcf 31 egat) feuangeftpe. 



Le caractère avec lequel Pigouchet a imprimé ce dernier livre est la petite 
bâtarde de Jean Du Pré (voir alphabet, t. I er , p. 243), dont il s’est servi pour 
des livres d’heures, et qu’il a employé de préférence pour les livres en français. 
Parmi ceux-ci, nous signalons tout particulièrement Le Chasteau de Labour ; de 
Pierre Gringoire, achevé le 3 1 décembre 1499, pour Simon Vostre, et qui 
finit par ce quatrain relatif à la chute du pont Notre-Dame : 

Le vendredi de devant la Toussaincts, 

Vingt et cinquiesme octobre du matin 
Mil cccc. nonante neuf, rien mains 
Le noble pont Nostre-Dame print fin. 



ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET ^ 

Ce volume petit in-octavo est illustré d’une façon remarquable. On y voit le 
combat des Vertus et des Vices, compositions empruntées aux livres d’heures 
de Simon Vostre. D’autres gravures, d’un excellent dessin, représentent des 
artisans travaillant de leur métier. Nous donnerons des fac-similés de ces 
gravures, au chapitre des éditeurs, à la fin de ce volume. 

Pigouchet s’est encore servi, pour les livres latins, d’une gothique compacte 
d’un œil très petit, de 6 points et demi, dont voici l’alphabet : 

a:scc TD'fzf&v 3 % 0 ^ <aacR© % ux 

abcbdefgbijklmnopqr:eftuvpY5 frfUTd 

âb 9 pôce 9 x§5 g U^I'l , ? r fj m 9 n n 9 ôi3g,pq4qq(}>(gq3f r< r 9 £ 

Hftlüu’frJ? { €L 

c ^st avec ccs caiactercs qu il a imprime les Flores beciti Bcniuydi : 



b eata maria vfrgine, 



ad^uilbelmü abbatemfancti tbeodor 
rici.£rroi eft büane métis non modo 
bonum putare malü i malum bonum 
aut verum falfü/etecôuerfo: fedettam 
certa recipere pzo bûbijs/bubia $ ce n 
tie.£jc tozta feu coacta licentia non eft 
licentia fedviolentia.tüuodcütç autes 
ita p lacet vt fi rec te fieri nô pofïït:pl3s 
ceat tamé fîeri.eo etias modo quo fas 
non efl nimiseft:acpert?oc quiaiam 
benenô fit:bonü noneft.Stultus bum 
nonloQuitunfapiêsputatur.nagmon 
loquiturnôrenfuainopia:f 5 bumilita; 
tis effe euftodia creditur. 3ndoctus fi 
prefumat bocere quod nefcit:nid?il i ru 
doctius agttur.ferués fpüs 'zvebemës 
befideriû :aperiri fola lingua non fuffi= 
cit ."Recta facerea inuttlemfe reputare 
apud paucos inuenitur./îon oms pa; 
cifiri qui bomefticimec omnes amici d 
videntur.ljabetvera amicicia nônü^? 
obiurgationëradulationé nim&%eui 9 
reozverecundia apud boies periclitari 
condênari apud beu filencioveri ta^ 
citumitate'z abfcôfïone iulticie. <&uid 
tuftius/quid iocüdius:vtquë repzebê 
dereintendis plus cômendes. vt pco= 
îtijspzocôuialsvtaris nefciusretvoî 
lens betral?ere laudes iuuitus.atego 
net indignisvifuperarionibus moueot 
nec idebitas recipio laudes ."Res plena 
equitatea laudebigna: vt be mëdacio 
nemo lucref. <üutd magie contra ratio 
nemcprationérationeconari tranfeen 
dere^t quid magis côtrafidé credere 
nolte quiccfd ratione n5 polïït attinge= 
rerXDalü fi ppzimas tuü: reputabitur 
hbiadiufticiâ.fialienu adgloziâ:nec 
flerilisverecûdia grata eft-.nec bumilù 
tas p^terveritatèlaudabilis. Huma- 
na temeritas audet repzebèdere qô mi 
aime côp:el?êdere valet: fie fe t?abent 
moîtaliû cozda: quod feim 9 cü necefTe 
non eft: in neceflïtate nefeimus. /Ji^i l 
eycipitur vbi biftinguif nicl?tl.gn alto 
non altü faperefed î?umiUb 9 côfentire: 
mlbeocanus:mlrartusapud botes, 
gntereft ad banda rerû certitudinê dd 
incerta iactet opinio-.quidcp opus eui 
densreddat indubitatü.Ciuod autein 



certiusptobamus: f?oc ïpiedkamue 
fecurius.Soli filfi ire nô fentiüt nec tri 
ftantur triftibus:fed Ictâturz eyultant 
in rebus pelTimis .tegi apud quende* 
fapientê.nô efivir foztis cui nô crefaê 
animus in ipfarenrç bifficultate.£go 
autem bico ftdeli bommi magis i inter 
flagella fldendû. tMj cozdiseft cedere 
impoztunitati-.que ad id quod opottet 
adducinô patitur. ilemo(vt aitbtüs 
ambîofiuslinuitusberte facitetiamfi 
bonum eft qôfacit: quia nil?il pzodeft 
fpiritus fimozisvbi nô eft fpüs canta: 
tis. /îô eft paru pericuUfciëtie furripi 
et jelum bozmirenllud ejeeufat ignozât 
tia:boc négligent! a inejxufabile facit. 
£go plagie côfciêtiemeenullû iudico 
accômodatiusmedicamentü p:ob:is 
etcôtumelijs.Supbisrefifterc'z bumt 
libus baregratiâ:familiareeftbormo, 
flon bebet efle par pena: vbi bifpar eft 
caufa.gnterbonos bonü eft efle faluté 
l?abet inter malos vero i laudé. 3 llud 
tante facilitatis efhquâte ifecuritatÇ. 
b,oc tante virf utis:quante % biffïcnlta; 
t is. i3ec nouü n ec mirum eft bumanu 3 
ammum:pofie fallivel falere.Cauem 
dum et bec et illud:quia vtrobuç péri 
culum. 



<Tbabes lectot fuauifiime mellii 
fluos biui Sernardt ftozes'.tnquibus 
optima queque ep operibuseius ftu* 
diofifiïme eycerpta retondûtur: ptnde 
fi omnia eius fanctifiimivin feripta bo 
na funt: l?ec optima eiïeequifiïmo iure 
biteris. 3mpzeffum eft autem pzefens 
opusfolertiopa t>bilippi pigouebeti 
3mpenfis vero cômunibus eiufdem et 
Smrâdi gerleri aime vniuerfitatis f>a 
rifiënffs libzanozum.anno fa lutta nos 
ftre.t o 99 ,ïij. calendas JDecêbzis. Sit 
omnipotenti gloiia. 



C5floiida melliflui Bernardi pzata 
peragrâs. 1?inc tibi nectareas collige 
lectotopes. 



Ce livre présente cette singularité, qu’il est daté de i opp au heu de 1499 
par suite d’une coquille typographique. 




5 6 HISTOIRE DE LTMPRIMERIE EN FRANCE 

Dans quelques-unes de ses impressions, Pigouchet, à I exemple de Guy 
Marchant et de la plupart de ses confrères, a inséré des planches ayant servi 
ailleurs. C est ainsi que dans le dialogue de Jean Gerson, De pafectione cordis, 
sans date, mais avec sa marque de Pigouchet, on retrouve, au verso du titie, 
la figure du prêtre à l’autel des Heures de Lyon. (Voir fac-similé, p. 2,4.) Une 
autre, placée à la fin, représente Louis XII tenant son fit de justice : 




Cette petite illustration n’a aucun rapport avec l’ouvrage de Gerson et n’est 
mise là que comme remplissage. 

Philippe Pigouchet fut un typographe des plus distingués, qui fait honneur 
au nom français. Il a travaillé non seulement pour Simon Vostre, mais aussi 
pour Enguilbert de Marnef, Toussaint de Montjay, Jean Petit, Durand Ger- 
lier, Jean Richard, et pour Pierre Régnault de Caen et Jacques Huguetan 
de Lyon. Son exercice s’est prolongé jusqu’en 1512 environ. 

Le local du Collège de Dainville, où il avait établi son imprimerie, faisait 
face à la rue des Mathurins. L’emplacement de l’atelier de Pigouchet formait 
le coin de l’ancienne rue de l’École-de-Médecine, qui a été démoli depuis 
pour livrer passage au boulevard Saint-Michel. La femme de Pigouchet se 
nommait Jeanne Du Pont ou Ponceau. Il eut d’elle deux filles : l’une fut 
mariée à Poncet Le Preux, libraire, rue Saint-Jacques, au Pot d’ Étain, près de 
la chapelle Saint-Yves; l’autre à Pierre Attaignant, qui succéda à son beau- 
père et fut le premier imprimeur spécial de musique à Paris. 



CHAPITRE XXII 

L’IMPRIMERIE À PARIS 



ATELIER DE PIERRE LE DRU 

(i 488-1 ^OO) 

Exercice de Pierre Le Dm plus ancien qu’on ne le supposait. — La première édition des G est a 

Francorum de Gaguin. — Autres impressions de Pierre Le Dm. — Les Stahilimenta Rhodi. — 

Association de Le Dru avec Étienne Jehannot. 

On 11e connaît pas de livres imprimés au nom de Pierre Le Dru avant 
1494-1495; cependant il est certain qu’ii était imprimeur dès 1488. La 
preuve en resuite d un document médit tiré du registre d’écrou du Châtelet. 
Le 25 octobre de cette année-là, il était appréhendé au corps et amené 
prisonnier par les sergents. Il fut arrêté et mis en prison sur la plainte d’un 
ouvrier tondeur de draps qu’il avait battu et blessé, à la tête d’une bande, 
près Saint-Innocent, trois mois auparavant. Dans la note qui le concerne, il 
est qualifié d’« imprimeur de livres», et son domicile est indiqué rue Saint- 
Jacques, près les Mathurins 

C’est là effectivement où nous trouvons Pierre Le Dru établi quelques 
années plus tard. 

H a dû, dans cet intervalle, imprimer des livres qui ne portent pas son 
nom et dont l’identification n’a pas encore été faite. 

1 « Samedy xxv octobre iiij c im* x et huit. — sieurs navreures et playes en sa personne le xxiii e jour 

Pierre Le Dru, imprimeur de livres, demourant de juillet derrain passé iiij c iin TX et huit, Iuy estant 

près les Mathurins en la rue S 1 Jacques, et Jehan à la place aux Chatz, près Saint Innocent, ledit 

Potier, varlet tondeur de draps , demourant en I’ostel Pierre accompaigné de xxv à xxvi de ses complices 

de maistre Guillaume de Cerisay, près les Augus- et allyés comme il dit jusques à ce qu il ait nomme 

tins, amenés prisonniers par Jehan Lallemant, Fou- sesdiz compaignons et ledit Jehan a la requeste 

quet Paris et Guillaume Mesnaige, sergents à verge. dudit Pierre, pour mettre le cas au vray et sur 

C’est assavoir ledit Pierre à la requeste dudit Jehan ce ester à droit. » (Archives nationales, Y 5 2 66 , 

pour ce qu’il est l’un de ceux qui lui ont fait plu- fol. 133 v°.) 



11. 




5 ^ 



HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



Pierre Le Dru était maître ès arts l . Son premier livre connu : Nyder; 
Consolatorium timomtœ conscientiœ, est daté du 3 1 janvier 1 495 ( n * st 0 * ^ ^im- 
primait le même ouvrage moins de trois mois après (le 2 4 avril) : 

CICantimtfecofolaHonetimozateflfcientfeüiptfTe 

fufffdat.B cufufmodl c5p(la«ortc ft qu(fq 5 quodfuu 
eft rcdpere vctlt md?il aut modlcu aufori manebtt. 

CT£Jcaratumqu<ppe efl »?oc opufculum ffîaritttiB 
per XDagiftroro i^etrum le 0m . 2Jtvw mUlelimo 
cccc.jccv.viceftmaquartaoie SpriUa* 

A la fin des Oppositiones Magistri Joannis Juvenis, petit in-quarto à deux 
colonnes, daté du 15 mai. Le Dru se qualifie déjà d’imprimeur très expéri- 
menté [impressor expertissimus). Le 3 1 septembre 1 4 5? 5 > d terminait hâtivement 
la première édition des Gesta Francomm , de Robert Gaguin : 

X)e origine et gefïia ffeweoîum 
CompenOtnm.- 

Sous ce titre on lit les vers suivants : 



Mb libmm fmimroberftg^ 

£uini€nmm. 



y .quo qutfqj fut bîfertoz et aura ‘SoraBit 
iorafuc cric foitc.bânaücxe foife.fcb omnt 
parte nicpiC tef onutt> eut not) odmutmmet egee 
^eutpet if) af tenue feftet ftuoi Çonote. 
jfyfo ti&t aimf ueîaubt f uxbaftet inertes 
£luoe pttue 0aub5$mcae/(p rubete ceflef afeffus; 
diminue ce comptue;aut Ser6t examine comte: 
^rc f ortie oinaBunt franco^ iffuftria teguirç 
& gcfïa et ‘Btrtue.fjie icmj bcfenfne aBifo, 



L’édition était pleine de fautes. Gaguin s’en plaignit amèrement dans une 
lettre à Laurent Bureau. Sa mauvaise étoile, dit -il, l’a conduit chez un 



1 Sur le registre de nominations aux bénéfices 
des maîtres ès arts de la Sorbonne, Le Dru est 
d’abord inscrit en 1 493 SOLls rectorat de Cor- 
neille de Delf, commencé au i er mars (2 e rôle) : 
«Le Dru. Petrus Le Dm in artibus magister se 
nommât ad collationem et omnimodam dïspositionem 
epïscopi et capïtuh Belvacensis tant coniimctim quant 



divisim . » — Sa seconde inscription est de 14^8 : 
« Le Dru. Petrus Le Dru in artibus magister se noini- 
nat ad collationem , dïspositionem , etc. , épis copi, decani 
et capituli Parisiensis tant conjunctim quant divisim. Item 
ad presentationem a b bâtis et conventus Sancti Maglorii 
Parisiensis ordinis Sancti Bénédictin tain conjunctim 
quant divisim . » (Archives de l’Université.) 



ATELIER DE PIERRE LE DRU 



59 



imprimeur [Ita evenit nt impressorem sinistro sydere adirer) funeste aux lettres [male 
de litteris merentem ) et tout à fait insouciant de ses intérêts et de sa réputation 
[et sui quidem commodi fameqne apprime incurium) 

A la fin de ce volume, de format in-folio, on lit les vers suivants : 

Pétri prela Drui mntatis sedibus urgent 
Querere nos vario tecta domosque solo . 

Ergo [dintiirno ne forte errore yagemnr) 

Delige qnem tecum precupis ire donnait. 

Les presses de Pierre Le Dru vont très prochainement changer de place. Nous 
chercherons un nouvel abri sur un autre sol et dans d’autres maisons. En consé- 
quence, pour ne pas te tromper à tout moment, choisis la maison où tu désires aller. 

Nous donnons ci-dessous le fac-similé de ce passage : 

CÆrôetempfoîettî «tfoqmttm 

peftî piefa biupCmutafie febiflue^igent 
te nos *5arto tecta bomofq 5 fofo. 

<£tgo(înuturno ne foi te ettoie ^agemut) 
i0c querç teewî) pxecupîe ùc bomurç . 

Voici l’alphabet des caractères qui ont servi a l’impression du texte : 

aBcbScfgÇt'ûfmnjiinopqrtef ? ffffft 

a P d?(ïïfï« qÿ? ç a* % 

Le 2 7 novembre i495> Le Dru imprimait le Modns legendi abreviaturas in 
ntroque jure : 

(£oî>u8legenî>im btroqj 
iure.ab tjis que olimtumîiitni 
nute/cumfupetflue in eopoft 
ta fuere:etactt(r(ma nupet Dit 
Ugenti aemenbatus. 

Le titre est exécuté avec une grosse gothique de i 4 points, la meme que 
celle des premières lignes de titre du Gaguin. 



Ri’berti Gaücjini eyisulæ , craùmes et carnmui; édition d A mit é Boc.ud, 149b, in [ 



fol. XLiiii. 



8 . 




6 o 



HISTOIRE DE LTMPRIMERIE EN FRANCE 



Le caractère du texte est exactement le même que celui dont Étienne 
Jehannot, qui fut l’associé de Le Dru, se servit à partir d octobre 1 4 9 5 • 
(Voir p. 241-243, et alphabet, p. 250.) 



Iftonus.U. 

giecmuia.ljejetffi. 

&ndccinw0.\n&ii(i 
SmodedmuB.ljrfif. 
f££t{unt fimuI.vti.c.UU. 

Cf Suterrticoçt fiuc nouellap conftttuttomim. 
Ç'q^rimacoUatio babctti.tü. 
ëxatnda.pl. 

ICertia.vii. 

0uarta.vltt- 
Ûàu wto.prfi{* 

&ejcta .jdiii. 

0eptima.tjc. 

0 ctmâ.%, 

IBona.jrtC 

C£tfurctftmul.;rcvtU 

C©ectmacollitfio.Sutettttco£fhie nouellaiijconf' 
tuttonum/autüber fiue vfue fcudop babct titulos 

l mi* 

Ç^nHiftitfonum 

» . .. ■ * —• “ILBccüdue.ttvt 



£jrpUdt lîbcUus bccene modfi fhidendi t \e$Zdi 
contentaacabb2ariatax>triufq3 turte tam canomri 
çpdullieùnfe ptinme tituloa fiue rubticas eiuCdem 
torts 'foarifiue <mp«flua per magtftrum^etrutrt 

le bm Srnto bfU2T.C££ir:..rcv.^vi{ t fiouembiîa 



Le Dru employait plus particulièrement ce caractère pour ses livres de 
petit format, comme la Dicta Salutis de saint Bonaventure, dont nous repro- 
duisons l’achevé d’imprimer daté du 30 septembre 1 45>7 : 



<t Sancti Bortauenture boctoHa ejeirnri be bfeta 
fatums vnacum tractatube refûrrectione bommie a 
peccato et pîeparattone adgrattamfratfatua emen? 
dâtue nupcr et recoçnitus . efî tabula Qaratiiïitne 
confecta feUâter finit. /\$arifiue impîdTue per magt 
(hum ^etmle&îu. Snrto bmïDiUefimo. ££tC£- 
jtcvü.&le vltimamenfla 0eptemb2is. 



Pierre Le Dru a travaillé pour l’éditeur Claude Jaumar, son voisin, qui 
demeurait alors rue Saint-Jacques, a 1 * Image Saint-Claude . 

Dans l’achevé d’imprimer de X Anthidotarius animanun , Le Dru dit que ce 
volume a été terminé [adimpletus] aux frais de ce marchand avisé [astuti mer- 
catoris ), le 15 novembre 1496. II donne en même temps l’adresse de son 
atelier, à l’enseigne du Cornet, près des Mathurins [in intersiguio Cornu prope 
Matunnos ), qu’il indique ailleurs «devant la maison de Clugny ». 

Le titre de X Anthidotarius anima, avec une figure du Christ en croix, est tiré 
entièrement en rouge ainsi que la bordure qui l’encadre. Le texte est disposé 



ATELIER DE PIERRE LE DRU 



6 1 



à deux colonnes. Le caractère nous a paru être copié exactement sur celui 
dont Pierre Levet se servait dans son second atelier de la Croix d’ Or, établi 
au faubourg de Saint-Germain-des-Prés. (Voir alphabet, t. I er , p. 447*) 



cîtum amoîem.nullambefide 
ret^folatlonem nullâ admit/ 
tat vrtcp Délectation* . milium 
ciiret f?onorej .millam ttmeat 
crudcltatem. €£BUa 
^v£reniiïima et tnclita ma* 
r^Dommi noflrî 3*fu dprifli 
XDaria que eundem creatot* 
omnium creatura? i tuo facra 
tüïtmo vtero Olgnafutfti pot/ 
tarecuiua veracilïimumcottf 
pua etfâguinëfïïpfi.Bd Ipro 
jp meintercedereoignare vt 
quicquid in eiua meffabiUfa# 
cri fia o ignozamcr négligent 
aut accidentalüer omtfi ml* 
d?i Digne* tuta fanais piecb 
bus indulgere i me ad virant 
e ternam perducere . cStul cum 
Deopatrivtult. 

C «0f o oe fancto rocfoo côtra 
motbomepiditnie oicenda. 

0 & qui es gloitofuslglo 
riafancroç.et ornais ad 
eotum patrodnia côfugiétib* 
f ue pettttonla falutar i pzeflae 
cffectu.?cede plepi tue vt infcc 
d&ebeatorocfro côfeflbïetuo 
quel ri* celebtltatefe Dénota 
Œbibet.alanguote epldtmle 
quamlfuoeoîpoîe,ptui nota 
glotta pafliis iUt libéra i tuo 
not (emcfitDeuota.'rtberDftj 



CpKtti 

C^'Hnimarumjtpi ftdelium. 
ButbidotariG falutiferfi quo 
tegrotantes adoptatamfani 
maté refhrui .et fane (n ipfa 
fanitate coferuarf valeât . I?ic 
fine fumpfilTe cernés olector 
Deuotliïime Oeo cûcti potéti cît 
fuie côregnatibua gras âge. 
BctCqî DiUgêti adt?ibtta et :a 
mfnatfone ipenflsafhiti mer 
catotls Claudtt 3Jaumar in 
intertigniocoinn ptope mafu 
rfnos vbl adimpletus fuit. 
Bnno Oomlniceincarnafiôis 
XD.cccc.jrcvi.jrv. vero Die me 
fisTHouembtia. 



€f 31 te liber qui Bntfoidota* 
rfue animarum oldmr fuma 
ntopere emendatus atqs oUl* 
pîecedittb 9 mutto cotrectio: 
3mp:dTus partffus per magi 
flrum ^trûle ©tu p Claur* 
dio ^aumarcômoianti tnvb 
co fanctt Jacobl ad intçrflü 
gniû fanctitClaudii piopema 
wrtnoe. 



Le Dru a imprimé pour Durand Gerlier, libraire juré de l’Université de 
Paris, le traité des Insolubilia de Pierre d’Ailly. 

Le titre est en grosse gothique, comme dans le Modiis legendi in utroque jure 
et autres livres : 



©eqnSturef coticepfuset 
ittf olubdtaacuftfftmi tntçrpte 
tisOeftibealyaco tcutlibjm 
f cientiamm fafïtgttim fifectu 
vo abmoôum accômo baf a/ttu* 
perq$ fumma cumbtgilanfia 
cafïigata. 



A la fin, on dit que l’ouvrage fut terminé et achevé ( absolutum peraciumque) 
par l’œuvre et l’industrie ( opéra industriaque) de Pierre Le Dru, maître ès arts 
libéraux et maître très diligent dans l’art d’impression ( artium libcralium et artis 
impressorie diligentissimi magistri). 

Le correcteur est ensuite nomme, cest Claude Clerard, maître es arts, qui 



6 z 



HISTOIRE DE LTMPRIMERIE EN FRANCE 



a prodigué sa sueur en corrigeant ce livre avec le plus grand soin [nuper alitent 
insudatione Claudii Clerardi artium magistn accuratissime emendatum). 



€£Sbfolutum/eacmmq5«tfât fa* 

opufculum ; tamfrnipUcmm termf * 
noium: varlts modia adinukem 

conncjtowiîi notloné mlrüimmodü 
z argotam z fubtüem/moduqj qoeri 
dam folucndarum/quaa poftert in* 
folubttea vocanc/p2opo(ltionu$ : pû 
ma f route olffldUmumîarreetfa ta* 
men Interloîum fenluum aurlbua fe 
fepzebentem in pzimis eaptu facile: 
complcctêa: opéra induftriane 
tri le bjtt % artium Uberaüuj z artie 
<mp:eiïo:ie oillgenffflïml maglflri: 
impenfle vero ^urandi gerlertiaU 
me pariüom^acbademieiuratibt* 
bliopole : nuper autem infudatione 
claudii £lerardi artium magtftri 
accuratiflîme emendatum. 



Le Dru imprimait encore beaucoup d’autres livres à l’usage des étudiants, 
ainsi que des traités de théologie. 

Nous lui attribuons l’impression des Stabilimenta Rhodi , volume in-folio 
dont la première page est ornée d’une bordure historiée et à la fin duquel 
on trouve les initiales P L que Brunet, l’auteur du Manuel du Libraire , croit 
être celles de Pierre Levet. 

De son côté, M. Monceaux attribue cette impression à Pierre Le Rouge. 
II fait erreur. Les caractères de ce volume ont, en effet, une très grande 
ressemblance avec ceux des Expositions des Evangiles , imprimées à Chablis par 
Guillaume Le Rouge, en 1 489, types qui ont été employés par Pierre 
Le Rouge pour l’impression du Missel de Tout, à Paris, en 1493 (n. st.); 
mais, vérification faite, ce ne sont pas les memes. (Voir t. I er , p. 48 5.) 

Les caractères des Stabilimenta Rhodi sont identiques aux fontes que Pierre 
Le Dru employa pour les titres de plusieurs de ses livres que nous avons 
reproduits ci-dessus (p. 58, 59 et 6 1). Les mêmes caractères se retrouvent 
à Provins et ont servi à composer La Réglé des Marchons, premier livre connu 
comme étant imprimé dans cette ville par Guillaume Tavernier, à la date du 
i cr octobre 1 49G 

Le volume des Stabilimenta Rhodi est sans date, mais nous avons des élé- 
ments suffisants pour le circonscrire dans des limites assez étroites. Les Statuts 
des chevaliers de Rhodes, rédigés d’abord dans la langue latine en 148^ à 
Rhodes même, furent ensuite traduits en français et confirmés par une bulle 
papale donnée à Rome le 4 juillet 1492. Iis furent, en dernier lieu, pro- 
mulgués par le grand maître de Rhodes, Pierre d’Aubusson , le 5 août 1493. 




ATELIER DE PIERRE LE DRU 



63 



Ce n'est donc qu’en 1 4 p 4 au plus tôt ou en 1 495 qu’ils ont pu être imprimés 
à Paris. A ce moment, Pierre Le Rouge avait cessé d’imprimer depuis deux 
ans, et Guillaume Tavernier n’était pas encore en possession du caractère. 



(t <8ïoîbium inbolnmen fïabilimétoî^îRpo bi ozîi miti 
tS facrioîbinia pofpifalis fâriitopânia iperofolimifam. 



îRafetpefma baubuffonmiferafione Diny 
na facto fancfe romane ecclefte fancti abzia 
ni biaconna carbinaliaac facte bom* |>ofpi 
talia fanctivotjânia iperofolimitani magi^ 

fïer twnulis pauperüq} ipefu cpzifïicufïoa 

<&t noa ba iuliut ptiozea pzecepf otea et ftafrea capitnlu* 
generale celebzanf ca iorouer fia et fingulia benerabiltb? 
bailmia pxioubua preceptozib? et fratnb? ozbutia nofïri 
bbilibet cbfütütie pzefentibua et fufuria ^alufé et bere 
beatitubinia affequntioné due ponotem bei becuaozbtV 
Inia et birectionem reltgi ofozü nofïroîü côcemere btgtto^ 
Ifcunfur becentifTtmû cenf en bebet cômumcari et ab noti 
ciambebuceretoerûquiabariiabernaculialingttiacômi! 
lifonea nofïri # genitalta f olimote btunturnec latine fa 
miliarea epifïuntbenrçmiliciepîo cpîifïinomine fancto 
etercitio intéti funt ^eceffum fuitbolumen fïabilimew 
totûlinguaiatinaebitüinbemaculamlinguâbertetein 
quoip interpzetatione nii biff onü bariû et mut atn epifïit 
febep oziginalib 9 apofïolicta litteria berapetfifïente feu 
tenfia funtpfu et collattonatü bt qnilibet particepa legu 
munictpaliü et confuefubinü efficiatut Jitubeât igitur 
ftàtice nofïri pis bti i recta biam amplecti $ofum itaq* 
r eriepîefentiûauctoiitatecaptfuIarifunctrfacimuaqua 
iter puiufmobi fïabilimentoç.bolunten in gallicanâ Un 
quant berfnm et apofîolicta Utteria fumpfütper nofïtû 




64 



HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



Les compartiments de la première page et les autres bordures historiées 
appartiennent au matériel d’illustration de Guy Marchant. On les retrouve 
en partie dans le Compost et Kalendrier des Bergiers et dans le Compost et Kalen- 
drier des Bergères de cet imprimeur, auquel Pierre Le Dru les avait empruntes. 

La capitale I ornée sur fond noir, placée horizontalement au bas de la 
bordure, appartient à Jean Tréperel, imprimeur sur le pont Notre-Dame, 
à B Image Saint-Laurent , qui l’employa dans le livre de La Science de bien mourir , 
par Jean Gerson, imprimé le 21 juillet 14^5, et dans d’autres ouvrages. 

La bordure de gauche et celle de tête, qui est placée verticalement, sont 
tirées d’un livre d’heures au nom de Vérard. 

L’existence de ces bois étant ainsi constatée à cette époque, nous attri- 
buerons l’impression des Stabilimenta Rhodi à Pierre Le Dru, de préférence 
à l’imprimeur provinois Guillaume Tavernier, qui s’est servi, il est vrai, des 
mêmes caractères, mais dont les initiales ne correspondent pas à celles pla- 
cées à la fin du volume et qui s’appliquent plutôt à Pierre Le Dru. 

Après avoir travaillé d’abord seul, Pierre Le Dru s’est associé avec Étienne 
Jehan not, maître ès arts comme lui. 

Ils ont imprimé ensemble le livre suivant, dont nous reproduisons le titre. 
On reconnaîtra encore dans ce fac-similé les caractères des Stabilimenta : 

|Deriucwn&u$(muemim quoq* my 
mmtmobftùemulcée atoa)l ibell 9 quë 
5Jugaram majrirmam îmitis&letm 
ôer intitulât ^mjpffns pariût opéra ep 
actiŒmaqj; DiliQUiaMeppmiiepm 
not et pétri le D m art magtô# et tn 

çilmtittimoipmp((o%.pmcfi paruo 
numnrifmatecôparate cupio Demies 
inbico fctfjacobi tepeties f Domo qbiî 
ante tnatpttrinoa ftta wtfa carmficej 
fam(fimaa(pwmaito jp cotge) carnes 
beDentem 




adressa au sujet de 1 incorrection et de la négligence avec laquelle il avait 
imprimé son dernier ouvrage, car il a soin de mettre, à la fin du Libellas Nu- 
garum, que lui et son associé sont des imprimeurs très vigilants (vigilantissimi 
impressores ), c’est-à-dire attentifs à la correction de leurs livres. 




ATELIER DE PIERRE LE DRU 65 

Nous attribuons aux presses de Pierre Le Dru la Complainte très piteuse sur la 
mort de Charles VIII; le caractère a quelques lettres capitales mélangées : 

Æompiai'nfe ftefptfeufe de dame De dois iepotf gtiefueméf me copiante 

cbielltenf e fut la tnozf du f europ Jûatpleuts g plats et g lartttce me platdie 

(parles pmliefme. <£riet gémir et faire gtatts regret y 

53e dots ie potf mô cueur adeul confrafdîe 
513 e dots te pott mô pif eur cueur éptatote 
Oesgransfoutptrspotgnâs tftefaigre* 
j®nc il np eut entre frotens et gtec^ 

J>t granf douleur que celle quete pozte 
Æasap ietoîttiieme defconfotfe. 

4>t te lamente me deue^dous blafmer 
SDefotf gémir mes enfans tous enpotfe. 
<fi:ar laitance des creftiens ettmotfe 
Ea faulfe mozf la fait r otde pafmcr. 

36 elle flora ce piemier tour de map 
Clue^eppirus fa donne le beau map. 
«Sfquondeuoif faire ioieufe cpere. 
5î3ousauons eu poutdiefte cpanf ou lap 
jèemtlTemenf tant declerc que delap. 
<£ 5 tbas de nou s fefonf tire? arriéré 
5CJousauonsbeu la cottfriffablebiete 
Ourepofele cozps denottrerop 
5 D 0 U 8 auons beu le pifettp defarrop 
€1 ue mozf a fait en ce pats de ftance. 

La figure du catafalque, entouré de prêtres et de pleureuses, est empruntée 
aux Heures royales publiées par Vérard le 20 août 1 4 p°- 

Voici l’alphabet régulier du gros caractère de Le Dru, moins la capitale B, 
qui manquait dans le volume d’ou nous avons tiré cet alphabet : 

03 515 OJOCîRJjC tojt 
abcdcfgbililmnopqnsftubppj ffffjl . '/ / 
8b 9 pfttfl 9 mm 9 nn 9 Ôo 9 p,pçqqq>q*r£t ït 9 u & 

Le Dru n’a pas imprimé, que nous sachions, de livres illustrés à son nom 
avant son association avec Étienne Jehannot. On voit cependant, en tête de 
la plupart des livres de théologie que ce dernier imprimait pour le libraire 
Jaumar, la figure du Christ en croix que nous reproduisons page 242. 

h. 9 




îriUMERLE NATIONALE. 





66 



HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



Dans le traité de Pierre d’Ailly, De duodecim honoribiis Sancti Joseph , sorti 
des presses de Le Dru, se trouvent de petites gravures sur bois 1 . On y 
remarque, entre autres, une Adoration dans la Creche de Bethléem , représentée 
en plusieurs compartiments". Cette planche est tirée des Heures royales impri- 
mées pour Antoine Vérard. On la retrouve dans les Heures de Nostre Dame, 
en vers, que nous attribuons à Jehannot. 




Pierre Le Dru a continué d’imprimer après Étienne Jehannot en 1498, 
et son exercice s’est prolongé dans le xvi e siècle. Quelques livres français 
portent son nom, entre autres Le Mistere dn Viel Testament par personnages, 
avec figures sur bois, qu’il a imprimé pour Geoffroi de Marnef vers 1500. 

Pour plus de détails sur les illustrations de ' Elle est tout à fait dans le style de la planche 
cet opuscule, qui n’a que i 6 feuillets, consulter le de la Fuite en Égypte des Heures à la marque de 

Catalogue des incunables de Besançon, par A. Castàn, Caillaut, que nous avons reproduite (t. I er , p. 3 1 7), 

(n° 45 » P- 303 0 » ouvra g e cité. et paraît être de la même main. 




CHAPITRE XXIII 

L’IMPRIMERIE À PARIS 



ATELIER DE WOLFGANG HOPYL 

(1489-1 500) 

Les débuts de Wolfgang Hopyl. — II change de demeure. — Son association avec Jean Higman. 

— Soins méticuleux de correction apportés à ses éditions. — Le Missel d’Utrecht. — La 

marque d'Hopyi. 

Wolfgang Hopyl, originaire de la Haye, au diocèse d’Utrecht, ou des envi- 
rons, s’établit à Paris en 1489, rue Saint-Jacques, a T Image Sainte-Barbe. Le 
premier livre de cet imprimeur est un commentaire latin de Jean Buridan sur 
la Morale et la Politique d’Aristote, qu’il imprima en deux parties in-folio, le 
i 4 juillet 148p. Voici le titre de son second livre : 

TRACTATVS CONSEQVENTI A R VM 
MAGISTRI MARTINI MAGISTRI. 

Hopyl se servit d’abord du petit romain de Gering, comme on le voit dans 
ce fac-similé de la fin du Tractants Consequentiamm de Martin Le Maître : 

A d fextâ 1 cofir atÔ3 & fr Ad 
vii.negaf ans. Ad.pbattonë dr 
q> eft,pp6 copulatia. Ad,pbatio 
né dr q> I3 in cathegoricis requ i 
raf idctitas copule total non tn 
inipothcticis.Ethec dcqftione 

Finis 

Impreirû eft hoc opufculû in ce 
leberrimavrbe Parif invico Ici 
facobi ad interfignid fcé barba 
re pervuolfgangd hopiïl. 

Anno M.CCCCLXXXIX 

Une fonte de ce caractère était entre les mains de son confrère Jean 
Higman (voir t. I", p. 407), avec lequel il s’associa par la suite et auquel il 
avait pu l’emprunter. 



9 - 




68 



HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE 



Le 26 mai i 45 ?°> Hopyl imprime encore, à l’adresse de 1 * Image Sainte- 
Barbe, l’ouvrage de Gui Jouveneau sur les élégances de la langue latine 
( Gaidonis Juvenalis in latin eu linguœ elegantias interprétatif dilucida ), in-quarto. 

En octobre 1490, nous le trouvons installé dans une maison beaucoup plus 
vaste, derrière la Sorbonne, la maison du Tresteau et de l’ymaige Sainct Georges, 
en face de 1 * liostel de l’ Estoile. II employa ensuite des caractères gothiques 1 qui 
sont les memes que ceux de Jean Higman. (Voir t. I tr , p. 4 °p - 4 IO 0 

Il avait un plus petit caractère gothique de 8 points dont il se servait soit 
isolément, soit concurremment avec le premier, comme dans le Textus abre- 
viatus Aristotelis du professeur Bricot, et dont voici le spécimen : 

a m s % ? z 

abcoefgl?ij lil mnop qrîfs tu vn3 
ffflfTft ( ) a b 9 ? c* p é e 9 £ * » t> 9 cî ê gj B ï i 9 F ni fi 
ô m* ç $ ç # p’ q § q? § ? ? tf f i ï ti &] . t * G 

Il a fait encore usage d’un caractère de 1 1 points dans lequel sont intercalées 
trois capitales romaines, et qu’il employa même dans le petit in-quarto, comme 
dans le Mercurii Trismegisti Liber, daté du 3 1 juillet 1 4<?4 ? en voici l’alphabet : 

aBCCB£f 0 B *3 I 7L Æ IR <0 M 

S £ B V 

abcdt>efgbijhlmnopqr:f0tuvjc?5 

. : / * ( ) i C 

Hopyl réimprimait la traduction latine de cet ouvrage, par Marsile Ficin, 
publiée auparavant à Florence. 

Ces caractères, mélangés avec deux ou trois les Libri Remimdï pii eremitœ. (Voir t. I er , p. 4oi .) 
sortes ajoutées aux capitales A et C, se retrouvent La fonte était passée entre les mains de ce dernier 
chez Guy Marchant qui s’en sert pour imprimer après la mort de Jean Higman. 




ATELIER DE WOLFGANG HOPYL 69 



Le titre est suivi 
son livre : 



d’un appel aux acheteurs, dans lecpiel l’imprimeur vante 



Cdbercurq Crtfmegtfti TLibcr oc ibote 
date et Sapicntta Bei:'jË>er übarftlium 
f tcmum traductuotao Cofrnû Abcdicê 



cCu quicuq5 es/qut bec legi0;fiue ©râmaticus: 
ft uc 0*ator.feuibbdofopbu0:aut Cbeologue: fct 
to.^Ibercurtuo Itrifmegiftif fum : quem ftogulart 
mea Doctrinal tbeotogtca:£gyptiï puuezJôarba 
rümojc Cbafttam antiqut tbeologiangenti ftupo^e 
àttoiuti/adrmratt fuot.e&uare ft me emee/t legeo : 
boc ttbt erit commodt : q> paruo erc comparatif : 
fumma te legentem voluptate/'Wüttate afftetam. 
Cum mca Ooctrtna cutcuttq^ aut medtomter erudi 
to:aut oocttflïmo placeat/jbarce oto:ftvcrum rn'ce 
rc non pudet/nec pigetXege modo me: % fatcberc 
non mcntitum:f zo ü femel legco:rurfum relcgea:ct 
cctcris confulcsmt me emant/et legatJôencHalc 



Voici l’achevé d’imprimer avec la nouvelle adresse de Wolfgang Hopyl : 

c^mpteflum m almaTjbariftop acadcmta:anno Cba 
fttptj faluatoîf/regeneratottfq} noftri.mxccc.xcuq. 
padte kaf.auguftt:Impîe(fozc vuolffgâgo bopfl m pa 
go duu Iacobi % apuo inftgnc fanctî iSco^gif 



On cite encore, pour 1495 , les Synonirna de Jean de Garlande et le Liber 
Festivalis , faits tous deux pour Nicolas Le Comte, libraire français établi à 
Londres, devant le cimetière de l’église Saint-Paul. Le 1 o janvier \/\<y 6 (n. st.) , 
Hopyl publie un Traité sur la confession, de son compatriote Wilhelm de Wert : 

ti&uatuioz pcccata clamanna anreocum pzovtooicta. 

fjomtrioium peccarum contra naruram 

(Oamitat in cdtevojc fanguiniatct fooomo:um 

pauperum a potentfbus oppteflotum quanoo labo:gntlb*non folutf 

^lojc oppacflàzumimercco oetenta labotum 
douent funtpcccam aüena. 

lubere altfsvt ©are conflits oltert ©are côfefum altert 
tnalafaciant vtoamnû inférât a© malefacicnofî 

5u(Tto confilmm confcnfue 

lauoare raptozem bofpitare furee aut maleficoe 

vet altû peccatozë etoefenoere eos 

lp>alpo rccurfua 

babere partent ©e oolofefructûvel non refïltèqul&o line 

bonis ablatis raptnâfacere pertculo facerepoflet 

•jMrtiripans mutu0 non obftan* 

non reulare et manlfettare rem ablataro quanoo etvbl poflet 
■Bon mamfcftano. 



CT$**fcns opnfcnlü feclioe tabule port nanfragifi iCÔfelïïôlo pu ta 
luce darl 9 rrpltcatiufi tam pfelïotl <p pfirCti fum ope neceffarifrmiti 
iCômêto et ©me legis canonlb 9 a rtiffro ôutUermo ©evuert ot©lnatif 
lime côpllato.#artfto?lnScaoemtainvlco fanai 3acobt a© Interfi 
gneolui dbeozgtf permeOuolfgangû Ipopyl ©tUgêtlflïmc(©#sbene 
iuuâtibus)impfftonefimtü eft . Snno fatutts.jccv.fupw mlUeltmum 
quaoiingcnrefirount quarto tous Januartas. 




7 ° 



HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



En juillet 1496, Hopyl s’associe avec Jean Higman, et ils impriment 
ensemble (voir t. I er , p. 408-411) des ouvrages de philosophie, de mathé- 
matiques, de théologie, des missels et autres livres latins auxquels ils donnent 
des soins de correction tout particuliers. Hopyl avait pour principe que l’on 
vient à bout des plus grands travaux non par la force, la précipitation et la 
vitesse matérielles, mais par la réflexion, la sagesse et l’énergie [non yiribus 
aut yelocitatibiis aut celeritate corpomm res magna* gennitnr , scd consilio , sententia et 
auctoritate ). 

En 1 496 et j 4975 il avait pour correcteur un Ecossais, David Laux, 
d’Édimbourg, qui est nommé à la fin de deux livres sortis de ses presses : 

Clfeae cuae Æluaoriutf partes et artimn Uberaltum pzedpuae at<p bucee cum qulbufoam am inb 
culartfe aoiectie:eurarunt vna fozmulie emenbadlTime manpart aP ftuPtpîum vtttttatem ^cannes 
IDîgmanue/et Uolgançue IfcopÜius fufe grauifTïmf 0 labozlbus ? impenfie l£arl?ifï/ Snno falufte 
pominUquioïamnumeroatqjbarmoruafozmauft 1495 abfolufücprePPiPerunteoPem annoîbie 
vlceWmafecunPa?ullft fuoe labozee vbicuntç valebun t femper ftubtofte Petiouentea,£t ipcm quocp 
facit ^a«iPjlauxfiîs®zFtannu0£pmbur0enft8:vb^ejcard?dFpoPiU0en0opert0reco0nito?. 



Lucas Vautier de Conti, Guillaume Gontier, Jean Grietan et Pierre Grisele 
avaient auparavant été ses correcteurs. 

Un des principaux labeurs produits par Hopyl est un Missel de l’Eglise 
d’Utrecht, qu’il avait fait exécuter par Jean Higman dans son atelier de 
/’ Image Suint-Georges. L’impression en fut achevée le 30 novembre 1497 : 

C-^Uufquis in fjoc preffo/Diiiù 
na Polumme tractas 

btrectojte te rogo ifttDe près 

C Cnrauit libenfer qita Paluit 
btligêfia : PPolffgâgus boptlt? 
eyPtctafo ejcêplari bocopusreû 
berecattigafn : marte amo?e pa 
trtepmotus. UmprdTû îbartft; 
inpago Dtut Hacobi/ ab inftgne 
Cet geo?gtj per toijânê btgmanü 
Hnno t)fufl0.cccc.rrbi/.p?itiie 
&F.becemb?is. 



Hopyl en a fait entièrement les frais par amour de son pays natal ( maxime 
amore patrie vromotus), ainsi qu’il le déclare. La part prise par son associé 
Higman dans l’exécution du livre est mentionnée à la fin, ainsi que les 
soins apportés à la correction du texte, qui a été établi avec toute la diligence 



ATELIER DE WOLFGANG HOPYL 



7 1 



possible et debarrassé des fautes de l’original, grâce à la libéralité d’Hopyl 
( curavit libenter qua yaluit diligentia Wolfgangiis Hopilius ex viciato exemplari hoc opus 
reddere castigatum ) . 



C^ttale infigntsecriefie ^taiertêfistopftmis eatarteribus 
(Ptpatet)eicarattt/l)oct)nocctecae]CCclUt:(pofiSrfa que in cete= 
risfolaannotattone catep ob boc nô fmemagno plerücp in t%- 
quirêbo laboze) befignata font: tn eo ab plénum befertb Stuc* 
abtunctisipriusecclefie côttitutionibus atcpcôfoetubinibus: 
fingulifep fettiuitatib? cum fuis p?ofiscetft abecâf ) abiectis/ac 
fuu ab locâaj)pofitis:$ titulisinumerisiet mêfibuscôciliatisi 
btfemp ab cofttmlesnumecosinumeruscôfimtlisrefpôbeaf: 
btfacilecelefoarebolêtibusfingttlaoccureât.îSDeemenbatio* 
nebero ac impjeCTione/alüs iubtcanbu berelinquo: ib bnû ta- 
menrogo / ne ipfum opus bânent : nifi pRus fingula biligétec 
infpiciât/antea g? iubicenf : £â nil tam refonu cui non obmuc 
muret egec.femper in alteriusfelici lwo?bono?e. 




Ditticboti 

filui bucts bultus et nô bibes ilia libêfec 
fi) mnibus inuibeas liuibememo tibi 

Le Missel d’Utrecht, dont nous venons de reproduire le titre, est un fort 
beau livre imprimé en rouge et noir. 




7 2 



HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



Les caractères de ce Missel ne sont point les memes que ceux des autres 
missels imprimés par Higman, comme on serait tenté de le croire. Le carac- 
tère de Higman est celui de l’imprimeur Guillaume Maynial, qui a exercé à 
Paris de 1487 à 1490. (Voir p. 4 -) Le gros caractère de 14 points employé 
par Hopyl était une fonte neuve qui lui appartenait en propre et dont voici 
l’alphabet : 

abcûefgl)ï)blmnopqrî0ftw\)]cpj 

Les types en sont exactement copiés sur ceux du Psalterium ad usinn Pari- 
siensem de 1494-1495, imprimé par Ulrich Gering et Berthold Renbolt. 
(Voir fac-similés, t. I er , p. 100- 102.) La forme des lettres est la même. Il y a 
cependant de très légères différences de détail qui les distinguent; ainsi 
la capitale D a deux petites barres longitudinales à l’intérieur dans l’alphabet 
de Hopyl, tandis qu’il n’y en a qu’une dans la lettre de Gering et Renbolt, 
qui a en plus deux autres barres transversales, lesquelles n’existent pas chez 
Hopyl. Dans le Psautier de Paris imprimé au Soleil d’ Or de la rue de la 
Sorbonne, la queue de la capitale M se termine par un petit crochet que 
l’on ne voit pas dans le Missel d’Utrecht. La lettre T majuscule n’est pas tout 
à fait la même pour les deux alphabets. II y a encore d’autres nuances presque 
imperceptibles dans d’autres lettres et dans les signes abréviatifs que nous ne 
signalons pas ici. Nous donnons l’alphabet du petit caractère de 1 2 points 
de ce Missel : 

Z 28 £ & Æ 31 B # rn K rc m 
abc&efçtyijlmnopqnôftut)*?? ff ffflu: i * I 
âb^Ô ée 9 $u* P mm 9 nn 9 5 pj) p $ 4 # $ q? t ? ifü JS 

Wolfgang Hopyl n’a pas imprimé de livres français, que nous sachions. 
Il a édité des livres en langue flamande, dont des Heures de la Vierge , petit 
in-quarto, et une traduction de La Légende dorée de Jacques de Voragine, dans 



ATELIER DE WOLFGANG HOPYL 



73 



le format in-folio. Pour l’illustration de ce dernier livre, Hopyl emprunta la 
grande planche de la Cour céleste, avec tous les saints du Paradis, qui avait 
paru pour la première fois dans U Ordinayre des Cres tiens, imprimé par le Petit 
Laurens. (Voir fac-similé, p. i 1 c>.) Les Heures flamandes, achevées d’imprimer 
le 10 septembre 1500, après que Higman eut cessé sa collaboration avec 
Hopyl, sont composées avec les caractères du Missel d’Utrecht, auxquels fut 
ajouté le W de l’alphabet flamand, inusité dans le latin : 



C SOefc gljettiüen ftfn çtjep?ent te 
fat (aer otis beren Ô0 .ccccc* 
<£beepnt>t jc*tmcl)bâ â>eptêbeth 
i^oppl 

Wccft tyoltcb Mbî laitue leuett 
iecft U)cltbtlt>i altttt tyo lie ibefert 



Un exemplaire enluminé de ce livre imprimé sur vélin fait partie des col- 
lections de la Bibliothèque nationale à Paris. Les figures qu’on voit en tête 
des Offices paraissent être les mêmes que celles des Heures imprimées par 
Gering et Renbolt en 1 499 (n. st.). 

Il n’y a point de bordures historiées, mais une simple bande un peu large 
sur le côté de la marge extérieure, avec des ornements très simples sur 
fond noir. 

La Nef des Fol en flamand, sortie des presses de Guy Marchant le 
6 juin 1500 (voir t. I er , p. 402,-404), ci passé jusqu’à présent pour le pre- 
mier livre composé dans cette langue à Paris. 

M. Proctor vient de découvrir des Heures de la Vierge, en flamand, que 
nous 11e connaissions pas, exécutées en 1497 par Higman. La Nef des Fol \ 
n’occupe plus alors que le second rang, et les Heures imprimées par Hopyl, 
le troisième. 

M. Henri Stein a consacré à l’imprimeur Hopyl une fort intéressante 
monographie, à laquelle nous renvoyons le lecteur 1 . 

Wolfgang Hopyl s’est servi de la marque dont nous donnons ci -après le 
fac-similé. Dans l’écusson, que soutiennent deux dogues à oreilles courtes, 
au-dessus d’un tronc d’arbre coupé, on voit à droite la cigogne figurant 
dans les armoiries de la ville de la Haye et rappelant le lieu de naissance de 

1 Henri Stein, L’atelier typographique de Wolfgang Hopyl a Paris; Fontainebleau, E. Bourges, impri- 
meur, février 1891; in - 4 ° de 30 pages. Tiré à 100 exemplaires non mis dans le commerce. 



SATtOXÀLK» 




7 4 HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 

l’imprimeur 1 . Son monogramme se trouve à gauche. La bordure renferme 
ces deux devises : Minière vivit amor. Celât sua furta Venus : 




L’atelier de Hopyl était en pleine activité à la fin du xv e siècle et con- 
tinua de fonctionner jusque dans le premier quart du xvi e . Les relations de 
cet imprimeur étaient surtout fréquentes avec les libraires étrangers, auprès 
desquels il s’était fait une réputation pour l’impression des missels. 



1 La Haye a dépendu du diocèse d’Utrecht 
jusqu’en i 584. La cigogne se voit souvent sur les 
plats dorés de reliures en vélin des éditions de clas- 
siques latins, cum notis Variorum, donnés en prix dans 
les écoles hollandaises aux xvn e et xvm e siècles. 
La cigogne est encore indiquée dans l’armorial 
d’Ablaing comme figurant sur l’écusson d’une petite 
localité nommée Zwaag, dans la Hollande du Nord. 



2 La première de ces devises est empruntée à 
TihuIIe : Celari vult sua furta Venus (livre I , élégie 2 , 
vers 36). — Un autre poète a dit : Minier e vivit 
amor. — Jean de La Caille, dans son Histoire de 
l’Imprimerie, p .65, ouvrage cité, a mal lu les mots 
inscrits dans la bordure et donne le texte suivant : 
Sua aurita Venus minière vivit; amor cælat , qui est 
inintelligible. 




CHAPITRE XXIV 

L’IMPRIMERIE À PARIS 



ATELIER DE PIERRE LE CARON 
(1489-1 500) 

Premiers livres imprimés par Le Caron. — Ses changements successifs d’adresses et de marques. 
Ses publications populaires. — Sa veuve lui succède. 

Pierre Le Caron a imprimé, en 1489, Les Fais Maistre Alain Chartier, notaire 
et secrétaire du Roy Charles VI‘. Le titre, reproduit ci-dessous, débute par une 
grande initiale historiée, remarquable par son originalité : 





7 6 



HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



La lettre L est formée de traits de plume à boucles de calligraphe. Par- 
devant viennent se greffer deux tètes à visages grotesques, montées I une sur 
l’autre et paraissant faire partie d’un même tronc. Au-dessus s élance un 
corps de poisson fantastique, dont la queue s’enchevetre en des replis noues 
qui se marient et se confondent avec les fioritures de la lettre elle-même, et 
dont la tête est armée d’un long bec qui saisit par le cou une tete pour la 
séparer de l’autre. 

Cette illustration typique a été employée dans plusieurs livres publies au 
nom d’Antoine Vérard; elle a été copiée par Guillaume Le Rouge, en tete 
de La Danse Macabre qu’il a imprimée à Troyes, en 1491; elle fut ensuite 
imitée par les imprimeurs lyonnais. 



Sctrontreffait 
ÎDeuc} 6antr 
gDigueif foxfaft 
Refait pamk 
3om8xe et Suit 
fUme^s eue) 
&eokfe8eu<3 
èanegrantoemour 
HCom coneeue^ 
Hopaf antouc 

£6c0ie}troutiC5 
Æeparmiej 
i>fop8emout 
Strate quepxencj 
JLopaf amour 



3mouteufepilnceffe 
2tf)a8amea8fteSoit 
ffiut maf penfet ne ccffe 
/fie Boue peut Sereuoir 
parreffu) ounorç Boit 
£ort) mauuate efcon&tc 
Jbicteuff tous mauf8itt 
Jbueiffe fe 8ieu 8ee 8tcu£ 
H Sng mot fane pfue Strt 
cueuxrtitgieug 

piinccpatfatt topni? 
jDtp foi} (epoue}(ice 
^ErouuerejefSiôftrtiÿ 
£>oit 6ùi) ou mai e|W 
<£>} (ueuc teftgteuç 



£e pxefmt ( iürc ou quef e(ï traittk See 
faie mainte afanj tÇactiu a e(îe/ 3 tnpiîme 
fa Biffe 8e pacte par ponnouraBfefJomnu 
mainte piètre te catorç expert et} fartBe tm 
pte|jtot}5emoutantet}fajgtianf tue Su tan 
pfe iomgnnt a fainctt auope faifât fe coing 
8e fa rue gefftop fangeutt} .He.B..iour & fep 
tembig.Jlaj} mLiüjUiifZiJttnowf 



La mention suivante se lit à la fin du volume : Ce présent livre , onqnel est 
tmittié des fais Maistre Alain Chartier, a esté imprimé en la ville de Paris par hon- 
no arable homme Maistre Piene Le Caron, expert en Part de impression, demonrant en 
la grain me du Temple joingnant a S ai acte Avoye , faisant le coing de la me Geffroy 




ATELIER DE PIERRE LE CARON 



77 



Laugeviit, le v' jour de septembre l’an mil ïiif iiij “ et uoenf. Voici l’alphabet de ce 
premier caractère de Pierre Le Caron : 

a » £ <rlD & $ (5 § 3 jl m Jtt p 

K Jb "<£ b T& JLt a 0 c S e f<j 0 i f m nj 
tnjopqriôftuBppj Rtâ6Vê(t3ÇH 9 
fm^rin’Spç^ÿÿtf^îtÇPû* . : / ff fl 

II n est pas bien régulier et les lettres paraissent un peu tremblées. 

Le Caron imprima avec ces types la traduction des Commentaires de César 
par Robert Gaguin, édition faite pour Vérard, sans date ni nom d’impri- 
meur. On y retrouve les illustrations appartenant à Jean Bonhomme, dont 
s’était servi Levet pour le même livre en 1485 (voir t. I er , p. 4 1 9-4 2 0 ’ ma ^ s 
on n’y voit pas la planche de la présentation, par Robert Gaguin, des Com- 
mentaires au Roi. (Voir t. I er , p. 4 18.) Elle est remplacée par une autre plus 
lourde d’exécution, placée en tête des Politiques d’Aristote, dans laquelle Nicolas 
Oresme est représenté offrant sa traduction au Roi. 

L’édition en question n’est pas signée de Le Caron; mais M. R. Proctor, 
qui a fait une étude spéciale et approfondie des types usités au xv e siècle, 
l’attribue à cet imprimeur. Nous avons vu ce livre au Musée Britannique à 
Londres, et nous sommes absolument de l’avis du bibliographe. On a donné 
déjà (voir t. I er , p. 4 2 3 ) un fac-similé de l’achevé d’imprimer de cette édition 
de César; reproduisons-ie ici de nouveau, afin qu’on puisse plus facilement 
le comparer avec les pièces d’identification : 

^mpîtmeaparte par ScrafS 

fifiaatte armomant fut U pont nojheSomc a 
îymagzfainct 3o§ai}leuangdiflc/ouaupa 
fais cmmzmiapïktn&ta£iantfatkpiœ îa 
cÇapptffcou or} cfjâte fameffe bmefaisnM 
uxôîcepiefiSme. 

Le Caron imprima avec les mêmes caractères un petit in-quarto sans date, 
auquel il n’a pas mis non plus son nom, le Liber super tractatn coroner mysticœ . 
C’est le seul livre latin que nous connaissions pour être sorti de ses presses. 
Au verso du titre, on voit une image de la Vierge gravée sur bois. 




7 8 



HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE 



Le Caron quitte la «grant rue du Temple», et, le i 6 décembre i 4 9 3 ’ 
nous le trouvons établi dans la rue Quincampoix, à l’enseigne de la Croix 
Blanche . C’est alors qu’il imprima le Traicté de l’ amour par faicte de Guisgardus et 
Sigismonde, fille de Tancredus , petit in-quarto de 20 feuillets, et, le 22 avril 
i 4 ÿ 4 > L* Aguillon d'amour divine, de saint Bonaventure, dont nous reprodui- 
sons ci-dessous le titre avec une nouvelle lettre grotesque : 




ton&amotrcirt 

urne 



Ce dernier ouvrage est mentionné par plusieurs bibliographes sous la date 
de 1 47 A- Si cette date était exacte, L' Aguillon d'amour divine serait le pre- 
mier livre français qui aurait été imprimé; mais, après examen, cette date, 
fautivement exprimée, doit être lue 1494? car le livre est à l’adresse de la 
rue Quincampoix, seconde demeure de Pierre Le Caron. 

Cÿ f]WP fefeiuffotj 8amowt 8imnc 
imprime a pane par pierre fe caroij 
Semourant et) fa rue Se quiquâpoie 
a fewfeigne fie fa croip fifanc §e , 
fe jp^ii.iour Saurif^ifîccce.pypp, 
etçiiu.aptee pafquea* 

Le Caron ne paraît pas avoir conservé, rue Quincampoix, la première 
fonte de ses caractères. II s’est servi d’un autre type gothique plus régulier, 




ATELIER DE PIERRE LE CARON 



79 



comme on peut facilement en juger par le fac-similé de la première page 
de L Aguillon d amour divine que nous donnons ci-dessous : 

fuciîîct 9eu$tefme 

Ct cÔmcnce fc fuofogue 9c faguiffotj 9amout 
tiium/fait pat Ce 9ocfeur ferapÇic famt 
naucntatc.&t tranffafe 9e îatii) ci) franco?** 
pat 9e 9onne mémoire maiflte jje^an getfotj 
S iinftmctioi) 8c fa fcut/ou 9e fa fiffe 9e con 
fcffiot) M faqueffeefl a9zeffe ce piofoguerfa 
Sicfettanffaaotj, 

tvcfcÇimfiïîc 9efirant (ttequetdt patar 
a 8ant 9eftt que foies Srape cfpoufe 9e tefuctifl 
Souf&ietsap îttcpxim ccftc faBowneufe oeu 
ute/9e tcanffater p 9efcttpte faguiffoq ôamour oiwne 
6e fatirç ci) f tancoie /nompao 9e mot a mot : ni aïe par 
Ceffe mam'ete que ci) Ce foïitakcmcnt Cifant feras pfenl 
a tôt) amc corne 9octeur a 9ifctpfe . &t a 9ieu feras ta 
piefenfec comme efpoufc rampe famtfiete 9e foi)fib> U 
ffoufpiefus. 

0fue occis fSonteufement/amerement naute 
i 6emqne top innocent cvtft . Cfpoufe pute 9a^ 

moût 8iuine piefîement oûeiffant auy côtnatt 
9emene 9e 9ieu. refilant flertueufement au*) tcmptaï 
ciotto 9es ennemps / mifertcoze au<p in9içens/ at9anf 
et) c$atite/$i$oteufe a foi) cozps/topeufe et) a9uetfife 
atttcmpcc ci) piofpetite/8iCi%enteei) donnes opetaciôs 
effeuee ci) contcmpîacioi )/ Qtancfye pat pute effaftete/ 
effrange au monde/ ttanffoimee ci) ccucifip/ Çum6fc 
9e cueut./ innocent et) penfet/ fodze et; padet/ iufte et) 
ouutet/mitoetepempCaite 9e famefe été. iSfpeciafe^ 
met fiancer loin 9 te (i traite a fop pat fpirituef mariage 
ceffui qui cft foi) Srap efpoup fans fen9re a autre, 

a u 

Le Caron imprima avec ces caractères, pour le compte du libraire Antoine 
Vérard, Le Mistere de Bien advisc et Mal advisé : 



iZp ftntft Ce mtftctc 9 e&ië a9uife(imaf atiaiftÿmpil 
me a parts rparfDterre fecatôîPour ant^oine $etaz9 
ftôzairedemouranfapartsfut Ce pont noffredame a 
ftmage fatnt Qefyax) feudgefifte: £)u au pafats au pze 
mter ptffiei 9euant fa cÇapppffe ou fei) c^dte fa meffe 
9e meffetgneurs fes pzefrôcne* 



Une partie des bois de Pierre Levet est passée chez Le Caron, entre 
autres la marque de Vérard, qui se trouvait dans batelier et dont la planche 




8o 



HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE 



était usée. Pour l’utiliser, Le Caron fit disparaître les initiales qui se trou- 
vaient dans le cœur au milieu, et coupa la partie de la bordure du bas qui 
contenait le nom Anthoine Vérard, tout en conservant la devise entière de ce 
dernier dans le pourtour, comme on peut s’en rendre compte par le fac- 
similé ci-après. 

La marque de Vérard, ainsi modifiée avec les vides que nous indiquons, 
se voit au recto du dernier feuillet de L Aguillon d’ amour divine : 



raton 

Au verso, on trouve une planche du matériel de Levet, avec le nom de 
Pierre Le Caron, en gros caractères, placé au-dessous. 

L’ancienne marque de Vérard, avec la suppression du monogramme de cet 
éditeur et la coupure que nous venons d’indiquer, dans l’espace de laquelle on 
a inséré le nom de Pierre Le Caron en caractères mobiles d’imprimerie, paraît 
encore sur le titre d’une édition des Lunettes des Princes , de Jean Meschinot, 
ainsi que dans une autre édition des Fais Maistre Alain Chartier, toutes deux 
sans date, mais portant l’adresse de la rue Quincampoix, seconde demeure 
de Pierre Le Caron. 

La lettre historiée à figures grotesques de X Alain Chartier de 1489 passe 




4 




jpterrele 








ATELIER DE PIERRE LE CARON 



8 j 



chez Vérard. On la retrouve, en 1493 1 dans l’atelier de Jean Morand, impri- 
meur rue Saint -Victor, où elle sert d’en -tète aux Croniques de France , ainsi 
qu’à d’autres publications de Vérard faites postérieurement. 

Le 23 novembre 1495? Le Caron imprime un livret petit in-octavo inti- 
tulé Le Blason de toutes armes . Il indique alors son atelier en la me Neufve Sainct 
Many (sic) apres L enseigne des Rat Il publie, vers la même époque, la Vie , légende 3 
miracles et oraison de Monseigneur saint Rock , glorieux amy de Dieu , avec la figure 
de saint Roch et de son chien sur le titre. 



laljtc leffé^ 

StmitacfcGpoiatfot) 8emotifefgntfawt 0 
tieupamp8e8ieupoutfe6mettte6 mtetceffioï) 
8u qucf Sien a ottrope aSngcÇafcm) Seuotement h 
xîil amant Kemc8c contre toute pefîtfcncc. 




cepifïiquan8o te (ifieratutya pefïe pet angefuru feu 
ftfü x£t pet tffu8 fafutifetüaucie figtiacufa quo8 
Ucutt) 1 1) came crefcene Stuue geff ifït » & t pet il fuS 
in8efe(funjptetati6o0fequiurri quo8 omette pefïe 
fanguenttôuei mpenSifL St mtcÇt et omm6ue it) te 
con(t8enti6u0 atq3 fperâfrôue mo;e tue piefafte fuc 
cuttae: et a mo^ttfeta pefïe petfeuecan 8 o cufïoStae 
meq$ tan 8 etu et omîtes i)tc tue ^feettouts feuft mu 
nitoe et Sefenfoe auptfio tecumpofï 0 oc tpiUun) a 8 
cefepe conututtï tua fawft([tma pxece factae petue 
mce.Hmei), ®. SDetfue. £>utp;ono 6 te 6 eate 
pafettocÇe. fct 8 tgntftmu 6 et meteamut pce 

fetuari a pefîe eptSimte, Æ>cemus 

0 £t9n pot eue fempiterne 8eue patet mifeticot 
Siatü et 8eus totinaconfoîationia moxté? pec 
cafoRe nofeite : fe8 magie St conuetfatut etStuaÉ 
qui Beat ntt) zocÿurt) cortfeffo^ett) tuutt) contra moy/ 
tadtatie et pefïtfencie pfagari) pattonü ac 8efenJo^ 
retu no6te mtfettcoj8tfet pteui8t(ït.conce8e4>pictue 
St eiue metifie et ptectflue mojf tfetan^ epp8tmie pe 
fïert) eua8ere;8ignoeq3 pemtécte ftuctus iij Sta pte 
feuti pet tuatij gtatiart) peragete Safeamus. pet 
8ominutt)(tc* pafetnofïet, Sue maria 



iTçfiritflfaSiefairtttocÇ.gmptimec 
a patte pat ptette fe Catoq Semou 
tant et) fa tue neufue ji îiint mertp . ou 
a fou ouutoitafenttee 8efapo;te 8u 
pafate. 



Cette impression, de format petit 111-quarto, est sans date, mais elle est 
du même temps que Le Blason de toutes armes , car on y fait mention de cette 
troisième demeure de Le Caron suivie d’une adresse complémentaire : ou à sou 
ouyroir, c’est-à-dire à sa boutique ouverte a Centrée de la Porte du Palais. 



NATIO>ALE. 





82 



HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



Le Caron a encore imprimé, dans son atelier de la rue Neuve-Saint-Merry, 
Le Grant Blason de fatdses amours , composé par frère Guillaume Alexis, religieux 
de l’abbaye de Lyre en Normandie et prieur de Busy. 



Icpmt 

blafons 

fait $ compofe par 0ere 
(gurtlaume &lertst Kcltgt 
eux îe $yre et piteux te&ufy 



® fôuiecene 6ute 

jb aine Betfiuee 

(joçeufeeftoute 

TLcfte ftgure 

yLçuevpxocutt 

dCiittz 8e pîoute 

U pfaifiiG conte 

% onguee douîoute 

iBtcz %opant ic Bwetf contfutc 

£Te 6f< afot) 8e fcmffee amours 

0ufîemenf monfkant que feefours 

S>ont tef$ quoi} net) Sort auotr eu te 

jLv ftntïl le grât blafon ce 
^aulfen amours jmpztmeu 
paris p i Me Caron Crmoiat 
en la me fait merrp ou au pa 
Im&lupmivepoite 



Le Caron ne date plus ses livres après 1495 ; il abandonne la vieille marque 
tout à fait usée de Vérard, et en fait graver une nouvelle qui représente un 
bois entouré de murailles crénelées, avec les initiales P C au milieu d’un 
écusson soutenu par un aigle et un lion; au-dessous, le mot Franboys\ 

Cette marque servira à distinguer des autres la quatrième série des publica- 
tions de Le Caron; il quitte la rue Saint-Merry pour installer son imprimerie 
plus près de sa boutique, dans l’île du Palais, rue de la Juivene, à l’enseigne 
de la Rose. La rue de la Juivene était alors une des artères principales de 
Paris. Située entre le pont Notre-Dame et le Petit Pont, dans la Cité, elle 
conduisait, en passant par le marché Palu, à la «grant rue Saint-Jacques». 



1 La Caille, dans son Histoire de l’Imprimerie 
(p. 6 1 ), ouvrage cité, interprète le mot Franboys par 
franc-bois ou bois clos . Ne serait-ce pas une allusion 
au parc de Hesdin, le Versailles du xv e siècle, 
célèbre dans l’Artois et la Picardie, sur la frontière 
de laquelle il était situé l Originaire d’Auxi-Ie~Châ- 
teau ou des environs, Nicolas Le Caron, le pre- 
mier imprimeur d’Amiens, était peut-être un parent 



de Pierre Le Caron, de même que Guillaume 
Caron ou Le Caron, libraire à Paris, qui s’associa 
en i 4$9 avec Jean Du Pré pour la publication de 
livres liturgiques. Plusieurs Le Caron figurent dans 
les listes de maîtres ès arts de la Sorbonne à la 
même époque. L’un d’eux était principal du col- 
lège de Boncourt en iJ8 i. Tous sont originaires 
de Picardie ou d’Artois. 




ATELIER DE PIERRE LE CARON 



La nouvelle marque de Le Caron orne le titre du Livre de la Chasse du grand 
seneschal de Normendie. 

le ttiive 

ÏDe fa cf}a|Je Su grant fenefcÇaf Ôe 
iftojmerrôie. &the8it$du6ot) 
cfytt) jouffratftquïfuf au tog foge 
Se jfimttftiïtcznotii 




On la trouve aussi sur un Grant herbier en français, in-folio avec figures sur 



bois de plantes et d’animaux. 



ÎC>e£ra(îo;eo 




l 



La figure ci-dessus représente le castor, animal amphibie autrefois fort 
commun dans les fleuves et rivières de France. 





HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



GRANT HERBIER EN FRANÇOIS 
IMPRIME PAR PIERRE LE CARON 



Spécimen d’une page illustrée 



flQoifueüictôoîU 




veuceft toute trencjjeecümefeoqfeuffc 
mozfe* £t filent aucuns que fe fiiafifc 
patenuiequifauoif pouict <\ ffe efioit 
fie fi grant$ertu comme effe cft fa mox 
fift ainftpout fa 8e(tru£te,£)q fappef* 
fe auttement fuccufe , &iît aoift et; 
fteupSmfixageup (i moites;(i eqfiofca^ 
ges,(t a fueiffesfemfifafifes a fueiuee 
Se 6o*rac$es/mais cffee ne font pas fi 
§efues:(t fi font pfue fermes ^ pfus ai 
grès (rôngpeu 8efrencÇeee: (i croiff fa 
fiaufteur fiuq fixas: a a ffeur qui a cou 
feut fue fe fletmeif. Contre apoftu* 
me fantmeup appeffe antrap: que au^ 
cuneappeffent femaffaintcriftoffe, 
foit ferfie ptfee (imifefus/etque oq fa 
tenouueffe fouuentîfansfioufite effe fe 
garifL j£ffeScwftauffi côtre fioufeur 
fie fa mattice fe oq fa mengue ou fe oq 
Soif feStq ou effe aura cupt 

ÜDrtmamufcata 

■ )Dfcafa$er6e mufcote/ou 
$er fie 8e mufc*2ffe efl ain 
fi appeffee pour ce que effe 
a ofieur fie mufc.lBt et) efl 



ÎD* mufeafa. 




fie trois manferee.ïa granfie/fa peû * 
te a fa mopenne,<t toutes fes trois ont 
cnfemfifeSerftt Ce(fe fierfie croifï et) 
fteup fafifonneup, %a granfie a fueifr 
fes fongues/ comme fa fongueuc fiune 
pautme. a poxfeSnc petite ffeur fem^ 
fifafife a fetfie que oq appeffe pie fie cou 
fomfi; ^poxfeSSne femence quiapoint 
tes comme aguiffes,i£ffe eft appeffee 
fa granfie pour ce que effeapfufgrant 
üerfuque fesautres + â©ufcafafape^ 
fite a mouft fie fueiffes petites qui ref? 
féfifent a piperneffe* C efte §c tfie qu&f 
a toutes fes trots manteresaSerfucfi 
tre fa fioufeur fies nerfs: (i contre toute 
goûte. <i pouxee fa met oq eq foignent^f 
fitt metciafoq/qutSauff aup c^ofes fief 
fuffitefes .ta granfie mufeate fait cuite 
eq$iq puis foit mife fus fes fieupfiou 
fans/ou que oq eqface empfajlre auec 
greffe fie oure/^puis foit mps fus fes 
nerf$ (t autres fieup fioufansuieqolîe 
ra fa fioufeur 

2>c SÇJtffcfofio 




ATELIER DE PIERRE le CARON 



8ï 

Le Caron a imprime des relations de cérémonies et de fêtes publiques eu 
MjjS, telles que l’entrée de Louis XII à Paris: 

enfreetm rot 

3De 'f tante (cefrijîeftfen Soja Sou^efmeSece no tria fa Garnie 
affe Sr potis/flwcqiree ta w«p( lotj Se funluctfite Se patte, j 
suffi Se mon^t Se parts/ (t fefouper qui fut foft au patate, 

^fafcfefai) (pSiil,fe iunSl.it. tour Se fuiffef. 






Il exisic trois éditions de cette pièce historique. Celle qui est probable- 
ment ia première débute par ces trois lignes : 



ctïceim 

ircfcjjiefftetj 3îoç 8 ffrmieeUope Souÿcfme 
Se ce mm a f a BonneStffe Gc porto 




Elle n’a pas de figure en tête et sou titre contient moins de détails que 
les deux autres éditions. Le titre de la troisième est en six lignes. 





HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



Le jc ci t du tournoi ou des J amies f dictes h Paris en h rue Saint An t/ml ne huyt 
jours apres Pentcce du Roy Loys drmçfesuie de ce nom est sorti tics mêmes presses. 
Nous avons constaté F existence de deux éditions. 

La première édition de ce pas d'armes, qui eut lieu pies de I hôtel des 
Tourne! les, commence au haut de la page par un simple titre de départ en 
trois lignes sans ia date; le texte suit immédiatement après : 



les toutes 

jfétttsapatfo cijfamfatnfonrgotrie fuff fours 
(tpice îtiïtm fa Jtof ïojs faujf cfmc face nom 



B ^ pour feepae $ toufïcs qui fjupf tours o 
pjes fenfret fa JLoçs fa parfois oouÿefme 
fa ce non) ï lopfa fronce fut pftmf c$ng fie 
aufomtfaettfjce ci) fogranf tue (btirtan* 
(Çoinc o(fcj picsfa fou Çofïcf fae (oumeffes/fa fa 
fan tout fa fmtfc pïc3 fa fo ng/o fa potote faquef tï 
pofcnitffp freinons: a eftafaït)faxufp Çng efui pfn^ 
famf, Bufqut^ tfàyftciU ftgueees fes ormes fae 
fefgneues qu; ofuce fenfupuenttpouî tenir Tefa pas 
fondes contre fous fanons; ou fopttip aSuçncm# fa 
i^opnofhcfa rdsfauc/Ccffoffouof c 
£@onfrf gneur fe confr fa fignp, 

^©ojifetgnejtrrc conte fa .(Tîcucee, 

Ægonfclgnem: fe maequfe fclgfe fa zfttizup, 
^0€(ftepftne fa JDuç ftfgncuc fe 
Jfîegne pof feignait fa fo roffe pot 
Ætmtffïrefofe fagcfauffff feÉgflrfafanfacourt* 

€îfffcnj ff aufaffusfaceuf^fï^ffcufmts ou cf ïopenf 
feffaf 5 eftU 3 pensons ouoif Çng fie foaf tfponp/ J^u 
0«ef çffoff Çng w fart:au Çouff faquef c(loït pote 
faignoflte efeu fa fronce o (rois ffeitcefa fye&n: rte 
cgemtnfDûjfa foufaufoucfajqrofJec fafojSufatt tcC 



La seconde débute par un titre spécial en quatre lignes, qui porte la date 
de LVw/ mil cccc qnattre vingt £ rt Æv é/^Y. 

Au-dessous, une gravure sur bois représente le combat à la barrière, à la 
suite duquel le seigneur de La Roc lie Pot est proclamé vainqueur. 

On \oit, eu (ace, le Roi qui assiste aux joutes dans sa tribune. Dans les 




ATELIER DE PIERRE LE CARON 



87 

loges, à dioite et .1 gauche, se pressent les princes, les seigneurs et les dames 
de la cour. 

les tourtes 

ftfrfre* Patte ci) ta zm faint ont Çofnf %<fourô 
npice fentree Bu ro£ ïoçe Bou ÿefme 5e ce nonji 




Il ne faut pas chercher des œuvres d’art dans ces naïves figures sur bois 
grossoyées à la hâte. 

Ce sont toutefois de précieux documents iconographiques dessinés par des 
témoins oculaires, qui nous ont conservé fer souvenir de fêtes populaires du 
vieux Paris, 

Pierre Le Caron, qui avait établi son premier atelier en ville, en dehors 
du quartier de l’Université, ne s’adressait pas aux étudiants et aux profes- 
seurs, mais plutôt au grand public. Il ne cherchait pas à faire des livres aussi 
artistiques et aussi soignés que plusieurs de ses confrères, mais à produire 
rapidement, selon les circonstances du moment. 

Ces feuilles volantes, véritables gazettes on journaux du temps, qu’il ven- 
dait ;ï son « ouvron s du Palais ou aux passants, eurent un succès extraordi- 
naire, au point qu’il fut obligé den faire des éditions coup sur coup, comme 
nous venons de le constater. 




fifi HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 

Le programme de fa pompe funèbre de Charles V 1 1 1 , sorti des mêmes 
presses, comporte trois éditions \ La première est certainement eelfe qui est 
intitulée : Ordonnance faim par Messin Pierre il Vf chevalier or a ni mnyer de France 
ainsi (pie audit grain escnyer appartient de faire pain P enterrement du corps du bon Roy 
Charles hnytiesnte. H y a, an bas dn titre, une petite image d’1111 cercueil recou- 
vert d'un drap funèbre avec deux cierges allumés, et entouré de prêtres et 
de religieux : 

rbônancc 

fakte par meffïu ptem fraf* riîetraftet gtfff c|W 
pcrSefnnweafofïque êuftît granUfcuptrappartitiiC 
5t faire pour fermement BuroipftîuGaq Iflop 
Cf)arfe& Çuçfle|me que 8tettdGfrtffc + *£t faSirt w 
Saiwncc fcuca auctoîiyK patmflfefgneut fr fa 
mrifTt pKmltr rtjamGeffmj- ffeuCetiatif fiiéRoj « ac5 
paquet feSif roipft* aufll pat fieconfetf 5c mcfftfÿ 

tpmice fcB c^âScffct h b ?. autres qf emît auccfja ru p t 





Une autre édition imprimée avec les deux types de Le Carnu se trouve a 
la Bibliothèque de Dresde. Elle présente quelques différences dans le titre, et 
le bois tpii se voit au bas est brisé a t angle gauche. 

La troisième édition commence par ce titre tpi dtp ic peu different du pre- 
mier : La Traie ordonnance fiicte par Mess ire Pierre il Vf. L'intitulé de la pièce est 
disposé typographiquement en dix lignes, tandis qu’il n’y en a que neuf pour 
la première édition. Dans la troisième, la petite image du cercueil est accom- 
pagnée de f’écu royal aux armes de France. 

Ces pitres rarissimes sijije mmies dans deux- Mn&irine; Tantre, qn| provient dji célèbre biblio- 
rccnciis différents que nous avons pu comparer phile Jacques-Auguste de Thon , esl mie des perles 
enue en?;. Lhnt est consenè à la Bibliothèque de U hihliothèqjie Sainte- Cenevin e. 





ATELIER DE PIERRE LE CARON 



8 9 



Le filet tle la première gravure, qui est brise dans fe bas à gauche, donne 
ainst la preuve materielle d'un tirage postérieur : 




Bonimncc^afrfeisif meflîrt fDfctit 8utfe tÇcaafac 
gtanf c feupet 8e fronce ofnff que aufiïf çtanf cfcupce 
a pparff tnt 5c faf ce po ue fente rteme nt 8 w tmn& Su §3 
3^o^C$arreeÇi{plfcfnteque8ieu afifofffe, £t(a? 
8lcfc tuSomidnce feue poMcfotf^e pae rmwfefgm wt 
8e fa ^rlmotffc pîemleetfjomôcffati j fteu tenant Bw 
21îûp aacompalgiter fcSlt cojpe* &t aufft pot fécond 
fcï f Bcmeflciflneate feo t^âfcfffcp au ifcee qttif ntiolt 
fi ig 



Ces deux petites figures gravées sur bois sont placées au bas du titre : 




Les memes bois reparaissent sur Les Epitaphes des fh/^ roys Loys uuyjcsme de cc 
nom et de Charles sou avec une semblable marque de détérioration : 




$Dle&8eefeu5Mpô lope 5tt*icfme Bcrenott) £ 
8c C Çacfee foi> 5fil k 6c cc nom que Bfeu a6ÿ 
fol ffe* &t fa pite u fe to tnpfril itfc 6e Bamc a eft tett 
fe futfamoi(6ufeuiop CÇatfteauccfatttn# 
pMntt 6e6ftOTec(î«t5* 





HISTOIRE DE I/IMPRIMERIE EN FRANCE 



90 



La relation du Sam du Ruj Lnys rm ciiresrim fait h Reims, reproduite ci- des- 
sous, est ornée dhine gravure sur bois : 




îïop ï-ope frefc$«f!Éeij folf ardme £*>) mtî quaftte 
tem quotf rrôtngt; j pSiÉLIr patâttjout Se mtfp* 

Æ f comment feô 6 pii$c jiete Se ^fraiif? Sofas tt \fcnt 
Unu^îfttt ou fonce commis auétt fuc$f V} faSrts- f ff 
fe Se tdme djetfeuq foff^fcqMfpi ^teouefea 6 w; 
? tonfoe flufft royaume 8e fronce : g fefquef^ font q«f 
tiennent memmtd font moçtt) 6uJlîoptioftssfïre*e^ 
fefqtufj fmtf qtif tlwwenf pattemeyet) oauftHE «iitfï 
que pfueop&tfijq; opue fera Serforc, 




Nous poil 110ns le lac simdc de la première édition. L’autre est décrite dans 
le Catalogue de LigncroIIes (11* 2558), où Ion trouvera le titre avec la même 
gravure, mais la lettre initiale diffère ^ c'est celle de R Entrée du Ro}\ 

Les impressions populaires de Pierre Le Caron ont une physionomie toute 
spéciale, qui sert a les faire reconnaître entre toutes. La première ligne du 
titre est toujours disposée en lettres gothiques énormes de 52 points, d'une 
forme particulière, qni attirent fceit comme une affiche et qui sont hors de 
proportion avec les autres caractères du texte. Cette disposition, imitée ensuite 
par les imprimeurs lyonnais, 11e se rencontre pas chez les typographes pari- 
siens. Toutes ces pièces sont imprimées avec le second caractère de Le Caron, 
exactement copié sur celui de Levet, mais qui présente quelques légères drf- 






ATELIER DE PIERRE LE CARON 91 

férences, noiammcnt dans la ïeure capitale C, plus large et moins droite 
chez Le Caron; la lettre E esi moins hame chez cc dernier, (Voir tome I", 
p, 4\ 8,) Voici I alphabet du type de Le Caron : 

«flcSefefji fifinrçnrçüpqriGftulïp:^ ff fl ft - : / ^ 



Le Caron a imprimé le poème du Trmmphe et exaltation des Dames avec une 
gravure sur bois icnam presque tome la page du dire ; 




r 2 , 




9 * 



HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



La fin du volume donne la dernière adresse de Le Caron eu la me de la 
Jnyfrk à r enseigne de la Rose : 



tefctteffvte afenÿ 

fritte# w/fc/ow **> fi» wmtopafrpe <*#* pmtettpofle* 



La nouvelle marque de Le Caron figure A la fin de L’ Abu %é eu court f de 
Pierre Michauk. Le line de ce volume débute par une grande Icurc ornée à 
boucles ei à visage grotesque, différente de celle des Fai^ d'Alain Chartier : 




abu 

jeencouït. 



CT parfe <t Aurai r 

£Di sStraa faporKr&emJfoglètwfafuspîinaiTffraïf au 
Cieuauqtitfrftt mfltfAîcqfffmltianf meraioff pourarpar fa 
mantffef e lift e Gaiïfa be fa u t rf co f\ e "3nr po ren« en fa mai ^ 
^raffuemepour/ïuwoi'tmopmon/ïMiii ai ouf fr hoppmaftt 
ïnf mi i enofr &e fe& mainafa i ?(i& ère# fC pjfne pafien 

«{Tiwfijparti'e/^tiouecçnfafmeisaii repaire àea fmifrcura 
qui etj coi i et ont fr contrai rr p qtif p fr« <3i/enr a Blet} feiï 

mi que aflmtefo^gnea/^iïuWflfeîîTgar&pr comme (e fua 
il r t? qwef triuinp f k i mm ai t fie u auqu ef trouuf tu tn a e* 
£0mmmCfA0it£tftit mené a fofpfjat 




tîaemaut»(:ffiet|^eut0utf ma'Steftfa ÇStttfte 
&r ntop fQ tf/p comme fe fus mene a fofpïtaf pour 
fe jj uerto ri &e tnatvfc ru i c ep fa rf cotu pen fe îtf m o$ 
rampe per&u *tS mue f fifre f o pp Ce& atttrre ê\ a f i rc 
■Soutf efïîflf rre pfn fcj mf f u fpp S m riffri i re $rure 
tfiïofînefflft quetenap fattaumittiia acF/feSartflttrfttfraff# 
fene9oueûfTmtrç be taquet?* fenf peu &e faigeepet/orinftf 
<ui &an$«\<£f p<mrtf fr gaifoquifr apmera. 

Cçpptftif, 




Le liwc est orné de petites figures sur bois dont nous venons de donner 
ci-dessus un spécimen. 

La marque de Le Caron avec la devise Fmnlmys est placée sur le titre du 
Gmm lesta ment de Villon et le Petit, sur les Vigil/es de la mort du feu roy Charles VII > 
par Martial d'Auvergne, et sur d'antres livres. 




ATIiUËR DE PIERRE LE CARON 



93 



Le Caron s' est servi, pour Le Triumphe tics Dames et pour U Ahn%è en court , 
de types gothiques de bâtarde differents de ceux qu'il avait employés jus- 
qu alors. Voici l'alphabet de ce troisième caractère de 10 points : 

atic&efg 0iftntijTtijopqri*(ttt^îp ff (TP 

âd?irïdfi£,p44iî * ?f C 

Citons, parmi les livrets les plus curieux sortis des presses de Le Caron, 
une édition du plus ancien des indicateurs de Paris, sous ce titre que nous 
reproduisons tout au long : Les Ruts et Eglises Et Paris, avec la despeace qui si 
fait chacun jour; le tour et P eue/ os de ladite ville , avec Peaclas du bois de Vinceanes 
et les èpytaphes de la grosse tour dudit bois, qui la fonda, qui la purfst et acheva; et 
avec ce, la longueur, la largeur et la hauteur de lu gant église de Paris , avec le hlasoa 
de ladite ville et aucuns des cris que ton crie par la ville . 

Le Caron a encore imprimé des facéties, teiies que L* Epitaphe de défnnct 
n misère Jehan Trôner, chef de îa bande des Enfuis sans soncy, mort rue Saint- 
Denis, a Paris. 




La marque de Le Caron figure à la fin de ceue pièce. 

On doit encore â Le Caron la publication de nouvelles de l'expédition 
tlltalie. Parmi cefles-ci, nous citerons: L J Appui ntement de Rome avec les Lettres 
du Roy envoyées h Monsieur de Bourbon, 4 feuillets, et La Bataille qui a esté faicte 
a Naples et comment le Roi Penaud a este desconftt, 2 feuillets seulement qui se 
trouvent à la Bibliothèque nationale. 




HISTOIRE DE i; IMPRIMERIE EN FRANCE 



94 



L;j veuve de maître Pierre Le Caron } Marion de Mabmnoy, dite la Garonne > 
lui succéda vers 1500, k la meme adresse de la rue de la Juivcric, à l'enseigne 
de la Rose, et tint également après lui son «onvroir», k la première porte du 
Palais. On lui doit une édition de Maistre P km Parhdin hystoriè\ c'est-à-dire 
illustré de figures , et une Vie de saint Mathmin . 

Un livret sans date, de 8 feuillets petit in-octavo, imprimé en gothique, 
intitulé Ndils nouverntlx, porie à la fin cette mention : Imprime a Paris pour 
la Cmronne a 

M. Henry Havrisse, bibliographe américain, s'est occupé de l'imprimeur 
Le Caron dans les Excerpta Gduuduukma 3 . Il a établi , comme nous et d'après 
les memes données , ses différents changements d'adresse, mais il n'a pu 
citer, dans f ;J chronologie de ces éditions, quunc partie de celles que nous 
venons d’indiquer, et qui sont loin de comprendre tout ce qui est sorti de 
scs presses. M. Robert Proctor dit qu'on ne connaît encore que fort peu 
de livres de Le Caron, tons échelonnés à de longs intervalles, et il suppose 
avec raison qu'il a du en imprimer un bien pins grand nombre. 

Grâce aux recherches de M. Havrisse, nous savons que l'atelier fondé par 
Pierre Le Caron en 1 4B9 a été continué, après sa veuve, par Guillaume 
Nyverd et ses descendants, qui se sont succédé pendant une période d'au 
moins soixante ans dans le cours du xvi e siècle. 



Le seul exemplaire connu de cette rarissime 
édition, découvert dans la bibliothèque du mar- 
quis d’Àix, :ï la Serra, en Savoie, a passé chez 
Amlnoise Firmin Diilui, qui la Lit relier, et, à 
la vente de cet aniaiciir, le livre est aile prendre 
|>[:ice dans Li collection du baron James de Roth 
schilil. C'est un petit in qnartn île 30 feuillets, à 
lo lignes pr page, imprime avec le troisième 
tjpe de petite bâtarde gothique de Le Carun. Le 
lexte débine par une initiale S sur fond noir, il 11 
même alphabet de lenres ornées que la letire J. 
du Sut,: dit P y Lys. (Voir |i. 90.} Au-dessous du 
litre, on voil mie figure sur buis i eprêsentani 
Patlielin chez le drapier. Il se termine par le libellé 
suivant : Cy jim la jarre de Al Sistre Pierre Pathelm, 



imprimée a Paris prr Al ad m dû Aîabnmy, Ftjiv de 
feu Maistre Pierre Le Car,w, demeurant en la rue 
de fa . hiyfriû , tï L enseigne de la Rose, en an Pabys, à 
la première prie. — Four pltis amples delà ils biblio- 
graphiques, consulter le Catalane de ta bibliothèque 
du harem James de Rothschild , rédigé par M. Emile 
Ficot (t. I I , n° 1 083 , p. 2ii2; ouvrage cite J. On 
y verra 1111 fiic similé il 11 litre et du commencement 
du lexte. 

IlrvuxET, Alarme/ du Libraire t t. 1 1 , ml. i yo.j : 
ouvrage cité- 

* HakriSSü, Excerpta Calimibimaua ; Bibliogra- 
phie de 4oo pièces gmhiqni§i francises, italiennes 
et latines du xri 5 siècle, non décrites jnsqiMcî. 
Paris, Welter, 1 S 3 gr. in-8” (p. xxxvi -xxxvm). 




CHAPITRE XXV 

L’IMPRIMERIE A PARIS 



ATELIER DE GEORCES WOLFF 
(j 490-j joo) 

Dthuis Je Wolff an So/cif d'Or <u dans la jjjaison de Chdstcaupers. — Ses associations successives. 

Son nom dans les bordures d\m livre d'heures eu j ' — Fac-similés de ses signatures. 

Georges NÉolff était originaire de Eadeji [Badaisi j). Il travailla d'abord ait 
Soleil d* Or de la me de Sorbonne, dans la maison de son compatriote Ulrich 
Gering, avec le matériel de batelier que ce derjiier avait mis à sa disposition. 
La première impression portant le nom de ’Wolff est une traduction latine 
de la Politique et des Économiques d'Aristote, exéentée avec les caractères 
romains dti Virgile de 1 478, et qui fut terminée le janvier tiyo (1 4 des 
calendes de févner v. st.) pour le compte de Durand Gerlier, libraire, 

demeurant rue des Mathurms, à l'enseigne de FEsmile Fanxyeau . Le secojid 
bwe, daté du 28 janvier de la meme année (5 des calendes de février), est le 
Recueil des Sermons prêches en latin par Robert Cara/zoh deLitio. Ce volume 
est exécuté à deux colonnes, avec une petite gothique d’à pane 8 points qm 
ne paraît pas avoir appartenu à Gering et qui 11’a été employée, à notre 
connaissance, que par Wolff. En voici l’alphabet : 

oispan © sîti x 

0bt&ef0fcihtmn0p<irjiirt«ip*p> 
i &b*ptf0^ïiîtfn p n p râm 9 fttfïip.pFFt> ? flMïtQ'Q î 
ft c: * ^ 

Ce caractère offre beaucoup de ressemblance avec nu de ceux qui ont été 
employés quelque temps après par Gering, lors de son association avec Rem 
boit, mais les lettres majuscules ou capitales sont différentes. 




9 6 



HISTOIRE DE L J IMPRIMERIE EN FRANCE 



An milieu de la première page blanche, ou voit la marque au Pélican dEn- 
guilbert de Martiefi Le colophou porte que le livre a etc imprime avec le plus 
gn mdsom { acaminssimc) p a r A\ v o Iff, à Pans, au S olàl 4 Ch de la rue de Sorbonne : 



rarfvoîutï ncttibrrnarutRdoicl 
(nr fiipn t gnftutôto- *Jti «lefti ni 
<8 pal rfa vitra «(Tettliale pitmfffcû 
rortatnr auréola que Dttn ïnoctoit 
bus tu qnat^(mP|^oeet>eiai«)i- 
bnsftncfcüâ m fcrmotie oefsuu to 
petro marim. Cicereftacp poilu- 
itmaüld pfalmirte. 2Dagna eftflo 
ria eiim :ma^na v I i tp ïr eccfa mi lr 
tante mafoi m I cctia irfampbaRlt. 
D.oare i ortuenie ni' de i pfo i ferre 
poflUm* quoD oe patrie bêre 

imla in fini vil a 1 >leri* ftnfit. ôf 
mipi i'n4- tecfioniopi l'ont Dna t>i" 
tfnare f côceoere magie di# ri l u- 
nicampaulfcil ipr is^fcw: itacl 
fonetf ternart n # rtgum piirpu 
rajeuni ÿftt,. fins. Depieceirter 
go tort eenvl per ntcrila t*nti far 
eti bkitoa eflfcïat roo fua gra . fit 
tanuÉ ao yit4 i sauçai ef nà, Jtmen. 

F 7 71 *J & 

ÜJ^arlflÜni' ac ceteberrinn" pieco 
nte j^ntrïs Robertf <Tara 30 W oc 
ïfdivOJtnniffmmomm: ponlifi 
cio âqm'Ratfa :opnu oc lar mb^Tan 
cioinm apurai uïïme fer &\ oïgiü 
'ITOOlLp. parfüfs in (oleaurto 
vtri Ib&ontcf lmpteiïum: Mn no 
a nataîCjpüano .ïD.ccct. Iftxit. 
fituitito lattoas fétu war tau. 

OeoOratiflO. 



Nous uc savons pas an juste dans quelles conditions Wolff travaillait aie i Soleil 
4 * Or, soit que ce fût à titre d'aide ou d'associé temporaire, soit qu'il ait simple- 
ment loué une partie du local avec le droit de se servir des caractères et des 
presses de Gering. Le bail de la maison passé avec la Sorbonne, dont nous 
avons donné copie (voir t. I er , p. tjo-^3 ), fait mention d une galerie sur laquelle 
il sera fait un plancher et une cheminée, «afin que de ladicte galerie haulte 
011 si misse servir de chambre ou petite salle». C’était peut-être là que \Mff 
s'était installé, et en ce cas il prenait la place que Higmau venait de quitter. 

Quelque temps après, nous trouvons Wolff travaillant à une autre adresse, 
vueBordeile, dans la maison de Pierre de Cliasteai ipers {achïguum wcahuh gaUko 
au Chastcau Per s), près du collège de Boncourt [prope çolkgïum Boncv Curial) f 



Cel immeuble étaii appelé le ClÛle&u Pers> 
Cest-â-dine le Ghîût'ü tu Bà'tfj du tiom d c iiu de ses 
aiuiens propriétaires, et non de celui c^nne en 
seigne. Nous eti avons fa preuve d^pres un acic 
d çusaisincmeiil de lamaisoti voisin e t eu fyvn POr^ 
t|ui en fixe l' e 11 1 |i lacement, et dom voici un exilait: 



« Du premier jour d’avril iiii c un 11 ei irais. Vénc 
rallie et discrète personne Maislrc Pierre Caron t 
bachelier en lhcologie, mai s Ere du collège de Bon- 
cuiirt fondé a Paris. . . a esté mis en possession t 
sauf te us droits, d^ine maison ainsi vpt^ellese ce ni 
porie où ptnd pour enseigne le Lyon d'Gr, assise 




ATELIER DF. GEORGES WOLFF 



97 



Il y imprime les SophLwutta Albert! de Saxonht, dont voici le titre en deux lignes 
dnn caractère différai r de ceux du Soleil d* Or : 



^optûfmata aiterti De ê>an> 
onia ttup ÿemeDateJmpieOa* 



Louvrage, de former périt i ji - qnarto, est disposé à deux colonnes, comme 
les Smuones Rvbeni Cara^üli de Lino > er imprimé avec les mômes caractères. 
Il esr daté de 1490, sans indication de mois : 



ponÊff$ noitlUfn pl atc rfoertl 10 
to cb* eerl I ffeare rrtoetitg qripl! 
vcl i l -? fie endetta pce&iit t nid rn 
DC us fie «cl ïfietf: utf i nom itî b a 
pcrtl io:i1i m l>ac cblijil 6nc rnata 
toî c fit ccrtuo^ jbl a que fu pfici 
1 1 C 01 cta fi drca iftaa qi tuoifpec k 
ea obi ijahom a.f.ïïn pencm roues 
t>c pfcm x pthonem pi a il igç afao' 
Ifltïff Ti b en q n ito fît di h ntofl c uv» 
al iao uuafl fptcice obi igati ou i e ,û 
toubital foncm d fil verum. 



(ETCôpJetafül frptafmaU'.obUga 
tioue b ac i loi ub iïia itj utifîïm i vi 
rïJfàatiSlbertf toe&wcorctarurn 
nTamli'sêtfacmêtoal a.Opa BO^rf 
©eûîffii vuotf ÆaMfi aparjfii a \ * 
pm. Bft fîgnü vocabulo jal Itro: au 
chafteaii pera jjpccoll Cflïn bouc c u 
rle.Enno Tlonatf tfi mo fup lOi UC' 
fimflquatcrtpcêl tfimnm* 



GT£abul a fopbiTm aJdBI berti oc 
©adonis. £1 pdnnopc pjiaparte. 

OJabScftotebismo. 1. 

omnfeftnijrrrt. ft 

ûÉalal fini in arche noc. mû 
O faaprïtoelfâl touoDcrïm* fin. 
Edi vcriîbeft verrt er nôcftmfi 
vnuinaci vnfl b.tnrtquahïcmin 
cp b fi snif ic ni efft . alïtfnlfïcni eS c t 
ccomra.uamenalffiuïfcni ali^li 
l ce cift qrr b nonflfftilftcai ef. v* 
Ole afi nabote currtt. vi. 

Oïa pc pf 1 a f rm ï pai c c. v il. 

Jtnfuftî afin p boleoicrf| . vi 1 i . 
Olab5TClaftM p currft. tjt. 

QmuùM>ptfi tio Vf I ci? etozi aï 
vera. j. 

D^uboîetrfiïl afinfc vtf bolea % ifi 
nifiltafinf. n. 

OJawaifaMa^pptonüt* riL 
Ûïflb3Tafiiï?currw. x\U 

oéaïalïalùitoabiUofllimani' 
roali*. pu. 



Cé vftilTtoeiÆ ftofal. rv. 
Dlaouoi Iriafâl quinq*. 

O I a ïiG x cuo bolea fuu t m ea .r vu . 
OlatrôïaE ^bomofiiû jtüi. 

OgririifîHpoHlbilcfLtveç. %i%, 
Oi alal ndïofotocl apftnr- t%* 
Ol $ bâ qn i È al b^fuml . tpi. 

omne cita cu i 1 quel j paca moue F: 
mfrudur. jjcm. 

Ol 0 pïopô copalal l u a cm p <juci i bî 
pecltTera:^^a. rrhû 

Omni 0 caméra que curri'l moue* 

I UT. J JEfl'lï 

Blal efofâ7ifïn ? êllliî. j*v. 
Bnim il non en japi a z al nus rft i\ 
lnto. ^vi 

O-uobbi a'ialfft f^tcazplalouj 
cftilltito. JJtTIÏ. 

Ojioïïïï S a J al n £ tft fotf c a et p Wl 0 
ntocrtilluto. avili, 

aiiquiaboinoî Tquilitod bomoe 
il le. _ aij. 

SI iqui a bomo cfl et n ull ? bom 0 cfl 
flic. ja- 

Ortintatoomo bnbcimcqtm3 ccjtat 
ilium. jjri 

Ornma botrtb F animal: t ifitoilef 
l'IJuto* , 

Eli quoto eudci abi le è f al fJ: t ûl no 
nccio cft vemm * % wm i. 

Ol a lx^ af: ï fn ? afm p air; il .jtai mi 
Oleb3viDctft. xjtv. 

O I a ji p^ cfl vera: vcl ei^ ^tof ctmi a 
cfl vera* Wjvl. 

Otepwpde vera vcl ei^ptofeioita 
ellfaira. Knvti 

Xlifcp iTtoi?:? l'Ttoçt. jcjtjviïû 

lUfqîi'IlOïPOilaUapitof. ^ff- 
Xlfqp iTtq^fcil acitomelùfî* jl. 
tïlcr^ifloiumrcil fcplcjartcairf 
bcraica. jrii. 

îliîceirto^ pu^tal vÉTlcatfejlll. 
Eb vtroq? Ulwrnnrnfki itum è ve 
rum. Fl I il . 

■Ufqîrtlü9r«î?3vfafinJî* xlfiH. 
iCot^foil c a é minoi foîtC ♦ ?\v. 

Eot?roctepïefffojtiff. jtîvf* 
rct^toiunejreftfahff. jItiï* 
zm Di n unctiaacflvera cm ? a ne 



Wolff ne tarda pas à revenir an Soleil d' Or. En i 49 1 , il signe, dans cer ate- 
lier, deux aunes livres, le Gregoni Papa liber XI Homiluimm er les Ubri Salomouis, 



h Parii en Ij rue tfe ia Porte Hordelkj tenant 
d'une parc du costc iTicdle pnne aia hoirs de te« 
de ChasteauperS et iTantre audit vendeur Maislre 
Jehan Dm Hmi)* abonilssant |^r derrière aux murs 



du doz de l'église Madame Saiucie Geneviève an 
Moiit iie-Parisj en la censive tHeelle église . . . » 
f A rch i v es nat i o n a I es . Ertsjtsmetn en es Je Sdhite- Ga\e- 
i- lire j S 1 64 $), fol. 93 v°.) 




HISTOIRE DE ©IMPRIMERIE EN ERANCE 



?» 

qu'il imprime avec le gros caractère romain de Gering. (Voir les fac-similés* 
t. I", p. 96 et $y.) 

Le 1 1 mai 1 45?^ (5 des ides), il date encore du Soleil d*Or un Bréviaire de 
l'Eglise de Paris* petit in-octavo à deux colonnes, pour lequel il se sert d un 
petit caractère gothique nouveau, qui reste dans le matériel de I atelier : 



SfanieeMI larfâfujtta cm 
cem ff iï ob ti* pafltott? aolen 

rj Cflbat maf » us 

K& emei ïgcfrif mpfa Du 
penefetat rtli*- 

/Ciipabm flÊmtlÈ ^triftâfÉT 
twUtr ptrSfiDfr «tarima 
Æî5 trifhc T afflirta ftilt Qla 
bRditta motenmigeiuri 
(ÊHnrmerchiti wtebatc très 
mcbût cû utdctial natf penaa 

inclfti- 

l&tiiaert borno quL nofltrrt 
cbifni ntatrê Tïflderct in tâte 
TappIiciP* 

IfSrp petto tue eftlcuW it toj 
in fîaflÉÎltpfnbdiEfl. 

GLdii fuUrmlci natû moi tété 

fcefoUs vârmifiï fpm* 

£pa maf forts am oii a me/ps 
tircwl rn «folia faevt tedi f u? 
gcurn- 

^aorttnd^ «itîtÉÜfama? 
do trffrt (Ipf erpla«d 

Sai maf iffèagaa mjdfui 
fige plà^ao ;>tdi tneovalidc* 
K ut ruhvuLrtcran i £ trtgnàiG 
tl.-piomepalipio n ~ peu au 
tuuide. 

5 or mette teciï fier* mjriflto 
pdolert nonce eg^Ycrcr 



nteeiüs Lsttemetplagaere* 

eolete* 

-f ac tn e plagîvülîitrari cracC 
bac incbilari ob amoté FUu* 



!m defcnlua in de fodiril* 
*3[a c me ciuçe cuftwprl motte 
tpi pmimiTÎ?fatim£fa 
(Srfi cntp^imnit? fài aie tw 
ficturporadiflfif^îtm 7b. 
Zva lôi^aîamBtfaflfbitgïafl 
diti 0* r>. tli roîetcuf eje ïtftj 
coidf b^cijffitûtSfU eau* 

I IRte miat pio oobw q9 
bnenGCTlnboto îrnrcrm 
ap&foi demetfâ titâtiso ma 
ns rnsr 1 tuaeuL^foctatirnma* 
ataj Lu fcoxipa ? atue i>ofo 
ria gtadiuaprïirinl&|iYÉm* 
(OrmnctK^patei ^?ro 
KJ om^a d coctemi FUi tui 
moue moîté rupaa-ÊdaraoU 
cendirexiDa fsmuïia tulÿtri 
bit (ftf ^avi bHdfcte mf is eiuf 
aofoïi e coido gladfo * ai maa 
ntealn rtobia meduLLit^ trSt 
figiùîeî <rucê clauoa en Lan ? 
ce* ^bcria c ârfa mf /Ferla oa? 
eitt noa goctfta ^£1^ in B 
ftadlo titi trtûpb tm ilo feii 
citer fïncnâdi*']&er efidé* 



ÿu^ta cm«) tmi ftere me U* ^mp/lïï itifûa ad fol? auratff 
twi ter Codîr( in pîauctuwfi utcifoiboniei ©pa 
dero' mgtfvuoifî^id^ms Suno 

^ irgo tfgJn a $clar$ mib* ia j bfi i iReu i gefitt io fciSo fuptfl 
ü fî? atu ara foe me U ' piâ '^ülelïir 'fi ^ qj «êLefïm u m 

f aevf pot te tf ’fuoiié polTto? 



Après l’impression de ce Bréviaire, Georges "Wolff quitte définitivement 
l'atelier du Soleil d’Or. 

11 travaille ensuite pour Philippe P'gonchct et, le 20 octobre 1492, il 
imprime pour ce dernier, demeurant alors rue de la Harpe, près de l’église 
Samt -Côme et Saint-Damien, et pour Enguilbevt de Marnef, libraire rue 
Saint-Jacques, à l’enseigne du Pélican , près Saint-Yves, une édition des Comé- 
dies latines de Terence, avec le commentaire de Guy Jouveneau {a>m cota- 
mmtü Guïdonïs Jumuilîs] 

^ En 1 4 ^ 3 , nous trouvons Wblff rue Saint-Jacques, près de la prison de 
Saint-Benoît, h l’Image Sainte-Barbe, dans une petite maison occupée précé- 
demment par Wolfgang Hopyl. 

Le 1 6 avril, d termine à cette adresse l'impression des Éthiques d'Aristote, 




ATELIER DE GEORGES WOLFF 



99 



traduction latine d’Argyroponlos de Byâttice, revue par Gilles de Delft, doc- 
teur de Sorbonne : 

P cr orffum foriû Sciboirtcfï: Htqj 
linpidTiim per maçtrtrûiÉcoïgiïï ïËluolf lu fnterfïgnto 
fi cic Bat üare>2ltmo t?nt JÆ>accc.£cti[*FFl.Oic aplus* 

Le 30 mai 1493» il achève, avec les memes caractères de 1 1 points et 
dans le même format, pour les frères de Marnef, éditeurs, l’impression d’un 
texte latin des Satires de Juvénal, sans commentaire. 

Voici l’alphabet des caractères employés alors par \Pblff : 

flbcdocfsbi U mn op^nfetuv^yî 
# ff <x ITlt Ib 9 3d 9 é£ïb <> tl 9 m' ï n*ô,pE4tfq?3îr 

tF ü \Pp C ) . ; i 



Georges \foIff a fut usage tic la marque suivante, composée de son mono- 
gramme surmonte de la croix avec le signe de maître : 




Une grande lettre tourneure G, initiale de son prénom, renferme les 
lettres W, O, L, F* placées de droite à gauche, en forme de triangle, qui 
forment son nom. 




00 



HISTOIRE DE L'IMPRIMER JE EN FRANCE 



Pendant les années i4p4 et U95, Wolff est associé avec Jean-Philippe 
de JCreusnach. 

Le zo avril iJp 4 , ils achèvent l'impression de la Snmmnla Pmtpemm de 
frère Adam, de l'ordre des Frères mineurs : 

üeftapamjjnumeris primo defctiprafuerüt* 

El teüïcotecûut pectine mufra dauid. 

Eftopetepretium do armas nofeere cunctas; 

Quas gerit îHe libei :nulla pudendâ ^anens, 

Sumntula pauperib’ bfcuisiftadicatur egents 
Plurima canonicidcgmaiamrishabês. 

Non uidco quod opus decraorum ltudiofis 
Vl ilius ualea r dogma re fore uir is ♦ 

Noneftiftius folum caputinfpicienduiru 
Cumtalx/et nentet tint in honore magis. 

De milia doc tus uii débet dicere lege; 

Ni to tam penitu s legerit ip fe prius. 

Extractus gemino fuit hic ex codice codex* 

Pt efens L c h appus multiplicauit op u s* 

Matetias qp locis cunctas nonabfcp labore 
ApiisbüTeptempet capitelladedit. 

Ota natatf repma tut nemoptophera. 

Ptefermtqpuemsfepcpoetanouo. 

Non ideo fcripnxm fpernas: <j> fît tib i no tus 
Sctfptor.opus proprium comprobatatttficé. 

ImprefRï Parîfïî In fignofacte Barbare Vici 
fcilacobi.Opa G. V Volfdohimfqï de Ctuc^é' 
nach. /WdniAl.CCCCtXGIIL Die*XX, Aprïl 

Wolff avait alors pour correcteur, dans son imprimerie, Jean Chappus ou 
Chapptiis, de Bourges. 

A la fin de ce livre, se trouve une longue pièce de vers, ci-dessus repro- 
duite en fac-similé, dans laquelle on vante futilité de fourrage et les soins 
apportes à sa correction. On y lit ce passage : 

P me ns J „ Chappus muhiplicavh opus. 

Le mot nntlnplicavk y qui était alors synonyme A' impressir, comme on a pu le 
voir a la fin de certains livres sortis de l'atelier de Gtty Marchant (voir t. I er , 
P 1 3J?9) ? Sl g i:il fi£ que Chappuis, ici présent au tirage du livre, a coopéré 



ATELIER DE GEORGES WOLFF 



LO 



d'une certaine façon à son impression, cfest-â-dirc à ïa multiplication des 
exemplaires produits par la typographie. Le livre était imprimé avec 1111 très 
beau caractère romain de l t points, dont voici f alphabet : 

ABCDEFGHIIMNOPQRSTVXS 
abcdcfghiklinnopqisftuxyj 
âb 9 pddcç&^rtnm , nn , ôp i pp^q(|qqg ? qt^ri i 
æffflceff ft 

L édition est dédiée par Jean Chappuis à son ancien précepteur et com- 
patriote, maître Michel Symon. L'épître dédicatoire, en trois pages, est exé- 
cutée avec le petit caractère gothique du Bréviaire de Paris, imprimé par 
Wolff dans batelier de Gering. (Voir fac-similé, p. 98.) 

L'association paraît avoir été rompue vers la fin de 1 4 5? 5 , car nous voyons 
Jean Philippe travailler setd à la même adresse de Sainte- Barbe, en 1496. 

En l 497, maître Georges Wolff s'associe avec Thiclmau Kerver, deCoblentz, 
qui n était alors que libraire; il lui apporte son type romain, ainsi qu'un 
second de même famille, plus petit, de 9 points, dont voici le spécimen : 

ABCDEFGHIKLMNOPQRSTVXZ 

abcdefgbîhlinnopqrsftuvxyj 
àb'Vrptfè* &i m q n n , Ôp i ppp ? qqqtjqKp 

f iLït’tfü* ■: i j /OC aeffflCEffft 

Les lettres de ces deux alphabets, copiées sur celles d'Ulrich Gering, sont 
d'une très grande netteté. Les livres imprimés par 1 association Wolff et Kervcr 
avec ccs nouveaux types romains sont remarquables par la régularité de ['im- 
pression et la beauté du tirage* Georges Volff paraît avoir gravé, pour son 
nouvel associé, les planches composant riüustration d'im livre d'heures a 
l'usage de Rome, qui parut au mois d octobre 1498. 

La signature G. Wolf sc lit dans les quatre petites bordures du haut qui 
accompagnent les sujets suivants entourés de compartiments relatifs a la vie 
du Christ et des Saints : B Annonce de la naissance du Messie aux Bergers, la Bi- 
se matin n an Temple, la Descente dn Saint-Esprit, E Homme flagellé par le Diable . 




t 02 



HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



La .scène principale de l' Annonce aux Bergen nous montre un groupe de 
pasteurs gardant leurs troupeaux. Un ange apparaît an ciel; if soutient une 
banderole contenant les premiers mots du cantique de gloire. 

Dans un des compartiments de la marge principale, ou remarque le Christ 
couronné d'epînes; dans mi angle, la sibylle hellcspontîaque. 




Dans la Présentation au Temple, la Vierge est agenouillée, Simeon contemple 
le Sauvcui, Joseph se tient dans une respectueuse attitude; plus loin, 1111c 
femme porte les deux tourterelles du sacrifice, offrande des pauvres. 

Dans la grande marge, entre autres sujets, on voit sainte Véronique pré- 
sentant son voile avec la figure du Christ, une Descente de croix. La sibylle 
libyque a I angle, et saint Georges, patron de Volff . dans la petite marge. 




ATELIER DE GEORGES WOLFF 



°3 



Voici la Descente du Saint- Esprit. Les disciples de Jésus, rassemblés avec fa 
Vierge le jour de la Pentecôte, cinquante jours après la Résurrection, voient 
paraître des langues de feu. 

Parmi les sujets de la grande marge, on distingue saint Pierre, saint Paul 
et saint Laurent avec leurs attributs. Au Las, la sibylle I ici lespon fiaquc. 




Terminons par E Homme flagellé par le Diable. Cette gravure est placée, 
comme les compositions précédentes, sous une arcature surbaissée de style 
flamboyant. Dans les compositions de la grande marge, on remarque Jésus 
monté sur un âne. Deux autres scènes nous montrent un homme pleurant 
sur le sort que le Christ avait prédit à la ville de dérusalem. 

Georges Wolff fut élu procureur de la Nation germanique à l'Université 





HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE 



I 04 

de Finis en 1490 (n, $t,) r , En 1494. il fut nommé receveur de ceire 
association > Par ses fonctions, il était en relations avec scs confrères Pierre 
Wagener ou Wagner, dit Cesaris, Simon Boitiger, dit Dolcnrom, et Jean Philippe, 
Voici le fac-similé de ses signatures comme procureur et comme receveur : 




Bien que son nom soit orthographié le plus souvent Wolf ou Vuolff [t. I", 
p h 95-9^), nous avons cru, en dernier lieu, devoir adopter de préférence la 
forme Wour, donnée par ses signatures qui font foi, 

H ne fuit pas confondre, comme l’ont fait la plupart des bibliographes, 
Georges \VbIff, de Baden, imprimeur a Paris, avec Nicolas Wolff, dit Lu pi, 
imprimeur a Lyon 2 , 

Ce dernier, originaire de Lutter, au duché de Brunswick, était imprimeur, 
graveur et fondeur de caractères. (Voir 1. I er , p, 9^, noie 1.) 

H Voici le |i ru ccs-i eri>:il île ses deux élections : Maili min uni vîgilia Sauciî Mailiei a|iosioli ei evaii’ 

& Ekctit Mftgistri Ge^rgii W ilff de B&dew, dteeesxs gclisle super n ori recopions eleciione. Iiatjnt elegii 

Spyfl jvi'.i’ W? d 11 in il? \Ih\ striss n n T p 1 1 1 dpi s AiarcMeu i'j i i a $p i ri 1 1 1 s Su n cl i M agi s i r 1 1 ni G eorg i n n i Wo IfF 

Gkmt me tenpms pdeniMth * — Anno do Badensem diocesis Spirensis qui fecii recelas ei 

niiiii Millesimo t|iiRdiïngcn icsinio ocinagesimo impenses Ml inferins pielui. « 'Arcli ives de bUiii- 

110 110 cçmgregata fiiii aji nd SancLnni Malurin uni vers! le. L)v\ e des rccet'mrs de ld Ad/uii gernidiiî<pie , 

Farisins \eneranda Àlemanoriim naiio |ireci|iue de 1 4p4 à 1530, fcb 1 

siipei dnolins arliciilis, Priniimi Jnii siqicr n ori pro- ' I. es coiilinnaienrs de Berty uni cnn fondu H 
eiEraloriseleciion e am ai Liqni eu min naiion e- Qnoad comme plusieurs ;uilres H Georges ai ce Nicolas. 

|i ri m jilacnii toie naiioni ad novi procnraloris Ils oui faii une erreur bien jilns grave en |ilaç;nu 

eleciitnieni procedere, Frocessil iLiqne ei elecins Taielier de ^'olft il h Afaistnt des Rats, faisan 1 

esi lia Spiriles Sancii n tiiiine réclamante , Magis- le coin seplenlriti i al de la rue du Foin, el en 

lcr Gcorgius Wbllï de Baden, dioccsis Spirensi|||> disani que cel imprimeiii claîl eiabli auparavant 

^rcliii es de [ H Diiiversiié Registre des ciucfasb/us de dans le Cia lire Sjmil Beiitjîi diix 7 ~fah 7 Tvm^iVj 

id ger\\\d\\uf\\e ^ des années 147É à i 4 p z ) d'tirgeut* Oesl Nicolas Vaultier, libraire, qui a 

loi. 184 ei 1 — & An 110 ab in camatione Jesu demeure aux deux adresse. 1 ! que nous inen lion nous 

Clirisii sulraiüris uoslri noingesimo quanti siqira ici, el non U'olfb ' L/epopMe ^VmÏc/il' du Vhwx 

Millcsimum quateique ceiiiesiniiuu veneranda Ale Paris; régir 11 cenliale de fUnircrsiié, p. \ r j^\ 
naiïo tnii cou gregaia apud ouvrage ciié. 



nmiorum 




CHAPITRE XXVI 

L’IMPRIMERIF À PARIS 



ATELIER DE DENIS MESLIER 
(1490-1495) 

La première demeure de Denis Mesiier et sa marque. — Ses deux livres d'heures. 
Changement d'adresse. — Ses autres publications. 

Denis Mesïicr est un libraire- imprimeur dont les productions sont très 
rares et fort peu connues. H demeura d'aoord rue de la Harpe, au Pilier Ven t 
dont il prit l'enseigne pour marque : 




Des Heures de ïa Vierge à f usage de Rome f Hom Beata* Mariœ Vïrghùs ad 
usiim Romanum') sont le livre le plus ancien, avec date certaine, a son nom. 



14 



L'IilHtiHE fri [ lÜAiLE- 



o 6 



HISTOIRE DR L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



On lit à la fin du volume : Ces présentes Heures fureni achevées le xnf jour élu mois 
de février fan m. cccc. un xx et ix pour Denis Mcslkr, date correspondant au 
1 3 février 1 4<?o (n. st.J. 

Ces heures, de petit format, sont d'un style particulier. Les bordures, for- 
mées de fleurs, d'oiseaux et de feuillages, sont gravées sur cuivre en relief. On 
y retrouve les illustrations des premiers livres de Jea.n Du Pre, dont nous 
avons déjà présenté plusieurs spécimens. (Voir t. I er , p. 254-257-) 

Le livre a pu être imprimé par ce dernier pour le compte de Denis Mes lier, 
ou bien encore Du Pré lui a loué son materiel d illustration, comme cela se 
faisait alors entre confrères 1 . 

M. Henri Stein cite mi exemplaire de la seconde partie des Qiiresnoues de 
Martin Le Maistre {Marùims Magistri), qui porte à la fin la marque de Denis 
Meslier. Le volume, imprimé en caractères romains, serait sorti des presses de 
Wolfgang Hopyl en octobre t 4 po 2 . 

La Bibliothèque nationale possède des Heutes à l’usage de Bourges, impri- 
mées sur vélin, qui proviennent de la collection de feu Ambroisc-Firmin 
Didot, à la fin desquelles on trouve la mention suivante : O, prétextes Heures 
à F usage de Bourgh (sic) furent achevées le vu F jour du moys de may par Denis Meslier . 
L'année de la publication du livre n’est pas indiquée. 

Le calendrier, qui commence en 1488 et va jusqu'en 1508* tic suffit pas 
pour en préciser la date. L’almanach, qui se trouve en tête des anciens livres 
d'heures, fut d'abord dressé en 1 /88 pour vingt années et reproduit sans 
changement pendant assez longtemps, de sorte qu’on ne peut déterminer 
d'une façon approximative la date de l'impression autrement que par le style 

On ne connaît, jusqu'à présent, qu'un seul ! Dans fexem plaire signalé par M. Stein comme 
exemplaire de cette édition qui a été signalée pour se trouvant dans les collections île la Bibliothèque 

la première fois dans [a deuxieme partie du Cata- nationale, on lit à la fin de la première partie, au 

logue de la bibliuthèqne de lord Ash buruham , lien île l'achevé d'imprimer, mi nom de Hopyl, 

vendue aux enchères à Londres, du 6 au 1 1 dé’ oetie m en lion qui lui a été substituée : Jmpressnm 

cembre 1 par AI M. Sotheby, Wilkinson ei per Dnraudimi Gerkr}. Henri Stein. L'Alelier type- 
Hixfge. Ce précieux volume, annoncé sous le grapfùqne de Wdjgem* tiepyl, h Paris f p. i 6; on 

ii 4 2023, est dêcrii connue renfermant quinze vrage cilê.) Or ou sait pci tiueinment que Dman d 

grandes figures et un grand nombre d'autres petites Gerlier n'a jamais été imprimeur, mais simplement 

d'un style remarquable (ef a remarkabie charmer). libraire-éditeur. C'est une preuve de la facilité avec 

Il commence par la figure de I h oui me anatomique, laquelle on donnait le titre d J i;n primeur à ceux 

au verso dnqtid est place I almanach pour vingt ans, qui n’avaieii t d'antte choit à cette qualification que 

de 1 4 S S ?i 1508. Bien que le livre fiît incomplet, celtti de payer les frais d'impression d'un livre. Tel 

il a été vendu un prix fort élevé. est le cas, notamment pour Antoine Vérard. 




ATELIER DE DENIS MESLIER 



°7 



des illustrations. Nous croyons néanmoins cj ne l'édition a dû paraître vers 
i4ÿi ou 1492. 

Les Heures de Bourges, au nom de Denis Mes! 1 er, sont d'un style archaïque 
peu ordinaire et méritent l’attention des curieux. On y trouve quatorze figures 
généralement bien composées, occupant les deux tiers de la page, La dou- 
zième planche représente Us Trois Morts et Us Trois Vifs : 




La scène, généralement figurée en deux planches se faisant suite et placées 
Tune en face de f autre dans la plupart des autres livres d'heures, est ici repro- 
duite en une seule composition homogène, gravée sur ïa même planche. 
C'est ainsi qu'elle est représentée dans une des éditions en petit format des 
plus anciennes Heures éditées par Jean Du Pré, sur laquelle elle semble avoir 
été copiée en partie, sauf quelques détails dans la perspective, particuliers 

U- 




o8 



HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



à l'artiste qui a dessiné l'illustration des Heures de Bourges. Nous donnons 
ci-après les fiic-similés de deux pages décos Heures avec leurs bordures. Lime 
d'elles représente U Apparition aux Bergm ; 




Les bordures entourant chaque page paraissent avoir été gravées sur cuivre 
en relief, tant elles sont bien exécutées, dit Brunet ’. Elles offrent des figures 
do religieux, de religieuses et d'autres personnages des deux sexes et aussi 
quelques sujets de l'Histoire sainte. Les physionomies des personnages sont 
remarquables par leur expression. 

Dans l'autre page, le roi H érode, à cheval, à ia tête de ses soldats, le 
visage courroucé, ordonne le Massacre des Innocents. 



Adamtel du libraire, t. V, col. 1 66 y f 3 3 5 > ouvrage cité. 



ATELIER DE DENIS MESLIER 



Au fond, on voir la Fuite en Égypte, Dans un chemin creux, la Vierge, 
montée sur un âne, tient dans ses bras l’Enfant Jésus, tandis que Joseph, 
son mari, suit à pied et porte sur le dos le léger bagage de la famille : 




Le 15 novembre 1 49 L Mesliev imprima un volume petit in-quarto, La 
Destruction de Jérusalem et la Mort de Pilate f dont voici l’ achevé d'imprimer : 

fmffï rt piefcnf fmictit mrifufefrt befftuett 
ot) de ifytrufahtt) famoit be ptfafcjmprimc a parie 
partKntemcfFierffemourantcrç fa tue be fa 0ctpe a 
fen feigne ffu ptffe be noucm&K. laïj 

mu,(|uatm<te quatre Smgj etonje* 

Aucune autre des éditions de Denis Meslier, que nous avons pu découvrir, 
n est datée. 




1 ÏO 



HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



Denis Meslier a imprimé le roman de chevalerie de Paris et Vienne, avec 
figure sur Lois sur le titre : 

Canseflitetine 




Le seul exemplaire que nous en connaissons fait partie de la bibliothèque 
du Musée Condé, à Chantilly, et provient de la collection de Richard Heber, 
bibliophile anglais. La figure d'un chevalier et de sa dame, qui se voit sur le 
titre, est répétée au verso. U y a encore d'autres illustrations d'un caractère 
naïf placées au milieu du texte imprimé. En voici un spécimen : 



fT Comment paria vint veofr vienne ch lapaifoh tî tournent 

ellelmcongnettf* 






ATELIER DE DENIS ME S LIE R 



I ! E 



Le volume est à l’adresse de la nie de la Harpe ci à l’enseigne du Pilier 
Vert. A la dernière page, Denis Meslicr csi positivement qualifié d’imprimeur ; 

C Cf finlft Irftoire ou vaillant * noblcebeualier pi 
rfecroe la belle vienne fille ou oaulpbin oeviêno jb 
ampiime a parte en fa rue oe la berpea le nfeigneoti 
pille vert par ©enir meflter Jmpilmeur* 



Mcslier change ensuite de demeure. h s installe rue Sami-Jacqu.es, à 1 en- 
soigne des Trois Pigeons. 11 avait conservé la marque du Pilier Vert, qu’il mettait 
sur ses livres. Cette marque était encore intacte en novembre U?'. lorsqu’il 
imprimait la Destruction de Jérusalem. 

Après ccite date, elle esi fêlée dans le sens longitudinal. On la irouve 
dans cct état sur le titre de la vie de saint Fabien ei saint Sébastien : 



CjEa trie ^aint fabi'en 

tt&fnffrtafttoi 





-y gbafHenfu t wtg bSme trtfcbîefH 
pi en oe lignage oenarbone (51 fut 
_ -J ftampbeblodca^ etmapmlÊ cm 
.pereur® quiljluy bûiîlcrcnt la feigucu/ 
rtc oc la pnuereppaignieoc® cbcualter® 
et^urtcmanoerenftoufioureadtreOe/ 

I uê t eu ]p jg t c eflu]p pond t ta n r fe u 1 1 m ê t 
lemâreloelacbeualerfe/affinqufl peuft 
.conforter te® eme®oee tbicftfcne quil 

1 ^ Jlf veoft oeffoillfr c® tourmen® (2t fi corne 

jee benoitjet rtefnobk® bommee marccllfen cr marc 
frere® eftcienr lugesaeftre oecolleî pour iefu cbilft* 
leur® parensvfnorenta euljtpourle® citer oe leur® bS 
ptopo® et la vint leur mere lea cbeueulr oefrépuj îles 

veltemcnaoctfiVcï et leur môltroirfc® mamelles leur 

oifolt Jbaba ^efooulxftlî onquearetle malleurete ne 
eouint afcmtne comme amoj> ne pleur fifort afouffrir* 
Italie tbetlueie per® me® fftj qultfoft fila mort oc leur 
grc Iciquelj feelnenra le®meofêM3ta foiceiele® fup 
noie parmp la bataille fils fufrftencoiesenla tbartre 
(e tarôprope oeulfeiemourir celtvne madère nouuelle 
&e mou riripar la qlle la leu nefTeoe roee fil* clt perou c 
oc leur grc en la 4lle-lc® bourreauïjt f ont pdej qull* fi 
crcnteroeflTïremeltreperlbeïlamoireft aomoncltce 
oevenlrceftooncuouueauplear ettiouuellernaleurete 
parquop la ieunefle oe me® filjeit perouc oc leur gr« 
pareillement lavlellefle mileruble oe® paretmdt rôtrai 
ctef vfurc.lEtiteômela mm olfolîte lepere qui cftoit 
andcnfuramcneparfcsfcruCtcuro fon ebief arroufic 
oepouore oîfant telles parollc® au rfel^efü^mnu B 
mesfilïflllâsala mortocleurgrepourofrc moult oe 
cb ica: iCar ccquefauofe appareille pour ma fepultu 
re conu i en r il que iemalcureuj:oefpcnüeen la fepultu 
re oe me® fil* 0 fllj bâton oc ma vlellelTe.cîfaooublc 
lumicrcoe me: entraUk®;pourqBoj> armes vous tant 

a: 



Fui tête de la première page de texte, on voit une petite figure du martyre 
dç saint Sébastien- 





I I % 



HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



Voici la fin du livre et l'achevé d’imprimer avec la nouvelle adresse de 
Den is Meslicr, rue Saint-Jacques, à l’enseigne des Trois Pigeons : 



Be feint ftKMfïien anfttnm 
(bic t (l wrc non fz qui ùiocbiUH nornfne fenguf ne? 
ruuPtfuDltqufmlnaatuWfum non timuft net ter rené 
oignitatfagfadanquenuH ft&aDcddWa régna fcifci 
ter penienH-^iSJoïiaftbono^coîonameunioomine 
jp l nftftitiîM euro Aipct opéra manu u m tua ritift- 

- . mmk 

■ nfimitotmnoftrmwfyict omropotene oe* 
r^-etiqufa ponDiia piop lit action fa grauat bcatf 
fabfanfmartpifatulatqjpontifïcfa fn ter ccfTto gtosio 
fatiofirpwi ïaPî>^cbrtftum 



£y tint ta vie tje fafnt fabfeni 
cl fa fat fabaftfen fmprfmcc 0 parts par oenfa 
m eü 1er oeroouranren fa rue fafnt faqura a lcrt 
fefane Dca tropo PPtona-i 



Denis Meslier a imprimé une pièce en vers intitulée : La Vie er Légende de 
saina Futcre en Brie t patron des jardiniers : 



CSenfmYfr SfecffegenfcfDe (ami 
fiatvtttjtinu 

C^oufain/itüfmne fafafet iffruft 
5ea perte poutine a %ûia 
Üu centre Du fofdf qui fupf 
peneftaEutemcnfeiifn; 

Renoua fioufonefatfusaffet 
J3Du "paiifnic 5e pars &te 
ïeefaihcÇnemDeutme appeffet 
&t fupute feura fattft tt feureDitfôi 
cpoutfanteffcd)o(eDecente 
fainrç De paraDtc tongnmfïre 
&t feutooeuum £ac ccfï fa faute 
©uenoueptufccnparaDte m rtte 
Stmefutâ'Soufu entremettre 
iBî) ttfanneur De fatrinlte 
foc Défaut fa par mettre 

foungfafacr Devront quêtante 
Cefftu famet flatte eft nomme 
ÏDeDieu itonfetfeuretÇctmfte 
frefgtoucuÿ et renomme 
mme fa fegenD t reri te 
tant e/ï De fut gran t f e mérita 
ffluepouc feDefcrite Du tout 
tante/ï ma faeu eeperi t 
IQuÆminttç feauropeaffout 
fl^atôamoÿ/ïmpfe enfenbmtent 

âiifrtmemenf eij parfecr 



tatotfôue fpfiuo pmptdaee f&fltaglM 
ft>er Dorotnurçno/fcun}, 



CpfintfffaÇteeffegfitDe Defaftttf 
fiacre en 0tpe*jfmpirinec a parie par De 
nie meffter; 






ATELIER DE DENIS MESLIER 



3 



On connaît encore une autre vie de sainte, en prose, sortie des memes 
presses : La Vk de Madame sainte Geneviève t patronne de Paris, Cest un format 
petit in-quarto comme ceux que nous venons de citer, 

La Bibliothèque Mazarine possède une édition du poème De Contmpm 
Mmtdi, attribué à saint Bernard, avec ia marque de Denis Mcslier sur le titre, 
La planche porte les traces de ia brisure que nous avons signalée plus haut, 
Nous reproduisons ci-dessous la première page de texte de ce poème : 




ïtffec 

Hrtufa ttt g fffii mSSat Éîtfttfe fafutcf 
ptuira5ibceiei0i,fjn3mcaffâarcfufcô 
ÏDufdafuîittik/bfflfiaqucfiei manfïo 
$ebp:oftïfm1mtm(ï fentes ffte ogftîTo 
flDue meaSetOanuniSf tunofifatbmScnfo 
iTorffteîftiire fonenf et (tctcfiïtfwmcmenfo 
ÏDf fi0i grande Ûmûnofiti momt 9 opmntur 
peeqj ffti bontïtifii ccficaregnaparenfur 
£0enfi ficctepofpf fjetflafla pfoccrc 
0octt« ofïenftttquotnübigfoitflUnWt 

# I Jt} «0ue mtmji <ï caufft bit ç eimSï 

quie amat p prç mflfîfl ti 0 btfigif ifïnnj 
^ef? quafi fttozttt} fpernens \ t ftue tuitoïc»? 
tëftîmat o0fenfl qff miïbtiettef? atamenü 
/ ï£oftw) StfcfcftqqutÇioîficntfcfcit 
ÏDitatfettenâïîeciiG ÎCmûifafeEcnaitwj 
âfîkrtoqj foiie femo omtafie amotie 
Sbrcgtm^ reSfufpirflt mente fffiei 
jfamq^ fïS'c pfena paraît fîfprtflt amena 
'fcixq uoq^ fvû ter if a <arm s œ ni agi a $ita 
EfpfaccGrrtfïûmtmDo buty Suite ujtfïo 
JQeefi0t /intente tceaffnkÇifiinjreDiture 
^Duectfofa0nnturm(ignoqjfft0attpeftUiit 
jUccmfl feterte quta fozfSL tme mouette 
ünffuetatt) foiftôcuipaccanfîiTiaifftmotde 
pet mifKfoitÊ poterie SepefTere motHtfy 
jCur caco fefafucqiua flermte tfca patafttt 
Jlîuïicfoaiôefï ffenSufocue c|ïp errata fticn b f 

ait. 



On y remarque une petite lettre ornée, assez originale, sur fond criblé. 
Il y a encore d'autres lettres de même genre. En voici le fac-similé : 




Le volume 11e renferme pas i alphabet entier; nous 11 "avons pu trouver les 
autres lettres parmi les impressions que nous connaissons de Denis Meslier, 



ji. 



1 5 






HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



j 1 4 

Le caractère dont Mcslier s'est servi pour ce volume est une bâtarde de 
i i points. Cest la même que celle du volume de Lu Destruction 4 e Jérusalem , 
daté de 149c et de Lu Vie et légende de salue £ Fiacre. En voici I "alphabet : 

aÆîDiM© j 0? ï n 

aâc&ffefgÇifmiftti rjGpqnefttJÏÏjpj^ ff ff fl 

a6*£eMii6flg;pf> ! ’Q4q’ÿf*â 

Nous n'avons pas trouvé une seule lettre B capitale dans ces deux volumes, 
maïs on peut voir cette lettre dans une partie de page des Heures a F usage de 
Bourges > qui nous paraît être exécutée avec les mêmes types. (Voir p. 109.) 

Ce caractère ressemble, à s'y tromper, au deuxième alphabet de bâtarde 
de Pierre Le Caron. (Voir fac-similé, p. 91.) Il n y a de différence appréciable 
à l'oeil que dans ia lettre majuscule I, qui est differente, et a par-devant un 
long trait qui n'existe pas che7 Mcsiier; la capitale C est aussi pins renversée 
en arrière die/ ce dernier, et (e plein supérieur un peu plus long en avant. 
Il y a encore quelques légères différences presque imperceptibles dans d'autres 
lettres et dans les signes abréviatifs. 

Nous attribuons à Denis Meshçr j édition du Testament de Villon t dont nous 
donnons ci-dessous la fin avec I achevé' ^imprimer : 

jTf ftnffïfe çtanf tîfamtrt ma& 
ffcr/TmcopBftffoi) ^ûrf coùtdffe/ 
ctfee fiaffoS ee:i 4 iargo^ tBt fc pef if 
t î flamtnf Jmpilme a pmm 

Cette édition, dont 011 11e connaissait pas encore ['imprimeur* est composée 
avec les caractères dont nous venons d'indiquer les particularités. Elle a passé, 
jusqu'à ce jour, pour être la première de Villon; mais, étant donné que 
Meslier n'a commencé à exercer quen 1490* elle ne saurait être antérieure 
à celle de Pierre Levet, datée de 1 4 8^ 1 . (Voir t. I er , p. 439-441.) 



Cette édition était considérée comme la pins 
an tienne par l'abbé Prmiips.mlt., ['éditeur de Villon . 
Ou 11 en tonimssair, jusqu'à ces derniers temps, 
qu'un seul exemplaire t celui de b Bibliothèque 
nationale* dans le recueil ente V 44°4 (Réserve). 



Un second exemplaire bit partie de b bibliothèque 
Rothschild. H est déenr dans le catalogue rédigé 
par M. Émile J^icor (l. I er * p. 256-2^7, 11 ° ^50 }. 
C'est un petit in-quarto de feuillets, dont les 
pages les pins pleines colportent 25 lignes. 




ATELIER DE DENIS MESLIER n; 

Le titre, que nous reproduisons ci-après en fac-similé avec La première 
page, débute par une grande initiale L calligraphique, en traits de plume 
enchevêtrés, avec muscarons et têtes de dragons fantastiques. Cette lettre a 
été copiée, en 1495, par un imprimeur du nom de Guillaume Mignart, 
demeurant rue Saint-Martin, qui s*en est servi en téie des Complaintes et 
enseignements de François Guérin , marchant de Lyon , et par Étienne Jehan not qui 
fa employée pour L! Oreloge de dévotion, de Jean Quentin, 

Cprômence fegwttf codtriftV 
(Ueffamfr maffïre frfitüfBSiffiî 

iérffüt) de moi) fttnftefmeaage 
ffiue toutcemca^onftôteii^eiieB 
fie du tout fof enroi m faige 
/loi) oBfïant mûmfeepemesfues 
2 efqueffeafap toutes tfteueo 
^üuffjfa maci) ffjtfiauft Ûûn/ftgnp 
âe euefque tf eff feignant fes tues 
fflSutfüiffemteijtefetegnp 

fi©on feignait neff ne mdcucfquc 
Sou05 fui ne tien» ftf neft eij fdtge 
^iop ne fut dofôandmagc auetque 
Je ne fut o fa ij «efne fa eifrtje 
fDeu ma Ûurtepetife m\t§z 
Æfde frütûe eaue tout Sng efïe 
2 atgeou cfïtoftmouftmc futacÿc 
^cf fut fût t dieu qutf ma efïe 

Æf far mnj meSüufüitt*pîend:e 
gt, dite que te fe mauf dis 
flot) faiefe 0 terj fe [ïetenten&ze 
&t) xitr) de fui te ne mefdte 
Suoicp tout f e ma f que tel] die 
Sif ma efïe mifcckoiô 

a,it 

Parmi les antres impressions de Denis Meslier non encore identifiées jus- 
quicij nous citerons Le Débat de deux bous serviteurs', qui a cette grande lettre 
du Testament de Villon > et Le Débat du Vieux et du Jeune L Sur le titre de cette 
dernière pièce on voit [a figure de Paris et Vienne (voir p, 1 10), légèrement 
ébréchée dans le filet du bas, La marque de Meslier, fendillée comme dans 
La Vie de saint Fabien , se trouve sur une édition non citée des Rues et Eglises de 
Paris arec la despence qîù si fait chacun jour, dont un exemplaire est conservé à 




lon/tk pétition CüMallc-Jpemrgoii 
fialaûes. 



Catalogue Je Li bibliothèque Rothschild, t. 1 1 il h a 2.587, — Idem, l, HT, n° 2588. 




6 



HISTOIRE DE L IMPRIMERIE EN FRANCE 



la Bibliothèque royale de Dresde. Comme son confrère Le ( aron, Meslier a 
imprimé des pièces Yoiam.es et des relations du temps que Ton identifiera tôt 
on tard. Outre le caractère de bâtarde dom nous avons donne ci-dessus le 
spécimen, cet imprimeur a fait usage d’un type gothique d un œil assez large 
de i o points j avec lequel il a exécuté le roman de Paris et Vienne et ensuite 
La Vie de saint Sebastien, Nous en donnons l’alphabet ci-dessous : 

abcDCfGfoitmnopqrzôftuVïpî * : t C 

La maison du Pilier Vert, rue de la Harpe, dans laquelle Denis Meslier 
avait établi son premier atelier, était près de la rue des Deux- Portes ] . Celle 
des Trois Pigeons t rue Saint -Jacques, où il vint en su il e, se trouvait presque 
au coin de la rue du Cimetière- Saint -Ben oit, près du collège de Cambrai'. 

Il ne nous a pas été possible de fixer d’une manière exacte l’exercice de 
cet imprimeur. Nous n’avons que les daies de 149 0 et [ 4 p l Slir deux de ses 
livres. Il a certainement exercé après 149 U mais nous ne croyons pas qu’il 
ait dépassé les années i 4 p 4 ou l 4 p$- Ses caractères de bâtarde passent, en 
1499, chez Nicole de La Barre. 



’ Les couiinuatcnrs île Beriy nous dorment les 
renseignements suivants : « Ma\sm du Pilier Vcrd, 
ayant du, selon foute apparence, foire aussi partie de 
pourpris de l'H&el dePürej^ ; elle avait h peuplés au- 
tant de profondeur que la Nef d* Argent et le jardin 
qui la continuait. . . » Deux notes recueillies par 
Berty et perdues dans ses papiers soni ainsi conçues: 
k Trois corps d’host'd, deux de va ut et un derrière: 
k Pilier l^erd. Le Pilier Vérd f lenant d’une part h 
Grégoire, d’autre part a René Perrin, aboutissant 
â Gilles de Berty. . . * La NefrPÀvgeut dm a 
sa position d’angle d’être bâtie ayant les autres et 
détachée du ponrpm de P Hkd de F&re^ ei toutes 
les maisons cor. prises enire k rue des Deux Portes 
el le cimetière des Juifs, ei ayant leur façade sur 
la rue de la Harpe, ont pnur origine [e lotissement 



des terrains de l’Jiûtel. ( Tepegrap/Àe histûtiq ue du 
Vieirx Paris. Région occidentale de l’Université, 
p. 4°4; ouvrage cité.) 

La maison des Trais Pige&us v. doil être la 
même que celle des Treis Ceukus. Elle s’appelait 
la ALaisan aux Trois Coi\kns en 1320, et fa Addisan 
du Cn i/tn en 1380. Pour celui qui remontait la 
rue, elle était la troisième avant la maison faisant 
le coin septentrional de la rue du Ci meliëre- Saint- 
Benoît, dans laquelle elle aboutissait. Elle fermait 
la limite du collège de Cambrai, leuait vers le nord 
à la maison de la Hausse- Gilet A et vers le sud à k 
maison de PHbtel de P Etoile ou de la Couture. » 
V. Berty. ALaiseus les faxuewx tuiprhueurs t dans 
ï 1 Annuaire  1 Bibliophile } de L. La cour, auuée 
1 86 1 , p. 1181 1 9 



CHAPITRE XXVII 

L’IMPRIMERIE À PARIS 



ATELIER DU PETIT LAURENS 
(1490-1 500) 

Première 1 ; impressions du Petit Laurens datées. — Ses livres illusirés. — V Ordhiayre des Cresiietts. 

■ — La Danse macabre hyslorUe. — La Nef des Folles. — Ses autres publications. — Le Roman 
de la Rose. - — Rareté des productions de cet imprimeur. — Sa marque et sa devise. 

Le Petit Laurens n'a pas signé de livres avant 1 4 5? 1 > Ü a peut-être com- 
mencé un peu auparavant, mais nous n'en avons pas de preuve absolument 
certaine. Voici sa marque d'imprimeur, qu'on voit sur le titre de LOrdhuiyre 
des Cmtkns, qu’il a exécuté pour François Régnault : 

.Æoîûmapre Des aeîtiem 




pont jjtmçop icgnwiEt 



Le Petit Laurens a publié une édition in-quarto des Chroniques des Rois de 
France t datée du i cr décembre i^is et il imprima ensuite, le 20 mars 1 4 ^ 9 1 






HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



f f8 

(i 4 p 2 i n. .st.), Le Del? m du religieux, er de domine mondain, pièce en vers de 
i 2 feuillets. Presque tous les livres qui sont sortis de ses presses sont des 
[ivres français, dont plusieurs ont des figures sur bois; mais, de même que 
T reperd et plusieurs autres, il ne fes a point datés, de sorte qu d n est pas 
possible d’en dresser la chronologie exacte. 

Lé Ordinayre des Cresàeus , dont nous venons de donner le titre à la page pre- 
cedente, est un livre illustré. La plupart des gravures sont ies memes que celles 
qui avaient déjà paru dans U An de bien livre ci de bien mourir, publié par Verard 
en i4p 2 ; d'autres en sont des copies ou des réductions, comme celles des 
Apôtres reproduite ei-dessous, et du Sacrement de Baptême. (Voir p. 120.) 




Lllhistratron la plus remarquable de ce volume est une grande planche, 
qui se trouve vers la fin, représentant la Cour céleste. Ce sujet avait déjà été 
traité dans I édition de Verard, an chapitre final des Joycs de Paradis; le dessi- 
nateur s’en est évidemment inspiré, niais ce 11 est pas une copie servile. La 
composition artistique vi le groupement des figures sont differents; les per- 
sonnages sont pins nombreux et leurs attitudes ne sont pas les mêmes. 

Cette planche, qui peut soutenir la comparaison avec l'original, est signée 
d'un monogramme de graveur dans le fut de soubassement des colonnes, ci 
droite et à gauche. 

La meme planche reparut, en 14991 chez de La Barre, dans La Légende 
dorée, puis chez Hopyl, dans le même livre imprime en flamand, à Paris, 





ATELIER DU PETIT LAURENS l}1 

en 1505, Auparavant, elle était passée à Lyon chez Jean de Vingle, dans 
une autre Légende dorce du 20 juillet 1 4 97. Elle reparaît encore en 1529, 
chez Josse Bade, dans l 'Encominm Trii/m Alnnarnni. En voici le fac-similé : 



20 



HISTOIRE DE L’IMFRfMERfE EN FRANCE 



Le Périr Laurens a utilisé, pour l'encadrement de ses pages, des bordures 
de diverses provenances, tirées notamment des livres d'heures de Du Pré et de 
Vérard, et jointes bout à bout, comme on peut le voir dans l'illustration qui 
suit représentant le Sacnmenr de Baptême : 




On remarque les memes combinaisons d ornementation autour des deux 
planches de la Mort et Rêmnrction du Chrétien t 




ATELIER DU PETIT LA U R EN S 



l 2 T 

Ces deux planches reparaîtront» sans leurs bordures» dans deux autres 
livres sans date» signes du Peiit Lanreus : La Dame aux Aveugles, de Pierre 
Michault, et IJ Introduction an sacrement de Pénitence. 

Ce dernier ouvrage est la traduction française de \* Erndkorium penhentiale 
que nous avons attribué à Antoine Caillant. (Voir L I er , p. 320,) On y retrouve 
les bois qui illustraient ! édition latine» ainsi que la planche du roi assistant 
à la messe qui figure dans Le Livre de honnir meurs, imprimé par Caillant en 
1487, (Voir fac similé» L 1 er » p. 307.) 




A le Petit Laureus po 
ressemble exactement 




1 11 



HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



Pierre Levet paraît setrc servi le premier. II n en diffère que par une seule 
lettre, FI majuscule, qui u’est pas le même, ainsi qu’on peut le constater 
d apres le fac-similé suivant de Fadicvé d’imprimer : 



■TpySrçfip tmffïptlf? feinte (i îiii*apefec5m^emc(Pffwnfii« 

1 1 fcfmgSr,jSffm)mliraccc,foiyarifEffiy.fey^tLjoiitSeffl(ipapg 

fintamafioij Sc noff te fcigrEr fuf ptemie ternit cfffumii«cejJ|ÏÉ 
fuite efquef^ ans p îoute $aG &ffr pfuegtâC m af qui pour wif efïte Sif o« 
pen fe auoic efïf ce a ne {i toute SeuanSifj/crfï quefte f3m anSemfe ffe 
5î eu fo ni pi ef q uc (ou e Scfpj i fe $ tt t trf05n afif cm U (t efpa ffe j ; faej fife cÇ q 
fetft fc pfue gtanf cpccj Scia Sou foureufe pitié q puifleefhepmûcsinw 
tac par cdffenfiqR que piee quefouffemonffeqmtegfuoi cceftefpenf 
feup et Sangemip ioute Sa a petSitimj.ïa confîffcrqfiorç Suquefeçcee 
a efte caufnnotiucSe fa compofltioi) Se ce piefnif fïute pour fa amfôfttf 
t iotj tnio ca ( î oi) ffee (1 m pfee çe n e ♦ & t affi q q ne ceufp qu t fcî oufSto nf 
fpjeou efcmifet pittflenf confîfimt ce quifjottCBouc au faincf fiapCefme 
ef aufJicnfenStcfq SctifcSeecominanSeiiicneSeSieuaSeeocnutcoSe 
mj'fcttcojSc/patfaqueffe conguoiffancei^fe pouttft commet æ purifiée 
S e feu te pcc jjc^ p at fai n cf e (t trtf it ce c 3 fefftot) a cta i n fr c (t te ffoufi re t fe& 
IJoiri 6fee peinte Smfct e j) ferm c e fpeta n ce b e po uoj t p atueni t a f a f te fi 
gfüjieufecapqiçîttpe SeparaSjemopmnanffapSccffiencSicfJoi) ffefoitf 
(efa6ertoi/îe(tmife«uquefpeteTif?/tfrttincfcfpcri(foif53neut(t^fotÿ 
tcquciefefei) (meeîp^ocfïcufnurtccffeiiipctHmet), 



notifflÏTnte w'é 
btie ififlbûi c# 
culofa.fl-tbi.iff. 
©enkt quale 
liôfuftcFtfitjcquo 

genres effecrpcïi 

vfcpadJ^oiilud. 
t>af).ttt.3Q?uiaff5t 
vocail paucf vero 
dccK.ZPaib*ff*C 



jÇimftfe FimxnSmcfojSmaiteScef^cfïtcnenouucffeiiimf 
0pfïoiie + 3mpilmc a patte patfcpefif ïautene;poiîtftan 
cope tegnaufffifiïaiuSeinoutSfflHSifpatteeqfattiefaïf 
Jaqiieeafptna^cfamtfifawSfp 



Parmi les éditions illustrées sorties des presses du Petit Laurcns, nous men- 
tionnerons, eu première ligne, une édition petit in-folio de La Danse macabre 
hhfrmce, dont le seul exemplaire connu se trouve à la bibliothèque de la ville 
de Poitiers. Il est sans date; mais, ainsi que nous l’établirons tout à Fheure, il 
est postérieur à l’année 1 4 <? 4 - 

On y trouve vingt-deux scènes, comme dans la dernière édition de Lv 
Danse Macabre imprimée par Guy Marchant. À première vue, les illustrations 
paraissent être les memes; mais, en y regardant de ires prés et eu les com- 
parant entre elles, on s’aperçoit que ce sont des planches differentes 1 , en tout 
cas celles du Petit Laurcns sont d’excellentes copies. 

Les planches nom pas tout à Elit les memes dimensions. Il y a une diffé- 
rence de 5 a 6 millimètres, tant en hauteur qu’en largeur, dans la planche 
qui représente l’auteur assis dans une chaise gothique. 

Les détails, tout en restant les memes, sont légèrement agrandis dans le 




ATELIER DU PETIT LA U lî EN S 



dessin de l'édition qui est an nom du Peut Laurens; les différences se per- 
çoivent dans les accessoires, tels que les livres posés sur le pupitre ic plus 
élevé de droite * qui ne sont pas dessinés de la même minière, et dans la 
balustrade supérieure de la chaire et du pupitre faisant face a fauteur, dont 
les petits chapiteaux paraissent ici sur fond noir, tandis qu'ils sont ajourés 
dans la planche de Guy Marchant. (Voir fac-similé, t. I er , p. 338.) 

Les traits des physionomies de fauteur et de fange qui déroule le ruban 
du philactère, au-dessus de la tète et du pupitre de fauteur, ne se ressemblent 
pas. Le milieu de cette handcroHc est vidc^ dans 1 édition de Guy Marchant, 
elle est remplie par deux vers latins : 




Pour la première planche de la Danse, qui représente le Pape et P Empereur, 
f écart ifest que de 1 millimètre de hauteur en plus et de 4 en largeur Les 
différences sont presque imperceptibles. 





HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



À gauche, la figure grimaçante de la Mort qui entraîne le Pape n est pas 
[a meme, ( Voir fac-simiîe, t, I", p. 34°-) 



toaÇ* ccr(aqiiï§cttj:^ffft((ftC fffa ^ûmotrqtilSamrijqiioSf^emrpaSefdmaïl, 

fywaflt ittfCf ta/Srfmon 3a8o m&L £ïïfuo mante flmoiiwtiamoïltalM moii 




tuwïmj $ fe nto ihjoï ô fti p t r* /f £otrï$*f rdt j©u I G fu 6 fï me £ ertu e i )5 eprs <jff ffRa piefïfl n* ■ 
'j&ifflm f fee fi mif i canSicfon; f fa fl r ne £3tie mit fl f tu tu i8f t ar t Çt c mtf 01 nutif unf 

fiamotf jtamoit 



©ouequi 0 iues certainement <5f 0oue Ce notj pareif Su monSe 

jÔuopquiffarôeainfi ©artferee JDrince t (rigueur g tant rniperiere 

£0<ii6 quant, ©ieu fe feef feufeme nf flaiffevfauft fa pomme © 02 tonÇe 
3$utfee comme S '.ne fecee 3 cm re [ceptce/tymBte Saniece 

J&aty pape 0oue commence ree Jeneftous faitay p ae 9c rriere. 

iLomme fe pfne Signe feignent jôoue ne pouce pfue feignent» 

Gn ce point fionuoiee feree Jemmeyne tout ce fï mamaniett 

Su granf mai /F reefî ©eu fonrtcur ÿce fit} a Sanj fauft tous mourir 

Æcpape ^empereur 

Jfya fauft if que fa Qanfemayne lenefcapÔeuanf qtriidppefTe, 

Æe premier qui fuie ©ieu en texte ©e fa moif quanfi me Semenc 

0ap en ©ignife fouucraine Srmerme fauft ©e pic ©epefft 

G V fcgfi fe comme faint piette Cf ©ttnfinfeuf.ee me fi grartf peine» 

Cf c3me autre moif m e 0tenf qu erre ^mrtouaaj> eu gran Scu r m onSajne 
Cncaiee mourir ne cniSaffe Cf mode me fauft pour f ouf g âge 

£0aisfa mo:f a foqe m aine guerre ÈDueffe ©ece mo:fef©ommaine- 
pcuSauff^onneurqaififo^paffe ^eegranencfonfpaeSauanfaige 

ai// 

Celle de droite ressemble davantage à l'original de Guy Marchant, mais 
elle est plus ombrée. 




ATELIER DU PETIT LAURENS nj 

Tout le reste, les costumes, les attitudes des personnages sont copiés avec 
une fidélité scrupuleuse; 011 ne trouve de dissemblances que dans les touffes 
de plantes et d’herbes du terrain sur lequel se passe la scène. 

Le volume se termine par cet achevé d’ imprimer-. Cyjtuist la Dame macabre 
historiée et augmentée de plusieurs noimaulx parsoiuieùges et beaiilx dit £ tant en latin que 
en jmnçtys nouvellement ainsi composée et imprimée à Paris par le Petit Laurem : 



pen|c to pomt qut famé qaor> veme 
Ctque pteicjne ftp poifftmcc mondaine 
£)e(aeoay car mort Sir nfoa fonSaine 
iDne8rtueatopa fotjffopSarf ÇoiriSfe 
acoap comme c0o|etnuifi6fe 
2Dne pae mratae (aifit axtuimment 
l&e'ôtte.Men prccatti (eutement 
aitifimo.’tae to(t fatiBConftiffop. 
■^onf (nfctaepap ©tttit) tnjjrmen 
i5ommc ©rffait et a petSictop 

i5 om me en petit fafc&e certainement 
©Br U to nae antîe%ou(oU6tiefmmH 
7&e famenSet ne autre ©rnoriop 
(Sa te Serras Sng ionr fnfiifmient. 
£>cmme ©effatf et a petSiriop. 

arteiîouapwfjbsfucmffimcnfc fiffeffo? 

Jnpemurrçf odette rpniptnïfiif op«e 
fluffue aSIji « poCuif Quitte contins ;cw fumirmnj 
Bre moSopmiu nequifc <ue BcBif mm Jtmrçj 

ferir fuif ifbîf rira qua8 conStoî mBfcat dns 



Æpftm^fa©artfe maca6ie flifïoiter et 
angmdfee ©r pfufte. e nonneautjc pat 
fowiatgea et BeanCf ©itj/fant ep feffp îf 
rnfrartcope nomtrffement ainff compo» 
fee 6 1 impfftnee a pattapar^e pt fit fa» 
reno* 



On retrouve, à la fin de cette édition, les vers composés en l’honneur de 
l’imprimerie par Jean de Rochechouart, évêque de Saintes. Ces vers semblent 
indiquer que le typographe et le dessinateur ont tous deux rivalisé de zèle, 




HISTOIRE DE U IMPRIMERIE EN FRANCE 



1 16 



en Elisant chacun de son mieux, et que personne ne pourra tes dépasser dans 
leur art-. 

A ne nova si cernis menu libellas t 
Jngmium tôtiens exupemhït opus. 

Nullus ndhuc pomlt hujus condngm summum; 

Ars modo phtra nequk; ars dédit omne muni. 

Chaque fois que ta pensée se reportera sur ces livres, produîis de fari nouveau, 
cette œuvre dépassera ton imagination. 

Personne iTa encore pu atieindre ce dentier degré de perfection; l'art ne peut faire 
mieux et a donné tom ce qu’ou pouvait en aitendre. 



Le Petit Laurens lia fait que reproduire une édition d n La Dame Mnailm 
que Guillaume Le Rouge avait imprimée à Troyes, en 1491? et il s est servi 
des memes planches, ainsi que nous avons pu nous en assurer. 




Æaûattfêtnacalm 








ffJtfltÏQimi 





Le 30 mars 14^3 (1492 v. st.) ? Guillaume Le Rouge imprimait à Troyes 
un autre livre, Les Pastilles et Expositions des Episires et Evangiles > avec figures sur 
bois et quelques bordures. O11 voit le Petit Laurens employer la bordure 
fleurdelisée sur fond noir des Pastilles , coupée en partie sur l'un des cotés, et 




AT F LIE R DU PETIT LAURENS 



ï 2 J 

l'insérer avec d'autres dans U Ordinaire des Chreslkns nomdlamm hystone. (Voir 
p. 120.) La figure de la Résurrection du Chrétien , que Ton voit dans le meme 
livre avec une cassure à gauche dans le filet gras (voir p. 121), est encore 
empruntée au matériel de Guillatime Le Rouge, de Troyes 

Le Petit Laure ns employa > pour le texte français de ce livre, un gros carac- 
tère gothique de 14 points, copié sur celui de Vérard et dont voici [‘alphabet: 

4D .:*/ fT ff lï 

ûfic&ÔcfgÇùfrtiroîitropqrjefÉuSjrjoj 

Les vers latins qui précèdent les vers français sont imprimés avec un carac- 
tère pins petit, de 12 points, dont nous reproduisons aussi l’alphabet : 

aûcffffgÇifmnrtîÿopqoeftwS^ * : 
à&1(tïrnrfôp#^<p%r*itü ff ff fi 

Le Petit La mens a imprimé pour le libraire Geoffroi de Mai nef La Nef des 
Folles ( in quarto. 

fiÿ ftmftapîcfcnffiüte inftfufcfancf Srfoffceïm 
pûmc npuHtffmenf aporie par p€Üt ^dutem pour 
geaffrop Senmmef Mimt Semûurartïgparig njfa 
me faînt^cicques a ( m feigne 6u pcfficarj. 

C’est le plus beau livre illustré qui soit sorti des presses de ce typographe. 
Nous en donnons ci-dessus f achevé d’imprimer. 



J Ce bois est intael ei 5:1115 Eirisnres dans Le Débat 
an cerjfs et de tmn\ pièce en vers ajoutée à La Danse 
Macabre de Troyes ( que le Petit Laure ns n'a pas 
reproduite dans son édition. On le retrouve encore 
dans d'antres publierions du Petit Laurens que 
nous avons signalées. (Voirp. 121.) La mutilation 
que Ton remarque dans la bordure des PestUks 



et la constatation que 110ns venons de faire de bois 
irnyens lestés dans l'atelier du Petit L.anrcns nous 
bull croire qu'il avait acheté toul on partie du 
matériel d'illustration de Guillaume Le Rouge, 
après l’impression des Pastilles de 1 4-9 3 j eT nOM 
en concluons que La Danse macabre el JSOrdbiayre 
des Chrcs tiens sont postérieurs à celle date. 




HISTOIRE DE L'IMRRIM EKH1 EN FRANCE 



128 

Sur la page de turc, ou voit la figure de la nef vagua u 1 à lave nuire sur 
une mer tranquille. 

Au-dessous de cette figure se trouvem ladresse ei l'enseigne du libraire : 



*Tp7 % nef ica foUt&fyl on les cinq Us ûc 
JLi-namrerümpüfee félon leuagiUeùe 
mofctjtneurfainfî^afbim DesflttaUietv 
fie® qui tic piitibiet point DupllefUiecqueB 
mljtrpour mectreeu leurs lampes 





Voici l'alphabet du caractère avec lequel le texte de ce livre est exécuté : 

aGc3brfq$t6ffnt9iit)opqtïdftu9pp^ 

ff ff (ï . : ^/ 

C'est le meme type que celui de UOniumyre des Chrcsikns (voir p. 122), 
semblable, sauf la capitale I, à la bâtarde dont se servaii Pierre Lcvei 
J 4 <? 4 - (Voir alphabet de Lever, t. 1 " p. 416.) 



avant 





ATELIER DU PETIT LAUKENS 



2 9 



I ii première nef est celle des Folles d'Eve, conduite par deux démons 
déguises en fous. Eve est ;lu pied de l'arbre au fruit défendu servant de mât 
il la barque : 

lapiemicc* nef BeôfoffesBc Une jfb. i. 




r aptmim feffe ttfuie 
,1— i-tfDuî feîfiepitfûufE^fibtnînct 
JËrçœffc nrf ic me «finie 
fccmfanf&aeftfjauft gcwuetnet 
Je fmp fut feufeefit fermer 
Je cognoiemafïjajifie© r ïoîffce 
èm^fofffeftwiefeiimener 
toene^nmipterfir SojnoitHeffrft 
iDenejfîûmfCf&imoifeffeitt 
ftene^ cp ficfienedjemwer 
Hmme^ So^ftfïïeputffïee 
point ne fee Seufjp^twiSonner 
t>n tontine Seufy fteftemmer 



Adam s’avance près d'Eve, qui récite des vers appelant la compagnie de 
autres folles : 

La première folle je suis 
Qui doibs sur tomes dominer. 

En ccstc nef je nie déduis, 

Voulant bas ei liault gouverner; 

Je sçav sur toutes discerner; 

Je cognois mastz, cordes ei voilles. 

Venez folles sans séjourner, 

Venez compter de voz nouvelles, 

Venez dames ci damoiscllcs, 

Venez ci détiens cliciiiincr. 




HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN Y RANCE 



1 3 o 

An milieu de fa seconde nef, conduite par de jeunes et élégants rameurs, 
se trouve debout ime courtisane qui arrange sa chevelure, tenant un peigne 
d'une maiu et de l’a Litre un miroir dans lequel elle se contemple. Son com- 
pagnon aide à monter en barque la société de jeunes folies à longue che- 
velure qni attendent sur le rivage : 




Italiens trop estes esbahys, 

Trop paresseux de cucur et de pensée. 
Ne soiez plus, je vous pry, si oysiz, 
VosEre douleur est malmenant passée. 
Ordonnez, vous menez du îout la paine. 
Doresn avant fuyr oysiveié. 

Par cliascun jour la paix on vous ameine. 
Osiez courroux ; prenez joyeuselé. 

Voiey ma harpe qui présent vous invite, 
Vous rcsjouyr ce jofiz temps nouveau. 
Aussi le boys verdoiant vous ineiie 
Avec, scs Heurs et le chant de J'oyscau. 



Il y a dans ces vers une allusion à la conquête du Milanais que Louis XII 
venait de faire sans coup féru, et au bon accueil que fui avait témoigné 
la population, lors de son entrée à Milan, le 12 octobre i 49 p> 

La troisième nef est celle du sens «de ouyr». Deux femmes font de la 
musique Pune jonc de la mandoline; l’autre accompagne de fa harpe; une 
troisième, coiffée du bonnet de folle, agite ses grelots, se lève an milieu de 




Oii estes vous mortels de coumige ! 
Gens sours aponchez vous vistemem, 
Venez, venez. Saillcz îost de r.aige, 
Trop avez demeuré longuement, 
Venez tost. Si orrez doulcemem 
Le doulx vent de Zépïiire et ses seurs. 

Les folles du sens «de odorev» se tiemu 



sut dans la tjuauième nef : 









HISTOIRE DE L'IMPRIMElilE EN FRANCE 



Une troisième, se penchant à (avant de (a barque, appelle ses compagnes 
qui cueillent des fleurs sur le rivage et les interpelle en ces termes : 

Venez, folles, hastivement 
Qui odorez bonnes saveurs 
Et portez en habillement 
Robbes de diverses couleurs. 

Venez, apportez voz oudeurs 
Et voat pouldres de violettes. 

Venez, venez, mes bonnes seurs, 

Saillés toutes de vos chambretes, 

Céans vous serez îenuz sécrétés; 

Entrez toutes en ce beau lien. 

De fleurs serez tontes couvertes. 

Dans la cinquième nef, qjii représente le sens «de gouster^, une table est 
servie; on vide joyeusement les gobelets en se laissant aller au grc des flots : 




O vous chevaliers paresseux 
Menant vie sardanapalique, 

Levez vous du dormir oyseux 
Il est temps que chascun s'aplique 



Pour Dieu veuillez avancer, 

Vous verrez c.y commencer 
Les banccjuctz de lagent gourmande, 
Lesquclz on ne pcult appaiscr 
De toutes sortes de viandes. 




ATELIER DU PETIT LÀURENS 



'33 



La sixième nef est celle du sens «de toucher». Plusieurs couples d’amou- 
iuix comme n ce in leurs ébats en s’embrassa m et en se [minant : 




O compagnie amoureuse. 

Génie, plaisante ei joyeuse, 

Âpprouche toy : je te requiers, 

Car pour luxure je te quiers, 

Tu es sa cure et pensemem 
Très aggréablc entièrement. 

A I avant des nefs flotte le pavillon allégorique de chacun e d’elles : la 
Luxure est symbolisée par un bouc, la Gourmandise" par un porc, et ainsi 
des autres sens, selon Temblcme attribue à chacun d’eux. 

Les illustrations de Ln Nef des Fades sont d’nn dessin facile et tout a la feus 
soigné s Les moindres détails des costumes sont rendus avec une précision et 
une recherche qui charment. L’artiste a fait preuve d’un véritable talent dans 
le jeu des physionomies qui caractérisent les passions qu’il a voulu repré- 
senter. Ces figures sont des meilleures parmi celles de l’école française du 
xv c siècle; elles nous paraissent cire de la meme main que celle qui dessina 
les personnages du Compost ci Ktdmdfier des Berger es, publié par Guy Marchant 
en \ (Voir fac-similés, t. I tr , p. 38^-387 ) 



1 Nous avons reproduit ces figures d’jprès l'ad- 
mirable exemplaire imprime sur vélin, lègue à fa 
1 '"rance par le duc d’Aumale, et faisant acLujgpe- 
m^nt partie des richesses ariistiipies du Musée 



Coude, à Chantilly. La BibEiodu'Ejiie Nationale ne 
possède pas ce livre M. Prnctor en signale nu .antre 
exemplaire an Musée BrUamïkjiie 1 /tdt'x fs ejrty 
prtnteJ fash y n° S 177; ouvrage cité 





134 HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 

Ces gravures om reparu dans une édition ianue imprimée a Paris, pour 
le compie du même éditeur de Marnef, par Thielman Kcrver, et datée de 
Fan du jubilé j 500, le xu des Ccalendes de mars. 

Le Pem Lanrens a imprimé la première éduimi du Dm Tulles des Offices , 
traduii par David Miffant, de Dieppe. Cest un très beau livre, jusqu alors 
inconnu, qui se irouve dans la bibliothèque du baron James de Rothschild r . 
Un aune exemplaire, ci lé par M. Pructor, figure au Musée Britannique - . 

Voici le fac-similé du titre de ce volume, de format petit m -folio 1 : 

enftipt l e Iture 

bulles ûcs offùes-£eB 
a Dire Des operations bu 
maines:ÿemieufes etbo 
nettes, familtafmnéfc de 
remet; et félon la trmj?e fè 
tète et mfencto De larteur 
f ranflate en franroys par 
bonnoiab le et ptuDeut bo 
me^amDmiffanfwfril 
lier et gouuerneur De la 
totilebe j^t'eppe : au quel 
Iturer&afmn borne pour 
ra pienbre biaps enfet'gnemens De bien et bonettemetit bture 
en fottete humaine félon bertu moialle-moyetmantla quelle 
auerqs foj? pourra paruemr en la gloire etemelle De paradis 
qui ettlafmet fouuerainbienouronftfte félicité bumaine. 

La grande inuiale S, formée de deux dragons al >1 nichés que Fon voit en 
tête, csj une imitation réduite, avec quelques modifications, de la lettre de 
Lu Mer des Hystdms de Pierre Le Rouge. (Voir t. V\ p. 480.) Ccne lenre 
a été copiée assez exactement, avec 2 millimétrés en moins de hauteur, a 
Lyon, par Fimprimeiir Claude Dayne, qui a donné le 15 janvier i/[p 7 
v. si.) une antre édition du même livre de Cicéron, Des Offices. 

L'édition de Paris est sans date et imprimée «par le Petit Laurcns pour 
discrèie personne Jehan Peiit», dont la marque sc irouve au bas du titre. An 
verso, on remarque la figure de Fauteur de La Dame Macabre , assis dans 
une stalle gothique devant un pupitre. (Voir p. 123.) 

1 Çiitdlpgïie KahschiU , i. HI , jC 2556^ ouvrage ckê. 2 Index m mrfy pfmtcA hvh , w" Ht 7^ 
ouvrage cité. 





ÂTHLITIR DU PETIT L AU RENS 



■ 3 ? 

Le Petit Lanrens a imprimé le roman de chevalerie d'Ogkr k Dannoys f 
qui! a signé, mais sans y mettre de date : 

B ^ f tfuen j it 8c Bku ft Zt f om 
fa court œfiefle*£p fîmfîte tom 
mon! nomme ogttt fe fiânote 
parfant Se e Si fee üit tôt tre et 
gume poiieff®q«îfeuttnfem 
Bfepfufimte noflfeo piïceepü 
rojw^onÉrefeô 

Sente* JmptimeapatUpm 
le petit faurme, 

Le titre commence par une grande lettre sur fond noir dans le style de 
celles souvent employées par les imprimeurs lyonnais : 




uûgflnicîrïaune 

tttari^ujfitfp 

BeepeteBe fronce/ fequef auec fripSe Su uop ^atftmupgne^affu fee papeitefjoïô Se rSme 
JÊt rnnift fc pape etj fonficgc * fitconquift tno jra (mtfifee mon® f«rnÿin6 m cfamp Se 
CotiâffWafîuf^uotr^uittumont top BegppfeBcwmf Btr. , 3g>îüfjpet fouf jaijBefiafiifop 
ne Beuanf ÂaorçÆ lu ftam oq foi f fmt Seyant aae*0f f y f couton ne ^p Bengfetme-tef top 
Batte/ et cBquiff :pfufteure autres £atflC3teeftfTfe3t!^)giet 

Le volume* de format petit in-foiio, est exécuté avec les caractères de 
JJ Ordinayre des Gmtitus et de ïJki Nef des Folks , 




HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN ER AN CE 



* ^6 

l.e Petit Laurens a imprimé, en petit in-folio a deux colonnes, Le Songe du 
Vergk)\ dont il y a des exemplaires un nom de Jean Ahsot on Alrssot, libraire 
à Angers, auparavant associé avec Pierre Lever, imprimeur a Paris (voir t. I er , 
p. 4 15 ), et d antres à celui de Jean Petit, libraire. A la fin de ce volume, on 
retrouve la planche représentant I auteur de La Danse Macabre, illustration qui 
provenait du materiel de Guillaume Le Rouge, de Troyes, et dont le Petit 
Laurens venait de se servir pour son édition hïsnmk . (Voir p. 1 2.3.) 

H u exécuté pour Jean Petit une édition du Cominmkr d* Anjou n du Maine 
et Le Mkthx de la Passion N os ne Seigneur lesitemi : 

C# fonnîurf/üfafûHSÿr nofîrr ftigiïv 
trfnniftet bf fatourtbeparabfaaf/îf rmpif 
mff apaci&afitpïeftntitpafïtat) par j&piï 
t tt Ta u 1 t nû pour jfrftnoia 0fr 0o m mr Jl ej) 
prtft fiËiafreüf funnierfrfe br parie: bernons 
rant rij fa eue fat n et Jaq uf e ou ptnb po ut t n 
frtgnrfrfForjbatgrnÉ 




Le une de celte édition, que nous reproduisons ci-après, est orné d'une 
superbe gravure tenant presque tonte la page, et qui représente le Christ en 
croix. A gauche, 011 voit Jésus amené par les gardes devant Ponce-Pilate, 
La scène du milieu nous montre, au premier plan, le Sauveur crucifié; les 
saintes Femmes sont à gauche au pied de la croix; de 1 autre côté, les soldats. 
La mise au tombeau est figurée dans la perspective de droite. Cette" illustra- 
tion est encadrée a droite et à gauche de bordures historiées et ornementées 




ATELIER DU PETIT LAURENS 



<37 



très remarquables tirées de LÏOrdinayrt des Cmtiens et de La Danse macabre 
historiée , imprimés auparavant par le Petit Laurens , 




II existe une édition antérieure à celle-ci du Mystère de la Passion. Elle est 
datée de i4ÿ° et a été imprimée pour le libraire Antoine Véraid. 

Bien que les caractères nous semblent être les mêmes que ceux employés 

n. 1 8 



iurruiLEi t K iTJn- ^ h e . 



HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE 



138 

pour les sommaires de ha Dame macabre historiée (voir p, 124 et 1^7)? P ous 
hésitons à attribuer cette édition au Petit Laurens, et nous croyons quelle 
est plutôt sortie des presses de Pierre Le Dru et Étienne Jehannot, 

Le Petit Laure ns a public une édition illustrée petit in-folio du Ranimant 
de !a Rô$e, qu'il n'a ni datée ni signée et dont voici la dernière page : 



jfrj fie eftajit eÉ (JïmSte 
JD fut font crquefc foifiç 
ÿtjDme 9c touffu te frie Bietj 
Qstontquenuf maf grcnemetj fteuf 
%t toufp qui nufmafneij conceuf 
Sine me ronfentp (euffee fl faite 
JEequiffcet qurf mtçonuinf faite 
mappeffeifSetmuenflrîf 
Que f up fai® géant Stfauerianf 
jéf fuie trop oufftageup ce Sit 
np met if nuf miadit 
Que ne pifingne/p maine/iraieuiffe 

Uofief^an^ee/ttffeute/d fueiffe® 
Qua ut et) fi Çauff Segze m e Si 
Que tm ftnoGfemmf t^air 
Que mefp««ncenefïpaôfa0fe 
pourceque 60P3 {E ag«a0ft 
Jfuflc Sue loua mes fi nfteffur® 
jCümmeffltirSoiumf Secteurs 
jCaimotuf efïoieeij euf^ tenue 
Quant panufp iefu Stuenu® 
rieffeque pour ètfeaff icÇc 
neffof f paejl ritÇe 
flufi'euidtnatittîfïflSemte 
Qui meutenf apSe mieufy queitufj 
put® a fou® fe ® 0aum® 8e foft 
itfquefj tantôt® Sien ne fatcfùft 
ÏDe® feœ uBaup fut® amouceuy 
j£nfrt fæffmfUcsfauoueeup 
lÆcnfi gtacee Bip (bieou Scngf 
^aiGSemjtforçnemefouumt 
Qui font gafïfleif moi le peine 
g® augte tic0efle fa iSt fane 
Qui tmcqueGfle pitié nufa 
Quant f entrer m e nfiifa 
3Du fcnfftef queffe ^ai8oi f 
ÎDrcefîtt »pa® ne fe gntfloif 
ptitou te fuie cean® $enu® 
Ucpofïemmf fc® faufp menu® 

S® afgte me® moicefj ennemi® 

Qui tant meurent atrieie mi® 
fEfpectafementtafoufîe 
B faut fot| dfappeauSe fouffà 



Qui 8e® aman® feerofe® gmfîe 
£®ouft etjfdf me® (Jonnegaïf 
flin® que oifee m t cemuafle 
£>wmot) Sucifencoîfimoumffe 
pai geant tofûrite tuetUÿ 
JLafTeut 8u fléau toftttfreurp 
flrnfî ieue fa tofe Smurilfe 
fl tantfutwwp iemefUeiffe 



iTefî fa SU nommant Sefa tofe 
QufWftvnouï® efï foute encfofe 




3hipttmenoiuieffemenla pari® 




ATELIER DU PETIT LAURENS 



*39 



Les figures sur bois de ce livre sont les mêmes que celles de b édition ano- 
nyme reconnue pour avoir été imprimée à Lyon par Guillaume Le Roy et 
qui ont .servi également aux deux éditions faites à Paris par Jean Du Pré 
et Nicolas Des Prez, à la fin du xv c siècle. Le titre de l’ édition du Petit 
Lanren.s est imprimé avec la grosse gothique de la première ligne du Mistm 
de la Passion : 

jEerommantDdarofe 

tmpîteeajàarfs 

Il en existe deux sortes d’exemplaires. Les uns ne contiennent que ces deux 
lignes; dans d'autres on voit, au-dessous* la marque de Jehan Petit. Le texte 
est imprimé avec les caractères de U Ordinaire des Crestiens, signé du Petit 
Laurens. (Voir fac-similé, p. 122, et alphabet, p. 128.} L’édition anonyme 
des Pastilles, qui se trouve à la Bibliothèque Mazanne, est exécutée avec ccs 
mêmes caractères : 

Cpd»tcc fcmoit 6 ctff«i?pfaû) 6 (:pm 7 f 3 (c 
©nie ft recteur 8e fûUG tes efemene 
£ar te ne ïop p îm faite nmf 1 (fiente 
©ne Zay mer Steu cr feo a>mmanfimien g 

CC iEîr ^ ^ P° fïiÉT çjopofïft'onô 

fiée cptffre* $ fuangtffeG Gomiiticaflfcs* 

ZJucctiffre ffa? fcflee foJïctmeffrefiefoHfe 
frmnee^ fapaflfcijp Ecfuttrtriütj fiennfïre 
feignent» f£t (effee aüfjr fies cm crçfqka 
fie fagtoieupÇitfSt marie 3 rT1 primeeeca 
parie. 

Le Petit Laurens a imprimé, pour François Régnault, Les Dicts des Philo- 
sophes, de Guillaume de Tignonville. H a publié la traduction française de 
X Erndi tannin peuiteutiale , sous le titre d 'Introduction an sacrement de Pénitence, avec 
les memes figures sur bois que celles de I édition latine d’Antoine Caillant. 
(Voir t. L r , p. 322-323,) On cite du Petit Laurens des éditions des Luuetm 
des Princes, de Moschino t; du Temple de Mars, de Mo linet; de la Moralité de 
P homme pécheur; du Cousin inkr du pays T Anjou et du Maine, et des Cinquante et 
nng an-ests d r amant, de Martial d’Auvergne* livres non datés qu’on 11e rencontre 
pins. H faut descendre de 1491 à 1499 pour trouver des impressions datées. 
O11 mentionne encore d’autres volumes du Petit Laurens qui ont disparu. 




i4o HISTOIRE DE LTMPRIMERIE EN FRANCE 

Ou ne connaît, jusqu'à présent, que deux livres latins sortis des presses du 
Petit Laurens : le traité de Gaguin sur la versification, sans date, qui porte 
sur le tiue la marque de lu Croix Blanche, et la Grammaûca Pewtti , datée du 
zo décembre i 4 ÿp> signée du nom de l'imprimeur ainsi humisé : Paivm 
Lait rendus . 

Le Peiu Laurens s'est servi, pour 1 ' Àrs versificatoria } d'un caractère gothique 
de 10 poinis, le même que celui employé pour les noies marginales de 
UOrdhuiyre des Cresrkn s et doni voici l'alphabet : 

'BT&tL&Sif ÆlfcJmXimiî 
abtdoef$bi]'MmTitîpqrîfcüvj:7î fflflt .:/ÿ( JC 
à b *3 6 $ £*1 irt f tft p û 

Le Petit Laurens ou Laurent, dom le nom étau probablement Laurent 
loin coun ei qui devaii celui de Petit à un surnom, a continué à travailler 
jusqu'en 1517 environ. Le roman de chevalerie de Godefwy de Bouillon , 
illustré de figures sur bois, qu’if imprima en 1504 pour Jean Peiu, est une 
de ses productions les plus remarquables. 

Son atelier était snué rue Saim-Jacques, près Saint-Yves, à l'enseigne de 
lu Croix Blanche 1 . Dans sa marque, que nous avons reproduite au commence- 
nt en 1 de ce chapitre (p. 1 J 7), figure un écu supporié par deux licornes. Au 
centre, une croix blanche dentelée représente son enseigne sous lorme de 
rébus : Lu blanche. Au-dessous de la croix blanche, Fini ti ale L au m i lien 
de fleurs. Autour, dans la bordure, on lii cetic devise : 

Chascun soit content de ses biens, 

Qui n'a sufisancc n'a riens. 



1 Rue Saint- Jacques, il y avait trois nuisons a 
l'enseigne de Ci Cr*ûx RCïht'h? ; [ T nne était dans Je 
liant de la rue, mut h côté de J’êglise Saint Etienne 
des- Grès; mie autre, au-dessous de Saint' Benoit, 
juste en bce de b maison de LEsctuu Setcil; une 



tioisiênie, paroisse Sain t-Séverin , était un vaste 
immeiihJe avec façade sur la rue des MatLumns et 
se projetant iatêraJem en t sur la rue Sain t-Jaccjnes. 
Cer emplacement est celui qui est Je p] n s n ppr odi ê 
de J a chape J Je Saint ■ Y vcs. 



CHAPITRE XXVIII 

L'IMPRIMERIE À PARIS 



ATELIER D'ANDRÉ BOCARD 
(14^1-1500) 

Bocard, libraire ei imprimeur. — Son pays d'origine. — Livres imprimés pour lui et par lui. 

Nom d'un de ses correcteurs. — Ses initiales ornées. 

André Bocard ou Boucard, libraire juré de ['Université de Paris et impri- 
meur, était Poitevin d'origine. Il avait des ouvriers de sa province dans son 
atelier, ainsi qn'ii nous l'apprend lin- même à la fin d'un Sailuste imprimé 
en i 497 l - Le premier livre qui porte son nom, VExpasiria Gtorgii BmxeUaisis 
in snmundds Pétri Hyspaui , est daté du 2c? aont 1 4jn et a été imprimé pour le 
libraire Geoffroi de Mai nef, son compatriote 

Le 17 novembre i 493 (] 5 des calendes de décembre), Bocard imprime en 
in-quarto le texte latin de l'Ecole de Salerne [Kegan m sa ni tans Salami ta nu m) y 
avec le commentaire d'Arnankl de Villeneuve: 



i ^metî .nftatto compoftmni feu ojdfnatum a ttui 
gfftro él do &e t lit a no aara 1 bu fa n omnium mdkcop vlnemïtij 

flcmm-i. ^mpwfîim partfîf per mtaglftrani Hndreâ b wardrv.hal'.^e 
€£brie*Bîînc i^UefimoqusdrihsÈieriiTio nonagelîmointia* 



Ifeocopue optitutfqiwdtïro medidne votatur* 



M. Proctor indique trois autres livres sans date : Æsopt fabnl# cum com- 
menta; LibrFaati cum commenta , et enfin l'ouvrage d'Albert le Grand, intitulé 



r Bocard copie la pièce de vers en disiiques, 
bien comme, du Sallnsie de 1 4 ^ 1 imprimé à la 
Sorbonne et commençant par les mots suivants : 

jVuuc parut arma vïroitjüe shttut rtx or fris 

qu'il applique à l'expédition au delà des monts que 



préparait Charles VIII; à l'avant dernier vers, 
Bocard remplace le mot Ahmimas par Pktdws : 

Anuigerisquc tais Pictjÿvs tutiwaurres f qui 
Hqs prime rs libroi anud JultfW liM- 

! Cette édition est indiquée dans l 'Index p tarp 
prhited betks de Al. Proctor, sous le S 1 55. 



4 * 



HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



De Secretis nmlierum et virant in , sans date. D'après le savant bibliographe, ces 
(ivres auraient paru entre août 149 1 et novembre 1493 ■ 

On voit (a marque de Bocard sur une édition du (ivre illustre ayant pour 
titre : L’Art de bien vivre et de bien mourir, à (a date du 1 2 février i 4$4 ( n - St.), 
imprimé avec les caractères de Pierre Le Rouge, dont Jean Maurand ou 
Morand, imprimeur, venait de se servir pour Les Croniques de France , imprimées 
an compte de VcrarcL 

Le jo mars de la meme année, Bocard publie une édition in-folio de 
lei Légende dorée, en français, avec figures sur bois, conjüintemejit avec Jean 
Du Pré, qui en fît ( impression. La marque de Bocard est placée sur le titre, 
côte h côte avec ceüc de Du Pré. (Voir t. L, p. 2Ô9.) 

Le 1 er mars 1494 (n. st.), un antre imprimeur, Jean Lambert, avait mis 
au jour pour André Bocard 1111e édition in-qnarto de VÈgnylhm dammn divine, 
de saint Bonaventnre, et, le 12 avril, (e même typographe achevait encore, 
pour (e compte de Bocard, une Imitation en français. La marque de ce der- 
nier se voit sur (e titre du Tractants de magich nrtibm , in-qnarto de 14 feuillets, 
sans date, imprimé par Antoine Caillant. 

Le 10 février i 4 p 4 ï André Bocard exécute, pour Je compte de Jacques 
Bezanceau, marchand libraire demeurant à Poitiers, a 1 enseigne de la Tetc 
Noire , le commentaire latin de maître Pierre Tatarct sur la Logique d'Aristote, 
suivi de celui sur la Métaphysique, du même : 

Itfmctuorura fadle# opua intiroductoitiïfu logfe 
ram pfjilolcpfrfâ nîcnon mefëpbëïcâ ,stj1eiUtep0* 
rtüïïmc ïiri mBgtftri pfth iatflr<T.oilÉgtntilïrme ta* 
fMgafTj tmpiUflpiudiît! viri JacPNbcjflweou rticr 
rat ans pi rto LKn*f ôfinnn ta pü ilij ctira tf m a 

sjti'tn flndrct bocard. Simo pnimilletlmo.iCjCir C* 
ticnj 0 trïmoqiîarro,&çcui ofcfrfoiianjf» 



La meme année, sort des memes [liesses une édition 111-qnarto des Géor- 
giqucs de Virgile, texte latin avec commentaire, composé avec un caractère 
gothique de 8 points, beaucoup plus petit que les types du texte, le meme 
qnc celui du Commentaire de Tataret sur les livres d'Aristote, mentionné 
ci ■ dessus. 

Le titre, Géorgien Virgilii aun commenta faiii'dïari , est disposé en deux lignes 
dun très gros caractère de 24 points, débutant par 1111e lettre ornée de Ja 



truie x e en rfy prhmd tmh , n OT Si 5 1 - 3 1 53; ouvrage cite. 




ATELIER D'ANDRÉ BOCARD 



*4 3 

hauteur de ces deux lignes et tirée en rouge. Au-dessous, on voit la marque 
de Bocard accompagnée de sa devise également tirée en rouge : 




eoigi'ca trirgih'j eu 
comentofenultarû 




Le texte est exécuté avec un caractère gothique de i t points, dont voici 
l’alphabet : 

s&mq JLüfel Ré© 

1 ^* 1 ^ B % 33 3 abcDdefgbiiiunopqr* 
ôftuvjtyj aBb 9 pi3cc 9 ïil J l ,, mm q nn 0 Ôpï> / pp^ 

f /( J ffflfTft 

Le Virgile de Bocard ne porte pas d’indication de mois ni de jour d’achè- 
vement, comme plusieurs autres de ses impressions, mais simplement la date 
de l’année. 

La dernière page, que nous reproduisons ci-après en fac-similé, ne com- 
porte qtie Luit lignes de texte, suivies d’un libellé en trois autres lignes. 





44 



HISTOIRE DE LTMPRIMERTE EN FRANCE 



annonçant que (ouvrage a été terminé heureusement à Paris, 1 an du Sei- 
gneur 1 4 pS- Le nom de Bocard ny figure pas. La marque, qui se trouve 
sur le titre, indique positivement que le livre est sorti de ses presses. 

ctfcrfMmr pfrDnutnl.qtifj (1 fcrfber^ttic per duo f.fruftrâ eïtfpmrrtr 
: Poctrinali cuti» oi'atur. tôciilo 15g a oare ttecet ocia pocula fan $c*qti i 
lufï td eft ego qn ï focefï feci carminé pafto mm foîurct b uttotieg: et ego 
eudag ïtmenti id i iti uent aie. j© tpfire.lfric cit flpoftropfrj quia loqnfE 
qbr«nifmiTo:W eft fed ttbi lUudcantienrcI IjbfUtn btfKûlttommqiii 
tnaptt: Kf br* tu pjiult rctubane fbb tcgmfiic fa g;, q nos JjîtiMî litige 
georgicomin i buccolka mbot voLutrtu a itbm dicfdoa fepdrauï* 

^rattadjiirte tibf cuifubfiHii culmina clf* 

iCDarmite ftfperquattu ottftooag^tij dï 

«mnimtoîonefûmiltarrtïïmo opoapïeflflniimiliater ftnft* 

3JmptcffUinpariïl(( J Smo $ni.ïD *££,££ *pcv* 

Voici Faiphabet du petit caractère que Bocard employait simultanément 
avec celui du texte (voir l'alphabet à la page précédente) dans le Virgile 
paru en 1 4^5 : 

6e>3"ftrzD]F]Æifc ÆiaS'Ê t! abtcdffgb 
ÜUmnapqrjeftuvTTfJ àb’f n+rmm*fiii*âo°Â()j}iiï 

qqpïHlf ffflflft . s{ 

Le 25 août 1 (8 des calendes de septembre), André Bocard imprime 
KExposiiio Hymnontm per ratnm aimï cirai hm 3 in-quarto. 

Le 6 septembre de la même année, ii termine, pour Pierre Régnault, 
de Caen, une édition des Métamorphoses d'Ovide, avec commentaire, qu'il 
dit avoir imprimé avec de très beaux caractères ( opnmis chnraçtenhus ïmpressnsy 
Ces caractères sont, pour le texte, le gros caractère du Virgile, ci-dessus 
reproduit (p. 143)? et, pour le commentaire, un caractère intermédiaire de 
£ points, dont voici le spécimen : 

Bïac&iËf emyxAfon&ib&w&'&viz 

abÉdECfsfoUfHnînûpqrjtf tuvx y 3 ffflfFJTft 
à ? 5 5 f 4 $ n n ft ô p P ç p p ^ 3 y q $ ^ 

f r^tîÿfi^tlu* 

Bocard travaille tour à tour pour Durand Gerlier, .leau Richart, Jean 
Alexandre et Jean Petit, libraires-éditeurs. 

Le 20 décembre 14^ 7? d achève l'impression du Sallnste dont nous 



ATftlKR D'ANIME BOCARD 



avons prié au commencement tic ce chapitre, et le i 3 janvier 1 4 (^3 (ides 
de janvier 1497 v. I), moins d’un mois apres, il cji publiait 1111e autre édi- 
tion aux frais de demi Alexandre, libraire de î’IJniversitè cl’ Angers, et de Jean 
Petit, libraire a Paris. 

Le 22 novembre, Bocard imprimait, pour ie compte de Durand Gerlicr, 
les Lettres et les Opuscules de Robert Gaguin, dont voici la fin : 

<[50e bacuio fiagufnt» 

dNrario nfrumbaculo reptaregaguinuift 
SZixi peé non pigrio: bleuie nu per erat? 

Jtur labo:/moibuo Jfïmul et variabilté et W 
lEtlinbué ateruem&rilitiierefenenu 
âtcfoletannofafïbùoarentibué arboé 
EUtnïti farce me viotata ruât. 

finie. 

C^piftolaru ctotationu tradatuftp bcvjrgftteo 
dfrarieconceptu/necnon epf ’rln tum alio:ü<p 
opttlcJbmm t i lBoberf i gaguiiti fini 0 . &2uc ofa 
©urancUgcrieri biblropoie parifi adlpenla im* 
pjHii a funt in v tco lancti jacobiad oiui 'Bfô 

nifu tigtiû e côfpectu ecctefi e b eati 4featurini ve 
natta bab id , Sruio \cccc rcvtl|. TBoiiÆb. 

feomda etvigdïmo, g magFmBndrea bocard. 

Ce volume est composé avec les caractères reproduits ci -dessous : 

abcodergbijklmnopqTîaftuv^rî fffltffTfl ( ) > \ t * $M 
âbb^PÔée^Çîi^fttt r^l^f f t 9 ÛTÿ ^ 

Le 28 juin j 5 00 (4 des calendes de juillet), Bocard met au jour divers 
traités de saint Àthanase, de Didymc, de Cassiodorc et de saint Cyprien, 
sons ce titre général : Uliisniinii morum opmada . Dans un avis au lecteur, 
figurant a la fin, Bocard se qualifie de typographe très habile ( aitcaginpiim 
so/Sfimiinis) et il sollicite les suffrages du publie pour avoir imprimé ce volume 
aussi nettement, après bavoir corrigé avec une exactitude mathématique (r/ni 
mm terse aîtpw ml miiiiscîni ctisrignm compressif } . Il nomme en même temps Cypnen 
Ben et ( Cyprin nm Bemi) comme ayant été son collecteur (pii cmtigatrices 11 w uns 
tipjxisuit) , et il appelle Jean Petit, <pii fit imprimer le volume avec son argent 
(pii sno ire imprinmuLi rrndidir), le mcillenr des libraires {hlbliopohmiiu opri 11111 s\ 

Bocard n’a pas produit par Ini-mémc de livres illustrés. Lu Légende dork , 

jj. 1 p 







HISTOIRE DH L'IMP RIMER! E EN FRANCE 



146 

il 1 nsi que L'Art de htm vtm et de hkn mourir, qui portent sa marque, ne sont pas 
sortis de ses presses. 

Dans les Métamorphosés d’Ovide, imprimées par Boord pour François 
Régnault, de Caen, on trouve une grande gravure sur bois qui représenté 
Hercule exterminant les monstres. Cette planche est empruntée au matériel 
d’illnstraiion de l’éditeur Antoine Vérard. 

On remarque, dans cet Ovide, quelques leu tes ornées d'un style particu- 
lier que nous reproduisons ci-dessous : 





Les mornes lettres reparaissent trois ans apres, en avec d'autre* de 

meme genre, die/. l’imprimeMi Félix Baligault. Elles nous semblent provenir 
du matériel de Michel Tholose ou Toulouse, imprimeur, rue des Amandiers, 
qui en avau employé quelques-unes auparavant. 

Bocard ■ possédait en propre une aune série de lettres ornées, sur fond 
crible, dont il s'est servi pour le recueil des Lettres et Opuscules de Gagiiin, 
en t.^pS, et qu’on retrouve, à partir de cette époque, dans la plupart de ses 
impressions, notamment dans une édition de Tcrence du 22 juin (10 des 
calendes de juillet) qui ifcst pas signalée par les bibliographes. Quel 

qitefois les memes lettres sont tirées en rouge comme dans les Consiïiuiwucs 
Angiitf, de William Lindemvood, in-folio, imprimés en mai 1501,011 beaux 
caractères ( houesns chnractmhus ). 

Nous donuons ci-contre l’alphabet de ces lettres, dont quelques-unes sont 
assez originales. 








ATI- LU- R D'AN DH É ÜOCARD 



LETTRES ORNÉES D’ANDRÉ ROCARD 



■ - j s* 








HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE 



André Bocard a imprimé encore beaucoup d autres livres dont nous 
n’avons pas fait mention ici, entre autres un Comtumier de Poicton, in-folio, 
tpi’il acheva le 10 avril 1500 (v, st.) pour Jean de Mar nef, libraire de Poi- 
tiers, Son exereice s’est prolongé fort avant dans le x\T siècle, jusqu’en 1531, 
A la fin d’une des productions de son atelier, André Bocard a mis cette 
fière devise en l’honneur du livre, multiplié par l’art de 1 imprimerie, qui 
durera jusqu’à la fin des siècles ; 

S ter liber hic, doncc fin et us formica marinas 
Ebibat et totum testa do perambaiet or b cm , 

Que cc livre reste jusqu'à ce que la lourmi ait bu les Hors de la mer et que la tortue 
ait fait le tour de la terre. 



M, Proctor a remarqué que Bocard et un autre imprimeur parisien, du 
nom de Félix Baligault, se sont parfois servis des mêmes caractères, et il s’est 
demandé lecpiel des deux a été réellement imprimeur, O11 ne peut dénier 
cette qualité à Bocard, qui prend tour à tour les titres de typographe très 
habile { calcogmpfi as solertissimas ) , d ’ exc e 1 1 e n t imprimeur ( optim as calcogmph as) ’ , 
et qui insiste sur les qualités de correction de ses éditions 2 , ce qui dénote 
clairement qu’il pratiquait lui-même le métier, 

Bocard et Baligault ont pu se pourvoir de matériel chez, les mêmes fon- 
deurs de caractères d’imprimerie ou bien se prêter leurs matrices. Ainsi les 
petits ca r ac té r es du commentaire des Géorgien Virgiln , de 14515, sont iden- 
tiques chez l’un et l’autre. Nous n’y avons trouvé qu’une différence imper- 
ceptible dans la lettre b minuscule, dont le jambage d’avant se termine, chez 
Bocard, par une queue en forme de crochet qu’on ne voit pas dans les 
fontes de Baligault. Les autres caractères ont certainement des lettres sem- 
blables, mats cette similitude n’est qu’apparente. En les regardant de près les 
unes et les autres, on s’aperçoit de différences sensibles dans plusieurs d’entre 
elles. Ainsi, en prenant pour exemple les gros caractères du Virgile et de 

N est ainsi qualifie a h fin <| ] une édition du Seîto hiiinatiîssune ténor Inee opéra Soins ta onn cew- 
Dectrinale d’Alexandre de Villedieu, portant la date mentants et a/iis emn declainationibns , tmn orat'mnbns , 
du 2 y octobre 1300, opéra et diligmitw mégis tri A netreæ Bécart, impeusis 

Bocard appelle l’attention du lecteur sur ce vere Johatmis Alexamtn et Jehamns Petit , libranmim 
point, à la bu de l’édition de Sallusle imprimée Parisiis , qnam diligenter révisa atqnc hnpressa htibns 

pour les libraires Jean Alexandre et Jean Petit : jaimani tpp~ ! . 



AT KL (li R D'ANDRÉ ROCARD 



49 



l'Ovide imprimas par Bocard, la meme forme pour l'A et le B majuscules se 
retrouve chez Baligault] mais d'antres lettres ne sojit pas semblables. Dans 
l'alphabet de Rocard, le D a deux barres transversales qui n'existent pas dans 
celui de Baligault, où la même lettre a im petit renflement au milieu du 
jambage de devant. Dans les impressions de Baligault, TE est d'une forme 
differente, arrondie à sa base. Le P a deux barres transversales dans les livres 
de Rocard, tandis que cette lettre est un peu plus large et n'a qu'une barre, 
avec un petit point an milieu, dans Ses publications de Baligault. 

On n' ai ira cjiiÏj comparer les autres alphabets pour percevoir les nuances 
qui les distinguent et qui permettront ainsi de ne plus confondre des pro- 
ductions typographiques en apparence semblables, mais appartenant à des 
presses différentes. 

La marque de Bocard, tpic nous avons reproduite ci-dessus (p. 1 4 3 )? repré- 
sente l'écu royal de Fiance, soutenu au milieu des étoiles par deux anges. 
Au-dessous, deux arbres sortant de terre portent, suspendus à leurs branches, 
des cartouches aux armes de l 'Université et de la Ville de Paris. Dans un 
cadre qui règne autour, on lit cette devise : 

Honneur an Roy et à la Court. 

Salut à l'Université 

Dont notre bien procède et sourt. 

Dieu gart de Paris (a cyté. 

Cette marque est souvent tirée eu rouge, comme dans le Virgile de ujp5 
et XExyoslùo Hyiunormn d'août J 4 9 C 

André Bocard ne donne pas son adresse sur ses livres. On sait, par des 
titres ti archivcs, qu'il était propriétaire d'une maison située rue Neiivc-Notre- 
Dume-des Champs, et qu'il demeura rue de la B il cherie, au Uou enferré; mais 
ces titres sont du x\T siècle et ne remontent pas au delà [ . Nous croyons 
qua l'époque qui nous occupe il demeurait me Saint-Jacques, mais nous 
n'en sommes pas certain. L'adresse de l' enseigne Saint-Denis se ht a la fin du 
recueil qui contient les Lettres et divers opuscules, en vers et en prose, de 
Gaguin. Voici la traduction du coloplion, dont nous avons donné plus haut 
(p. \ 4 $) ^ texte en fac-similé : «Fin des Lettres et Discours, du traité sur la 



Voir Reïnouauiî, lui f n i tut it rs j hit v.r/tv rs f p. j j ; ouvrage cité. 



HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE 



■ 5 ° 

Conception de la Vierge Marie, ainsi que des épigrammes et des autres opus- 
cules de maître Robert Gaguin. Tons ces ouvrages ont été imprimes aux 
frais de Durand Gerliei j libraire parisien. Us sont on vente me Saint-Jacques, 
a lenseigne de $tüur-Dmh\ en face de 1 'église Saint-Matlmiin. L an du Sci- 
gneur le 22 novembre, par maître André Rocard.» 

Durand Gerlicr, qui avait fait les frais de l'édition, demeurait, dès 
dans le voisinage de Rocard, rue des Mathurins, à renseigne de tEsüiik 
Fiiuwui ; mais nous savons aussi que, de i 4 yj a 1 498, il a donné une autre 
adresse me Saint- Jacques [ntl sigiuim Cap'nls Dm DyonisU ) et qu'il est retourné 
ejisuite à tEsmlk Fnnveau, près de l'hôtel de Cluny. Il n'y a donc pas lieu 
de supposer que l 'enseigne de Saint- Denis était celle de Bocard, bien que 
la manière dont elle est libellée puisse prêter a équivoque. L'exemplaire de la 
bibliothèque tic Munich ne porte pas lad res se de la rue Saint-Jacques. L'indi- 
cation du lieu de vente est supprimée après le nom de Durand Geilier. 



CHAPITRE XXIX 

L'IMPRIMERIE À PARIS 



ATELIER DE JEAN TRÈPEREL 
('4<5 1 -I 500) 

/.es débuts Je Trëpwcl comme libraire. ’ — Ses publications populaires. — Ses principaux livres 
datés el non datés. — Sa marque et sa devise. — Les rues et les églises Je ht ville Je Pétris 
avec la despense tjnl se fait par ehaseun jour. — Les relations de Tréperel avec Michel Le Noir. 
— Le Crauf Testament de Villon. — Chaudement d'adresse. 

Jean Tréperel, libraire et imprimeur, a peut-être été l'éditeur le plus 
fécond en pièces et en ouvrages de littérature populaire au xv c siècle. 

Etabli sur le pont Noire-Dame, h Limage Smnî-Laumn> il y vendait des 
livres d’heures, comme nous (apprend ce humain placé en tète d’une édi- 
tion des Hom ml vsnm Komtmnm > imprimée par Jean Du Pré : 

Qui aura vouloir d’acheter 
Ces heures faictcs eu janvier 
Vienne au Palais sans arrester 
foui droit au quatrième pylicr 
An dessus le pom Nostrc Dame 
À TI tarage rie Suint Laureus^ 

Car les nicrchans diem sur leur âme 
Qu'ils feront bon marché aux gens. 

I.a plupart des livres de Tréperci 11e sont pas datés, de sorte qu’il est 
fort difficile, pour 11e pas dire impossible, d’eu fixer la chronologie d'une 
façon suivre. Bornons-nous donc à citer les titres de quelques-uns des livres 
qui portent sou nom, car on n’est pas certain qu'il les ait tous imprimés, et 
nous croyons qu’il l’exemple de Véravd il s'est adressé le plus souvent à des 
confrères, typographes de métier. 



HISTOIRE, DE L'IMPRIMERIE EN I- R AN CE 



H 2 

On connaît de lui mie Progxwstkatwa \m\\dle /mur Pan * 4 ÿ 2 , qui a pu 
paraître d ‘avance, selon l'usage usité pour les almanachs, dans les derniers 
mois de i 4 ÿ i ■ Les bibliographes citent à son nom : La Destmaww dr Jthttsalem 
et Ut Mort de Pilate , du 22 février i 4 <?i u - sr -)j Lé H'mtaxe du milita u 

chf-mfic r Pi me île Pwvewcf- et de Ut belle Magwcfaae > du ] 3 mai i 4 pz y et Le Dé/ta f de 
Phownne vt de Ut frnme, par frère Guillaume Alexis, pièce de 6 feuillets seule- 
ment, imprimée en 14^3. La meme année, Tréperel publiait, sans indication 
de nom, Le Débat de la da 111 r et dr lesctyrr mnnelfawcnr faut, par maître Henri 
Baude, petit in-quarto de i i feuillets. 

De 1 4 5? 3 a 1 45>8, il fit paraître diverses éditions des Qmunqwts de France 
abrégées, dont ou trouvera l'indication dans \c Mauwx! da Libraire, de Brnnct. 

Nous donnons le fac-similé de la fin d'une de ces éditions qui porte Irtymir 
pour Tnyiei'el ; 

$<t<\üûttciï$ne$£e r&peScfrdncc 

(f Z fottHem düpaftatfoîj Sefaute noBfc (|e û flWfiitiïW# 
cto^traafquifôteSe te$tife pd fa piof pente $ fwifoefte 
toüt£cpf(ipfc 5 efratu:e{î 0 enctafement 5 e toute f àcjjofe 
puGfiquc. 



|f3 m P^ lctf P a diaf(rqt)m ? HVfmc l'ourffumope fa 
pemGie. Ædp rtti f quatre cena quatre par 

Jltÿay'&vepertt fî&imre Semaorantfuafe pont rtojlre 
Came a fenfngne fmiirt ïûnrene. 

Nous connaissons, de Tréperel, Le Traîné des dix cawnittntlxmxas de /a Lttysda 11 
uudstre Jehan Jcrmi, suivi de La Science de bivw 1111111 or , par le meme, datée du 
21 juin 1 495 ■ Voiei l'alphabet des caractères qui tint servi pour l'impression 
de ce volume. Jean Tréperel les a souvent employés au commencement de 
sa carrière : 

f <C ft a6cffrfg|}ifmrT)nrç opqriô fÉufl çp f 

. : ^ / ( ) ff(T(ï 

La lettre L majuscule a la boucle du haut ouverte, dans cet alphabet; 
d'autres fois clic est fermée, comme dans Les Chroniques de Fraacr et dans 
d autres livres. Les deux formes de cette lettre se rencontrent dans La Vie de 
Madame saiucte Barbe. (Voir p. i 3 4 ■ ) 




ATELIER DE JEAN TRÉPEREL 



l 5 3 



Mentionnons encore ; La bmoiste Passion et Résurrection pat le bon maïstre 
Gamalkl et Nicfwdenms, son nepveu, m -quarto de 58 feuillets, d'un caractère de 
gothique cattee, avec figntes sut bois, daté du 3 J tuai j 4 97 : 

C?fûTtatûmo?tetpatnon.ftâu^tû refurmtfSbc 

tiûttrcftfgftîeut njûcrfft^mpîlmcca îaarfepat.3!c|&an 
ttcpetclDtnnurantfuticpontnoateDainealenfngnf 
CàictïaurÉt*iLcûetcnUt(oui;uflpa^ïUnmtlauatte^ 
cens quatre wnBftyjtttL 

Le 3 1 août de !a meme année, Jean Ttéperd fit pat aît te une édition petit 
tmquatto de La Vu de Robert le Dyahk 1 ; 

queffepouoiÉ penfer pour fa feutre») fopeufefe. pour 
mettre (itj a najïre jSfent fiurertoue faiffetofie fetfueif 
ÇerfaicdftcSarperfic^parferirofteSe fto0ert fequef fut 
etjfaieuneffetantparaeract maufuiw'&eftcftÿatüut; 

Eue et a tout maf/fattflce queepfup eu|î aufcwtjratf 
foijfiamptï'c /pf«0feCai)qucîftgïpûfj fflftôddoir rt«f 
te rtujercozfte ;et futfiepui&râme flftgfjommc faufuat 
ge/ffltt&parfcrefimeBftc fic|îe mue afljïwentri pm<3 
flrerjlequeiartifliefdtÇomme* ©tpm&futepanfcecÿ 
noâfeffepljünaeurff comme tp Sruantaneeoup: 

0 ertSefqmïfûtt 3 uem?taue£ fa femmes faintcmÊt et 
eut 0ofme renommée et fut pafepap me Se gtaiteeffe 
petiercotiffoifoitSe cÇafcnr j 05ne iufhce et tm oit tout 
forjpap&epOîftepai'îO. ^eutfiefafemmeflng Beau? 

. fifjfequcfefï nomme JAicffaifo (îfüftauec cÇarfemaiV 
gftrpfttfi>itï 00 m/top^uffe& g|ffeapSedcro(fîre et 
cçaufcefafüpctefïtcfme, Æar forte cefferif mmoif 
guerre anGp fdrajiite p Ée65e|ît«ifûit: cai il ne tes pou 
oitapmet: ^M^ttflûfifemenfagranffiümteuref 
0Ofinc renomme* frü&pattout fop pape ai'nfi 
cfime foi? pere rofletf: car fou&ffeufp îe [quirent faûtfe 
titerttmfque&er) fa fit; fie feitreiüure, 3Dieu par fa in 
fine pmffmir* nouafiomt ft 0ietj et fi famtemeut Siurc 
gueeijfafï'tjfiefto^ourenou 0 ameepui[fefit auerfee 
feutô^oferfa fueeq Cagfoiteetcmeffe auectouo 0e^ 
noïfîj {<$$$. famfe&fie parafe. 

Æÿ firofï fa fîtefie Kofierffr ffpafifc. 3[mp:rme a 
pana ffe5arm'ettonr5flO[tfî^a^mtfqucrtte rene qua 
tttflingfjjr&ipfept: 

L’achevé d’imprimer Jie porte pas de nom dlmpvimcur, mais les types du 
Gersoji de \ 4 y 5 sy reconnaissent facilement, 

* Nous devons communication de ce volnme à AI. Jacques Hosenthal, libraire a Munich. L'exem 
[îlaire * unique jusqu’à présent, est incomplet au commencement. 



iLirpiaiii* 




HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



Cette édition de La Vk de Robert le Dyable n'est citée par aucun biblio- 
graphe et était restée inconnue. C'est la troisième de ce petit roman de che- 
valerie, imprimé pour la première fois à Lyon, fe 7 mai par Pierre 

Maréchal et Barnabe Chaussaid, et ensuite à Paris, le 22 avril i 4 p 7 > p- ir 
Nicole de La Barre. On y remarque des lettres ornées de styles mélangés, sur 
fond noir, qui avaient paru déjà eu partie dans le Gerson et dans d'autres 
publications; lions les reproduisons ci-après. La plupart de ces lettres sont 
copiées d'après celles des Histoires Troyenues , imprimées à Lyon en i 4 $K>- 




Viennent ensuite, parmi les livres datés. Les Dévotes louanges de la Vierge 
Mark , par Martial d'Auvergne, avocat au Parlement de Paris, imprimées cil 
14538, et La Vie de saincte Barbe et ses miracles > du 18 octobre 1 4 pp ■ 

Æpflmfi h Sie ma &ame faincfeBatflc^ pfufmtts 
âemifpmûatfee fiefaSictefdinrtcfTac^cffecieff impîi 
mte a JDatispar 3î^flw treperer fifFmite Bemoutant fut 
feponf noffreSame a fainet fanrfe cccc 

quatre U ÿty.XepEm iourScoctofe 

La marque de Trcperel se voit sur le titre d'un livret intitulé : Les Rues et 
les Eglises de la ville de Paris , arec la despense qui se fait par chascun /ou r. 










ATELIER DE JEAN TR ÈP ER EL 



> 5 Ï 



Ccst une pièce des plus curieuses, réimprimée par M. A. Bonnardot à la 
suite de ses Eludes sur Gillet Commet, d'après mie édition de la meme époque 
imprimée par Pierre Le Caron. 

Nous en reproduisons quelques pages, dont l’une contient la nomencla- 
ture des vieilles rues du quartier des Halles au xv* siècle ; 



ÆesraeseUes califes üelaljiite 
lie pane mu la® efpenfe qui fe fait 
par (Ijafcmt four 




j£te ntee 5e pdrie^f jîmicrcmcl 
fcquartittfaefjaffrff 
ÿagrant mefûinrt Cerne 
ftftw fainct faufueur 
fia we5e6eautep<iïte 
ÿamtpfwee 
fia rue de mont (Joiguctf 
fia meCe quirquetonnc 
tfarueaufpot) 
fiamc Bf mafronfrif 
£arueSeinerôetef 
£a rue <m figue 
^amfîcfagranifrrJüKÎmV 
£arue CefapdiMruûnCcrte 
fia rut fa [fumfc(ïour 
£awrCepefonrt 
£amefafat03uûirerie 
fia rue Ce fa to ff <mn eu e 
£a rue au feutre 
£aracCefac0ûrroMMfne 
£eefoi(ire fain rfeoppoifnne 
fiaxtte fafataCfetterie 
fia rue Ce prrrù) 5 a ffefii) 
fia ta e Se ta 0 aren g e ne 
£amefafa[autierïe 
fia me fatomegiffene 
fiaruc famrf germain frwceïTope 
£arurfaefauanCirre& 
£aTiiefaie(îaÿ foingtiec 
fia me fiwif fiiumf poiree 
rueCee ttcommanfareflee 



Une autre de ces pages donne les dimensions de Notre-Dame de Pans et se 
termine par mie recette" contre [épidémie, toute pleine de sel gaulois, dans 
laquelle sont raillés les travers et les qualités clés provinciaux et des étrangers 
qui composaient la population flottante du Paris d’alors : 



Deux Bourgongnons de conscience, 
Et deux Bretons de sapiences 
Sans ardure deux Âllcmans, 

Sans flaterie deux Normans 



20 . 





HISTOIRE DE II IMPRIMERIE EN FRANCE 



156 



Àvecques deux hardie Lombars, 

El sans baverie deux Pi cars, 

El puis sans orgueil deux François, 
Et sans traison deux Àngioys, 

Deux Fiamans sans beurre menger 
Et en boire ung poi sans larder. 

Et pour mettre la chose affin : 

Deux preudïiommes de Limosin. 
Broyez en ung mortier d'estupes 
Et trempez ia dedens vos souppes 
Sy aures bonne gaiJimafrée. 



âeHfupffafoHgEmirrat 
Çeu r<r Çûi 1 ftc n r ic h 0 (lire 
ëamc te parie 

j3o(frf5amefr parieafoftHÉî 
Çf5f/i60ftmrc foiçanfc et cinq ioif 
fi ce* 

31feirjfr farge (ophiïdoifee 
3[tr ti? Éfr 0 au lï ç Biï torfee 
3fïc Refonte ont 5c Çmifrçippim, 
(orfeefz feïowtfoMÏc fur pfffofi'ÿ 

ftcccpfe pouigirerirftfpfômrpe 
oue cen fç qui rtc te cropct mie- 

5Dtu^6ourgotign5o?c conférence* 
<êffcuç Gierotîefefaptencie 
^ane arfiure Pc up affemane 
âûnef faferie 5euç îmmuwe 
^Eucrqueefou^gartfr'efcmlïare 
& fane 6au erre Pcup picare 
<ët pute fane ciguciïïteuçfraTitope 
<=E fanettaifopffc u$ angfope 
■JDfit^ffamanefanePfuircmegcr, 
feUij0oireïïn0potfanefar5« 

& pour mettre fa tOofe affip 
3DcnppttiiSf)5mee5f ffmoffy 
^mpf^flngmoifterfrdîupef 
4*t trempe} faSefleneflo^fouppef 
gpaurceéomifgaffiHiafrce 



@moifremome?cç(fifM et tfldppetfe 

âûttef-paparfepicfcnfîiuie 

Jpjap crofffant c t ffemp f a dateur 

GJtonfïmif quane 0eufjfauftep parte te ïcmr 

âiqnanemoutonefcauorrtucrtfrepîine 

pie t) Éte 5eu$ cflienetee piej foueE afane cent 

*Demifte p2d ie ta m ortie m 0 rue 

dE-fneç.apjceromorne 

2t pane fan me fane Êtecfîfl 

©tiane miipefanftcflafciiij iourfo îrç 

3tufartf m ripe 5e 5te four f up p:cfïe 

£<mi me f ropeqqq- datent tt) tefïe 

‘STtoie croie quatre pie jaÇfuç.çç, 

5Dupûifafmane5epa«ô 

ft 0 m Bien t te e m arcjjûft e a f 0 ue etn fp 

©aiïcematcÇcnfparfliapffiWe 

2mfif iniefee tue efreegfifce fafrfpeufe te 
fourfccfo^5cfa5ûfc^iffcaucfijefeiicfo;5u 0ofs 
5e13 lïirânee tftee epifaffe e 5c fa gto ffe tour friStf 
Boie (i q ni piemierement fa fon5a p qui fa parffft 
etaefleua- 

<&ppffcit* 

#c Bfafor) 5e parie 

paifrPfc Semaine 
3tmouireiïiç>3erçfter 
îftepoeftuto&wigfer 
3 ulïice certaine 
âdeftccÇaaiïaiiie 
parie enfict 



Bien qu’il demeurât ;i l’enseigne Stiiur -Laurent , sur le pont Notre-Dame, 
Jean Trcpercl avait adopté pour marque i’écu de France, porté par deux 
anges, que nous venons de reproduire- Au-dessous, ses initiales I T sont 




ATELIER DE JEAN TRËPERFX i $ 7 

retenues par des boucles ou lacs d 3 ammtr accostés de deux lions. Autour, dans 
la bordure, on lit cette devise : 

En provocant ta gram miséricorde, 

Otroye nous charité et concorde. 

Tréperel a publié une édition des Quinze ;oyes de mariage y à la fin de laquelle 
se trouve une figure sur bois qui est une naïve peinture de mœurs nous 
donnant l’idée d\m ménage de gens du peuple au xv c siècle. On y voit le 
mari, chargé de différents objets, harcelé par sa femme et scs enfants; des 
animaux domestiques figurent dans ce groupe : 




Sur h liste des livres sans date, au nom de Tréperel, figurent : Le Livre 
appelé les Quatre Choses; La Voye de Paradis; Le Livre de Clergie; IJ Horo loge de dévo- 
tion > par Jeail Quentin; La Vie de sainte Marguerite; La Vie de saint Fiacre eu 
Brie f dont il y a deux éditions; La Vie de sainte Geneviève; Les Pîvmhes communs; 
Le Débat de J homme mondain et dn religieux; Le Renoncement d* amour; Les Dit £ 
d amont et ventes; Les Son hais; et beautés des dames avec ta jille comparée h la vigne. 




HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



*y« 

et une infinité d’autres petits livrets populaires et de pièces de poésie fran- 
çaise qui se débitaient couramment, et dont le plus grand nombre n’est pas 
parvenu jusqu’à nous. 

Trépcrel a imprimé Les Minas Propos, rcetieif de dictons populaires. Sur le 
titre de ce livret figure ïa marque à PEcu de France .■ 

®.ea menus PMP “ 8 




L’ achevé d’imprimer des Menus Propos donne toutefois PYmaige Saiuct Emi- 
rats pour adresse : 

Cp fïneiif fi? s menus piopoe J , m 
piimee non wtfFcmen t a pai ïa p a 
fjarj Éiepfref bemouttairf futfe pou* 
iicfïte trame a fpmaige fald 

Tréperel changea plus lard ceite adresse et signa définitivement ses livres 
a i* Escn de France , quelque temps après avoir quitté le pont Notre-Dame. 

Il ne faut pas chercher des œuvres d’art dans les petites images illustrant les 
vies de saints ou de saintes que publiait Tréperel. Les mêmes figures servaient 
indifféremment de remplissage pour l’un ou pour l’autre, quel que fût son 
genre de martyre. 






TrcpcrcI a imprimé une édition de Villon. Sur le titre, on voit la marque 
de Michel Le Noir, et l'achevé d'imprimer porte !e nom de Trépere! : 

um- S09 mWotea tmif gnns fume 

wStciffe, fEe fee BofoSee. fie{a(ut\neton8etpie$it 

0 fpcrtffp et mpeet) ( mme 
J&owt prier tomme feateuz dit 

ffiitat ifempeffc taftide Sofe 
î>dr te Gog renomme ft'ffot) 

Æïm ncmcngcfi^icttc date 
0te£n oir comme tf rcntmïïûp 
3]f na U nie ne pamïfot? 

SW naitïaifle a fee omis 
<&tna maie qut> pou de frflop 
SJaiferaïanfojï flpçmr? 

Æifimfî fegttmffefkmiîMt 
tnûtjïrefrdîicopeSïïïo^, £>ot) 
toEiaffr.JVe &<tfîûdtG(t 
0tfepefttîe(ïam?[\ 
a pans pot ^eftaptreperef ffe 
mutant fnz tenant nïtdme. 

Il avait des relations étroites avec Le Noir, libraire- imprimeur comme lui, 
demeurant sur le pont Saint-Michel, Le Noir avait épousé Jeanne Tréperel, 





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HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE 



fille de son confrère. Souvent les deux typographes se partageaient entre eux 
les éditions de leurs livres, et ils imprimaient Pnn pour I autre. 

L'édition de Villon, exécutée avec les caractères du Jerson de J 495* cst 
ornéede figures sur bois. En rète, on voit le portrait de maître François Villon , 
le bohème de lettres : 




commence te ÿront coffctTfep 
f tftatriït maffre f rancope ft'Rbp 

n\ot)tteniitfmûû$e 
jKue toute* mee pontes tea* fleure, 

JÜIe^ntüUtfofcncoJtie faigc 
jQono6{!antmamfeepdne6eEie5 
#efqucÊfeejapfüHtee r ecevtee 
âû«6?famaft)t0j0a(jCt 

âruefque ifrfï feignant feeruee 
ffinif foit te miep ie te regnp 

Une autre édition de Villon, datée du 8 juillet \4ÿ7> porte a fa fin cette 
mention : Imprime par Jehan Trèperel. 

Apres la chute du pont Notre-Dame, en octobre i4pp* Tréperd alla 
demeurer temporairement rue de la Tannerie, à renseigne du Cheval Noir 

C'est là <pul imprima Le Livre Je bonnes meurs t de frère .Jacques Le Grant : 

C Cpfa* te fiurf mfi£«fe6c6ônfcmi:«tôrfOmpifc 
par fx&e [arques h granf lîe fotïic faimt awjiiffin 
'Jlmptimw parie par Je/Jan trepirrfffmj curant en fa 
rueSrfatamcnc enfenf'trfltiç8u^e«afiioir2fliimifrcfc 
quatre Sinjj^f îljwruf; 





ATELIER DE JEAN TRÉPEREL 161 

C'est le seul livre que nous connaissions de lui à cette adresse 3 . Nous le 
trouvons ensuite installé définitivement rue Saint-Jacques, près Saint-Yves, 
où il transporte son enseigne de Saint Laurent . 

Voici maintenant la Vie et légende de saint Mathuriu de Lavcham > qui est 
imprimée avec le caractère de la Mon et Passion de Nostre Seigneur J hesa Christ , 
du 3 [' mai j 4p7 ■ 

C^ardjaiit* 

CE fran mil quatre cens quatre bmgty , 
et neuf queou curtlit pm De fcmfl 
CnitouenbicfwtlaWeÊafcte. 

Selon la lesoiDe parfaicte 
put maittte fcljan le beflte paître 
3tuDft lapant ou fcouUitnaitfce 
%e trrihoble faint matu tin 
Ætpoutce djatcum petein 
îEïcufi requict s tmep itenoftte 
:&utiomfceftintpicm Lapoftre 
€ apjiantDieuDc lûtement 
Æïui en la fïnüip Doint fouuemenl ; 

(Et tous ceuljc qui en fa mémoire 
%a Di'rûtDfeu leur Doit ra glotte: 3Emen 

lE^p finit! la bie et tegÆDcDe fart matu 
ri fi lançât ipjimec a pfe e ietyâ treptrd 



Ce caractère est une gothique de 12 points, dite lettre de somme } que lou 
voit plutôt employée par Michel Le Noir, gendre de Tréperel. Nous en 
donnons ci-dessous lalphabet : 

a»C»« 1 tt £>C41 

abcDefg^tlmnopqr^rtuti]t?3 ffltû 

âfie'ftin^ftôo 9 p,ppq^$tÛÿ 

Jean Tréperel a publié quelques livres latins : l'Introduction de Jacques 
Le Fèvrc d'Étaplcs à la Métaphysique d Aristote, le \ 6 février 1 4 5?4 ( n - st.), 
1 es Qjifsti unadev gra m monades 7 c 1 tées par M . P t oc t o f | les Gé o rgi q u es d e V 1 rg i 1 e 
avec commentaires, le 2 juin i4p5 1 et un texte latin des Méditations de saint 
Augustin, in-quarto sans date; mais c'est là une exception, car tous les autres 
livres de Tréperel sont des textes français en vers on en prose. 

1 Nous ne connaissons pas d’nuire exemplaire de cel ce édition qne celui de la bibi[ti[hêt|Lie du Musée 
Coudé, à Chantilly.